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Simplon.co, le code pour tous
Dix-neuvième épisode de notre série sur les écoles du numérique : Simplon.co. Située à Montreuil (Seine-Saint-Denis), cette "fabrique de codeurs entrepreneurs" dispense une formation gratuite de 6 mois pour maîtriser les bases de la programmation et s'initier à la gestion de projets. Un cursus rapide et ouvert à tous mais qui s'adresse en priorité aux catégories sous-représentées dans le secteur du numérique : jeunes issus des quartiers populaires, femmes et personnes handicapées notamment.
C'est à Montreuil (Seine-Saint-Denis), dans une ancienne usine de latex remise à neuf, qu'une école du numérique pas comme les autres a vu le jour en 2013. Simplon.co, qui se présente comme une "fabrique de codeurs entrepreneurs", a pour vocation de former des catégories d’individus sous-représentés dans ce secteur – jeunes issus des quartiers populaires, femmes, seniors et personnes handicapés – aux fondamentaux de la programmation informatique et à la gestion de projet.
L'école en quelques chiffres
Date de création : 2013
Recrutement : sans condition de diplôme
Durée des études : 6 mois de formation intensive en immersion
Diplôme : pas de diplôme délivré mais une formation qualifiante
Coût (2013) : la formation est entièrement gratuite
Salaire de sortie : base de 500 euros/jour (développeur junior / développeur confirmé ou freelance)
Nombre d’élèves en 2013-2014 : 30
Nombre d’anciens élèves : pas encore d'anciens élèves car il s'agit de la première promotion
Durée obligatoire des stages : Formation de 6 mois minimum
Nombre de partenariats à l’étranger : ouverture de simplon.co en Roumanie et projets d’essaimage au Brésil et en Afrique du Sud.
Un modèle économique original
"Tout est allé assez vite, explique Erwan Kezzar, à l’origine du projet, en quelques mois et avec trois amis nous avons créé ce concept de centre de formation et nous avons pu démarrer avec la première promotion en octobre 2013.". La formation, gratuite et avec des possibilités de bourse, est dispensée en seulement six mois : "nous nous sommes inspirés des ‘Boot camps’ américains. On a vu que l’on pouvait, par exemple, former des développeurs web sur une période très courte grâce à un programme intensif".
Un esprit start-up que l’on retrouve dans le modèle économique de Simplon. "C’est un centre de formation mais également une entreprise, souligne Erwan Kezzar, l’école assure des prestations extérieures pour des entreprises et start-up dans les domaines de l’innovation déléguée ou du prototypage par exemple et nous réalisons également des démonstrations et des ateliers de formation pour des groupes de professionnels". Le reste des revenus provient du mécénat privé – l’école a obtenu un soutien financier de la part d’Orange, de SAP et de Microsoft – et d'une subvention de la région Île-de-France.
"Le diplôme de développeur c’est ce qu’il a fait"
L’acquisition des bases de la programmation informatique comme tremplin pour l’emploi, c’est le pari de Simplon. En acquérant un minimum de connaissances, les étudiants gagnent également en autonomie et pourront parfaire leur apprentissage d’eux-mêmes à l’issu de la formation. Avec une première sélection de 30 étudiant âgés de 18 à 52 ans, de qualifications diverses – sans diplôme au doctorat – et composée de 40% de femmes, l’objectif de diversité semble en tout cas déjà atteint. En décrochage scolaire depuis le collège, Timothée, 21 ans, voit en Simplon l’occasion d’un nouveau départ. Le numérique représente pour lui un des seuls secteurs où il sera jugé sur ses capacités, et non sur son parcours scolaire.
Si Simplon n’offre ni diplôme ou formation qualifiante, Erwan Kezzar se veut en effet rassurant : "le diplôme de développeur c’est ce qu’il a fait. Dans le cadre de leurs projets, les étudiants se construisent un portfolio qui pourra leur permettre de démarrer une carrière freelance ou d’être repéré par une start-up sur une plate-forme collaborative comme GitHub". A l’issu de leur formation centrée sur le développement web, construction de sites internet et d’applications mobiles principalement, les simploniens se destinent également à des carrières en entreprises pour des postes variés, de développeur à DSI en passant par les métiers de webmaster, d’administrateur système ou encore d’intégrateur.
La capacité à mener à bien un projet pourrait également intéresser les SSII et les sociétés de conseil. A 29 ans, Abdellah, qui dispose d'une formation d'ingénieur en BTP, a commencé à apprendre tous seul le langage informatique HTML5 mais manquait de connaissances pour passer au prototype. Parmi ses projets, le développement d'une application permettant de minimiser le gaspillage dans la restauration. Autre exemple avec Julien, 33 ans, qui a créé un site permettant d’obtenir des invitations pour des spectacles. La présentation de cet exercice pratique aux autres étudiants leur permet de confronter leurs idées et donne l’occasion à Andrei Vladescu-Olt, formateur et fondateur de l’école, de faire un point sur les aspects intéressants de ce projet, tant d’un point de vue technique que marketing et commercial.
Le concept Simplon prêt à s’exporter
Face aux nombreux messages de soutiens de la part d'entreprise et d'élus notamment, Simplon n'exclut pas d'ouvrir des antennes ailleurs en France mais attend les premiers retours à la fin de sa première session de formation en avril prochain. Egalement sollicitée à l'étranger, l'école de la débrouille en informatique a déjà sauté les frontières de l'Hexagone : une recrue de la première promo a exporté ce concept en Roumanie, dans la ville universitaire de Cluj où un centre vient tout juste d’être ouvert. Un premier pas hors de France pour une école du numérique dont les étudiants, certes différents, ont comme ailleurs les yeux tournées vers la Silicon Valley, véritable Mecque du numérique.
Julien Bonnet
"J'étais frustrée de ne pas pouvoir coder"
Audrey Sovignet, 29 ans, membre de la première promotion de Simplon.co
"J'ai une formation de graphiste à la base, obtenue à l'école des Arts Décoratifs, puis je suis rentré dans un laboratoire de recherche sur l'identité numérique. J'étais frustrée de juste penser des concepts et de ne pas pouvoir coder donc Simplon c'est exactement ce que je recherchais. D'octobre à janvier, j'ai reçu une initiation à la programmation et, en guise de travaux pratiques, j'ai participé à des prestations extérieures pour des entreprises en relation avec l'école. Depuis le mois de janvier, je me concentre sur un projet de site et d'application mobile baptisé "I wheel share". Actuellement disponible en version beta, c'est une carte collaborative où les personnes handicapées peuvent partager une expérience, une anecdote ou une réaction qu'ils ont vécues. Des individus qui ont rencontré la même situation peuvent alors s'associer à ce témoignage géolocalisé. A partir de cinq retours, un message est posté sur Twitter pour lui donner davantage de visibilité et encourager une réaction. Ce projet vise à faire remonter des éléments problématiques dans la vie quotidienne des handicapés et dont on a pas forcément conscience quand on n’est pas directement concerné par ce problème. Je suis actuellement en demi-finale d'un concours organisée par Biilink, un réseau social qui encourage l'entrepreneuriat féminin, et j'ai également été contactée par des associations pour des partenariats."
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