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Le Breton SLS France automatise sa production de dispositifs médicaux en 3D

La crise sanitaire a mis en lumière les possibilités offertes par l’impression 3D pour pallier la pénurie de matériel médical de protection. Makers, industriels et même des établissements de santé comme l’AP-AHP s’y mettent. SLS France utilise ces technologies additives. La PME bretonne vient de finaliser l’industrialisation de son process d’orthodontie numérique.  
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Le Breton SLS France automatise sa production de dispositifs médicaux en 3D
Différentes technologies additives permettant à SLS France de fabriquer des prothèses dentaires. © SLS France

Fabriquer des dispositifs médicaux sur-mesure et en série par impression 3D, telle est l’ambition de SLS France. Fondée en 2014 sur le marché des prothèses dentaires, la PME de Saint-Jacques de la Lande a depuis élargi son activité à la chirurgie dento-faciale. "Pour les fabriquer, nous utilisons des procédés d’impression 3D métallique, mais aussi de l’usinage 5 axes, du décolletage ou encore de la tribofinition", détaille Axel Dubois, le président de SLS France. 

 

 


Dans son parc machine, la PME compte aujourd’hui cinq des six imprimantes 3D métalliques industrielle actuellement opérationnelle en Bretagne. Trois ont été acquises depuis septembre 2019. La PME s’est aussi dotée d’un laboratoire mécanique de caractérisation et d’une salle blanche lui permettant de nettoyer les produits finis pour les livrer directement aux blocs médicaux.

Un process industriel automatisé

Les investissements matériels font suite au plan de financement de 4 millions d’euros bouclé par SLS à l’automne dernier. Une partie de l’enveloppe, complétée de prêts bancaires, est apportée MBA Mutuelle, le fonds régional Breizh Up et deux business-angels. Si le déblocage de certains fonds est encore en cours, Axel Dubois a pu avancer dans son projet industriel. "En plus des équipements, nous avons aussi finalisé la mise au point de notre process industriel. Basée sur un ensemble d’algorithmes, cela nous permet de gérer la production des dispositifs de manière entièrement automatisée, d’augmenter nos capacités tout en étant plus compétitif."

Ce process permet à SLS de fabriquer, à distance les prothèses de centaines de patients pour le compte de prothésistes et des chirurgiens français comme étrangers. "Ils déposent directement leurs fichiers 3D sur notre plateforme sécurisée permettant d’assurer une traçabilité et une conformité des données." Cette plateforme web est directement connectée au système industriel de SLS.

Un réseau de franchises industrielles

A partir de ce process, la PME entend aller bien plus loin avec ce process avec un constitution d’un réseau de franchises industrielles de fabrication de prothèses dentaires simples. "Nous gérerons le traitement des fichiers et lancerons à distance la fabrication des prothèses sur leurs propres imprimantes 3D", détaille Axel Dubois qui garde ainsi la propriété intellectuelle des process et de la technologie. Un premier partenariat a été acté au Japon. "Sa mise en place était prévue en juin. Elle est décalée à la fin de l’année en raison de la crise actuelle. Mais nous avons d’autres contacts en Inde et au Canada."


Préparer le redémarrage

Actuellement, SLS France a du mettre en stand-by sa production : les opérations de chirurgies dentaires étant arrêtées, pendant le confinement, considérées comme non-essentielles. Mais la PME (15 salariés) anticipe déjà le redémarrage de l’activité, par la préparions d’actions commerciales et marketing. SLS France coordonne également le volet "impression 3D" du dispositif #EntreprisesUnies Covid19BZH. Initiée par la région Bretagne, cette plateforme web portée par la région de recenser les offres des entreprises bretonnes disposant de stocks d’équipements individuels ou de moyens pour produire du matériel médical et les besoins des personnels de santé.

Le projet FollowKnee

L’ensemble des ses activités a permis à SLS France de générer 1,2 millions d'euros de revenus en 2019. Car en parallèle à son développement commercial, SLS France est impliquée dans plusieurs projets collaboratifs dont FollowKnee. Porté par le CHRU de Brest, ce projet vise à développer des prothèses de genoux personnalisées et connectées. Il est doté d’un budget de 24 millions d'euros sur cinq ans. Un tiers est apporté par l’État dans le cadre des investissements d’avenir. Le projet FollowKnee se déploie autour d’un consortium d’une dizaine d’acteurs public comme privés, notamment bretons, de la recherche et de l’industrie.

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