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Smart Angels, KissKissBankBank, Lendix... le crowdfunding de prêts aux PME suscite les vocations

Smart Angels, spécialisé dans le financement participatif en capital, lance une nouvelle offre de financement en prêt pour les PME. Et il n’est pas le seul ! Les offres de crowdfunding en prêt se multiplient, face au potentiel de rendement récurrent pour les investisseurs. Le crédit accordé par de particuliers marchera-t-il mieux que le crédit bancaire ?
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Smart Angels, KissKissBankBank, Lendix... le crowdfunding de prêts aux PME suscite les vocations
Smart Angels, KissKissBankBank, Lendix... le crowdfunding de prêts aux PME suscite les vocations © Rocío Lara

Smart Angels s’y met aussi. La plateforme de financement participatif en capital, dont le fondateur, Benoît Bazzocchi, est aussi président de l’Association française de l’investissement participatif (AFIP), se lance dans un nouveau service. Elle présente, au cours du salon Actionaria le 21 novembre 2014, une offre de crowdfunding en prêt à destination des entreprises.

 

A lire aussi, l'interview : "D'ici 5 ans, de grandes entreprises de crowdfunding auront émergé en Europe", selon Benoît Bazzocchi"

 

"Nous avons fait le constat, sur notre activité d’investissement en capital, que nos PME avaient souvent des problématiques de financement en prêt, explique Benoît Bazzocchi. Pour certaines opérations, elles ont besoin d’emprunter et les banques ne peuvent pas toujours répondre."

Ce service permettra aux particuliers investisseurs de prêter de l’argent pour des projets de PME de croissance sélectionnés par les équipes d’analyse crédit de Smart Angels. La foule de prêteurs devrait permettre d’atteindre des montants de prêt allant jusqu’au million d’euros.

Complémentaire à l’investissement en capital

"C’est une solution complémentaire de notre offre en capital, souligne le fondateur du site de crowdfunding. Nous gardons notre positionnement fort sur les PME de croissance : les deux offres s’adressent au même type d’entreprise, mais pas au même stade de développement."

Les projets sélectionnés pour l’offre de prêt seront ainsi un peu plus matures que ceux destinés à l’investissement en capital, afin de réduire le risque pour les prêteurs.

Côté investisseurs, les particuliers décidant de prêter à une PME devraient encaisser des intérêts juteux, compris entre 6 et 12% en fonction du niveau de risque du dossier. Un taux d’intérêt élevé par rapport aux crédits bancaires traditionnels, qui s’explique par le niveau de risque que Smart Angels est prêt à financer.

"Cela ne remplacera pas les banques, soutient Benoît Bazzocchi. Mais elles ont des limites imposées par leurs normes prudentielles, notamment sur les sociétés les plus risquées." Pour celles-ci, les banques ne prêtent pas d’argent, ou pas assez, et Smart Angels compte combler ce vide.

D’autres offres simultanées

La plateforme, créée en 2012, n’est pas la seule à se lancer sur le créneau du crédit aux entreprises. KissKissBankBank, spécialisé dans le crowdfunding en dons, vient tout juste de lancer une offre concurrente à celle de Smart Angels. Baptisée Lendopolis, elle a mis en ligne le 19 novembre les premiers dossiers de TPE et de PME cherchant à emprunter.

D’autres types d’acteurs se lancent aussi dans le crowdfunding. Comme les fondateurs du fonds d’investissement 123 venture qui, avec Lendix, opérationnelle depuis fin octobre, proposent une nouvelle entité spécialisée dans le financement participatif en prêt. Lendix cible aussi les PME âgées de deux ans pour les projets plus risqués que les banques ont du mal à financer.

La réforme du crowdfunding, entrée en vigueur le 1er octobre 2014, permettant notamment de prêter jusqu’à 1 million d’euros par projet dans la limite de 1000 euros par investisseur, n’est pas étrangère à cet engouement. "La nouvelle loi sur le financement participatif nous a donné envie de nous lancer, explique Olivier Goy, le dirigeant de Lendix. Le crowdfunding en prêt permet de démocratiser cette classe d’actifs, qui était jusque-là réservée aux banques uniquement."

Gros succès aux Etats-Unis

Surtout, le potentiel de développement du crowdfunding en prêt semble bien plus important que celui en capital. Aux Etats-Unis, la société Lending Club affiche ainsi 1 milliard de dollars prêtés au cours du deuxième semestre 2014. Elle a, depuis sa création en 2007, prêté 5 milliards de dollars et retourné 494 millions de dollars aux particuliers inscrits sur sa plateforme.

En France, les chiffres sont plus modestes. Selon l’association Financement participatif France, le crowdfunding a collecté 66,4 millions d’euros au premier semestre 2014, dont une grande partie pour le crédit. Les sites de crowdfunding en prêt pour les entreprises ou pour les particuliers (Unilend, Prêt d’Union, etc.) ont levé 37,4 millions d’euros sur la période (19,2 millions d’euros en dons et 9,8 millions d’euros en capital). Mais la réforme, en fournissant un cadre réglementaire sécurisant pour les plateformes, devrait libérer leur activité.

Reste désormais à savoir si les PME françaises suivront. Les banques assurent avoir suffisamment de liquidités pour prêter aux PME mais être en mal de demandes de crédit. En augmentant le niveau de risque acceptable pour prêter (et le taux d’intérêt afférant), ces nouvelles plateformes de financement assurent toutefois pouvoir susciter l’envie. Lendix compte ainsi gérer 300 à 400 dossiers de demandes de prêt en 2015 pour un volume de financement de 30 à 40 millions d’euros.

Arnaud Dumas

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