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SlimPay, la fintech française qui a tout compris à l'économie de l'usage

Explosive, littéralement. L'adjectif n'est pas exagéré pour qualifier la croissance de la fintech tricolore SlimPay entre 2010 et 2014. Son chiffre d'affaires a progressé de… 4 068 % sur 4 ans ! Le spécialiste du prélèvement en ligne sur compte bancaire est le lauréat 2015 du Technologie Fast 50 de Deloitte, qui couronne les entreprises à la plus forte croissance. La jeune pousse profite du boom de l'économie de l'abonnement, et a réussi à séduire de gros clients comme EDF ou encore Nespresso. 
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SlimPay, la fintech française qui a tout compris à l'économie de l'usage
Jérôme Traisnel, dirigeant fondateur de SlimPay © SlimPay

"Finis les processus papiers archaïques", s'exclame le patron de la start-up SlimPay Jérôme Traisnel. Créée en 2009 et basée à Paris, la fintech a développé un système de prélèvement par Internet sur comptes bancaires, destiné aux entreprises dont les clients (professionnels ou particuliers) effectuent des paiements récurrents.

 

Avant, pour s'abonner à un service X ou Y, il fallait envoyer à sa banque une lettre avec autorisation de prélèvement, un RIB à l'entreprise… "Avec SlimPay, tout passe par Internet : le consommateur ne confie pas au commerçant ses codes de carte bleue, qui risquent un jour ou l'autre de se retrouver dans la nature. Il n'a besoin que de son numéro de compte Iban pour autoriser un prélèvement en ligne", explique l'entrepreneur.

 

De gros bonnets séduits par la formule

Ce système de prélèvement web sécurisé a séduit de gros bonnets de l'économie de l'abonnement comme Deezer, Nespresso ou encore EDF. SlimPay compte plus de 2000 clients et a traité 2,4 milliards d’euros d’opérations en 2014. Le chiffre d'affaires de l'entreprise a littéralement explosé en quatre ans, à + 4068%. La start-up a raflé la médaille d'or du classement Technology Fast 50 de Deloitte, qui récompensait fin novembre les entreprises à la plus forte croissance. "Cette croissance explosive montre que nous avions identifié un besoin existant qui n'était pas couvert", analyse Jérôme Traisnel.

 

Les fintech, nouvelles venues du classement Technology Fast 50 de Deloitte

"C'est la première année que nous voyons apparaître des fintech dans notre classement des entreprises à la plus forte croissance, observe Laurent Halfon, associé technologies, médias, télécoms et co-responsable national du Technology Fast 50 chez Deloitte. Le secteur est naissant, or les entreprises qui s'inscrivent doivent avoir au moins 4 ans d'âge et un chiffre d'affaires minimal de 50 000 euros il y a 4 ans. Cette nouvelle tendance pourrait se confirmer dans les années à venir."

 

SlimPay a profité du boom de l'économie de l'abonnement : crise et naissance de l'économie participative aidant, de nombreux consommateurs optent pour la location d'objets à l'usage, plutôt que pour leur possession directe (musique, avec le boom du streaming par exemple). Le règlement par abonnement de produits ou de services loués devient donc de plus en plus présent. Le marché des professionnels est également concerné : rares sont les entreprises à acheter directement un logiciel et à l'implanter sur leurs serveurs. Désormais, elles choisissent la location, le mode Saas (Software as a service).

 

A la conquête des investisseurs

"L'entreprise a déjà levé 15 millions d'euros en juillet 2015, mais pourrait attirer de nouveaux investisseurs, conquis par la taille du marché couvert", assure Laurent Halfon, associé technologies, médias, télécoms et co-responsable national du Technology Fast 50 chez Deloitte. Des offres potentielles auxquelles Jérôme Traisnel pourrait bien répondre par l'affirmative.

 

Il n'a pas peur de dissoudre son capital en réalisant un nouveau tour de table : "nous voulons devenir une entreprise internationale sur un marché concurrentiel. Il ne faut pas être timoré ou naïf. Pour atteindre nos objectifs, prendre des positions le plus vite possible, nous avons besoin de beaucoup de capital", affirme clairement le vétéran de la création d'entreprise, rodé à l'exercice. Il a fondé le réseau social pour téléphone mobile Freever en 2000, qu'il a revendu 8 ans plus tard 35 millions d'euros à l'opérateur télécom japonais NTT Docomo.

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