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"Slack combine les atouts d'un logiciel B to B et d'une messagerie instantanée", explique Guillaume Bonneton

Entretien La société d'investissement GP BullHound a publié une note d'analyse "Slack, le nouveau Salesforce ?". Nous avons interrogé son auteur, Guillaume Bonneton. Pour lui, la réussite de Slack repose notamment sur la capacité de l'entreprise à séduire à la fois la base des entreprises et le top management. Mais pour confirmer ses premiers pas réussis, elle devra faire face à une concurrence aigüe. 
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Slack combine les atouts d'un logiciel B to B et d'une messagerie instantanée, explique Guillaume Bonneton
Pour Guillaume Bonneton, le succès de Slack ne doit rien au hasard. L'entreprise répond à un vrai besoin. © GP Bullhound

L’Usine Digitale  : Vous venez de publier une note intitulée "Slack, le nouveau Salesforce ?" Qu’est-ce qui vous amène à poser cette question, car quand on compare l’immeuble de 10 étages de Slack et la tour Salesforce, on n’est pas vraiment dans la même catégorie ?

Guillaume Bonneton : Il nous semble que peu de sociétés depuis Salesforce présentent un impact potentiel aussi important sur la façon dont les gens travaillent, collaborent. Par ailleurs, un certain nombre de données montre la puissance de Slack. Par exemple, il faut en moyenne 7 ans pour qu’une entreprise de ce secteur atteigne un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars. Slack y est parvenu en 3 ans et demi. Deux fois plus rapidement. C’est dire que l’impact de ce nouvel outil est très important. 

Avez-vous identifié la martingale trouvée par Slack ?

G. B. : Nous voyons trois raisons à ce succès. Ils ont réussi quelque chose d’assez unique, soit un mix du logiciel d’entreprise et de la messagerie instantanée. Résultat : ils monétisent leurs services comme un logiciel d’entreprise, et, en même temps, ils ont une croissance virale comparable aux services de messagerie. On le voit très bien comme utilisateur. Quand on a décidé d’utiliser Slack, on n’était pas forcément très nombreux. Aujourd’hui, c’est devenu le canal que j’utilise avec plus de la moitié de mes clients. Slack est arrivé au moment où tout le monde se disait que les mails étaient trop nombreux, où on risquait d’en rater un, noyé dans la masse. Pour le dire autrement, ils répondent à un vrai besoin particulièrement important.


Enfin, ils ont séduit les entreprises par le haut et par le bas. C’est toute la beauté du modèle freemium. D’un côté, le marketing viral marche très bien auprès des équipes qui adoptent la version gratuite de façon plus ou moins déclarée. De l’autre, ils peuvent aller démarcher les équipes de direction des entreprises avec de vrais arguments que comprennent très bien un DRH ou un DAF. Utiliser Slack, c’est moins de mails, des réunions plus courtes, une meilleure collaboration entre les équipes… avec des indicateurs pour le prouver. C’est assez rare les entreprises qui ont un business model qui attaque à la fois par le haut et par le bas le marché professionnel. 

 

Parmi les différentes annonces faites par Slack lors de Frontiers, sa keynote annuelle, laquelle vous semble à même de renforcer l’entreprise ?

G. B. : Toutes les annonces autour d’une plus grande intégration des outils existants sont importantes. Ils annoncent avoir d’ores et déjà 1500 accords avec des éditeurs pour intégrer des services. Tout ce qui va dans ce sens renforce la proposition de valeur de Slack. L’amélioration de l’intégration avec les plateformes d’email, par exemple, est une bonne chose. Tout comme la possibilité de prendre un rendez-vous dans Slack et de le synchroniser avec les agendas des différents participants.

 

De cette façon, Slack pourrait-il devenir la porte d’entrée vers les outils professionnels ?

G. B. : C’est d’ores et déjà un site très addictif. Si vous rapportez le nombre d’utilisateurs moyens quotidiens au nombre d’utilisateurs mensuels, vous obtenez un taux de 60 %. C’est comparable à Whatsapp, quand Facebook n’est "qu’à" 70 %. Une une fois inscrit, les utilisateurs s’en servent très régulièrement. Après, l’avenir dépendra de l’attitude, d’une part, des éditeurs de logiciels, notamment sur la question de l’intégration à Slack, et du comportement des utilisateurs. Aujourd’hui, ils adhèrent massivement au service, mais il est difficile de prévoir quel sera l’avenir.

 

Quel est le plus grand danger auquel Slack va devoir faire face selon vous ?

G. B. : Ce n’est pas rien de réussir sur un marché où les concurrents s’appellent Microsoft, Facebook ou Google. Mais ça veut dire que vos concurrents sont des entreprises qui ont quelques moyens. Pour l’instant, Slack n’est pas rentable. Si la concurrence s’intensifie, avec des entreprises qui prennent en compte les améliorations apportées par Slack à leurs propres offres, le coût d’acquisition des nouveaux clients va croître de plus en plus, ce qui pèsera sur le résultat. La rentabilité s’éloigne.


L’autre danger concerne la protection des données personnelles. C’est un sujet qui concerne toutes les entreprises de la tech. De ce point de vue, Slack semble sérieux. C’est un point essentiel à tenir dans la durée, car on parle là des données d’entreprises. 

 

(*) GP Bullhound est une société d’investissement qui a pris une participation au capital de Slack.

L'intégralité du rapport peut être consulté en ligne ICI 

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