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Smart Cities : leur développement en Europe passera avant tout par celui de la connectivité !

Sachant qu’1,6 milliard d’objets connectés alimenteront les villes intelligentes d’ici la fin de l’année et plus de 3 milliards d’ici 2018, comment aujourd’hui encourager de nouvelles initiatives de Smart Cities en Europe ? Quels sont les moteurs pour en accélérer le développement à une plus grande échelle ? Les réponses d'Aaron Partouche, Marketing & Business Development Director de Colt, spécialiste des services professionnels dans le domaine des réseaux et des télécommunications.

mis à jour le 26 octobre 2016 à 20H08
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Smart Cities : leur développement en Europe passera avant tout par celui de la connectivité !
Aaron Partouche, Marketing & Business Development Director de Colt © Aaron Partouche

L’Internet des Objets (IoT) à destination des consommateurs connaît une croissance fulgurante, avec une progression de plus de 30% attendue d’ici à la fin de l’année. Cette émergence impacte directement le développement des Smart Cities, les objets connectés s’intégrant dans des villes qui ainsi transforment le quotidien de leurs habitants, notamment en Europe centrale.
L’un des exemples les plus marquants nous vient des Pays-Bas. Amsterdam a développé une quarantaine de projets grâce à l’intégration d’un réseau intelligent. Les projets en question visaient à faciliter le quotidien des citoyens, du stationnement intelligent au stockage de l’énergie domestique.

Mais comment accélerer ce développement à plus grande échelle ?

La course à la connectivité
Les applications de l’IoT aux collectivités contraignent aujourd’hui les grandes métropoles européennes à se lancer dans une véritable course à la connectivité afin de nourrir l’innovation et supporter ainsi leur croissance. L’ancien maire de Londres, Brian Johnson, l’avait d’ailleurs bien compris avec la mise en œuvre, en 2011 à l’aube des Jeux Olympiques, d’un vaste plan d’usage des nouvelles technologies visant à améliorer la vie de ses concitoyens et accroître l’attractivité de sa ville.

Mais, au vu de la multitude des avantages qu’elle est capable d’offrir aux citoyens au quotidien, l’on peut se demander pourquoi la ville intelligente n’a pas encore essaimé davantage en Europe. Pour certains, la stagnation de l’adhésion à la Smart city en Europe incomberait surtout au manque de sites émetteurs et d’un réseau fibre efficient. Or, c’est précisément ce dont a besoin la ville intelligente pour stimuler la communication sans fil et la connectivité, par un mécanisme de transduction des fréquences radio.

La situation des opérateurs mobiles ou fixes, qui ont jusqu’à présent investi pour améliorer et densifier les infrastructures de télécommunications, a changée. Les opérateurs sont en plein travail d’identification des nouveaux clients potentiels, dont la demande abondera leurs efforts consacrés à l’amélioration des réseaux. Le trafic sur les réseaux augmente mais un nouvel écosystème demeure manquant afin de supporter les projets de smart cities.

Qu’est-ce qui permet à une ville intelligente de prospérer ?
Pour qu’une ville intelligente émerge et grandisse, il est impératif que les infrastructures techniques soient capables de gérer la forte demande d’utilisation du réseau. Il est donc nécessaire que les métropoles européennes puissent s’assurer que la fibre soit bien déployée, et ce en symbiose avec le déploiement des sites émetteurs et les besoins des acteurs du marché.

Le président de la Commission européenne a annoncé le déploiement de la 5G en Europe dans son discours annuel sur "l’état de l’Union Européenne", devant les eurodéputés à Strasbourg. Selon Jean-Claude Juncker, "les citoyens doivent se sentir chez eux quand ils voyagent en Europe". Pour ce faire, le "wifi gratuit sera développé dans les villes pour 2020 et la 5G sera déployée pour 2025."

Pour cela, les régulateurs européens jouent un rôle crucial, et en particulier dans la standardisation des réseaux 5G. En France, l’ARCEP (Autorité Régulatrice des Communications Electroniques et des Postes) influe directement sur la mise à disposition et la disponibilité de la fibre optique sur le territoire et faire davantage pression sur les opérateurs possédant du spectre radio licencié pour supporter le smart cities européennes.

En outre, il est primordial que les régulateurs et les autorités compétentes éduquent les parties prenantes sur l’utilisation optimale du réseau et sur le rôle qu’il doit jouer dans tout projet de ville intelligente. Ainsi, la ville de Paris a mis en place l’initiative "Smart Paris 2024", profitant de sa candidature aux Jeux Olympiques pour penser la ville autrement (écologie, énergie, accessibilité, etc.). Pour favoriser la transformation de Paris en ville intelligente, des partenariats ont été établis avec des entreprises privées pour accélérer et améliorer les infrastructures réseau.

La collaboration est la clef pour les villes intelligentes de demain
Il est crucial que les acteurs du marché développent de nouvelles relations. Dans l’idéal, seraient rassemblés les opérateurs mobiles de réseau 3G et 4G, les fournisseurs de fibre optique ainsi que des associations à but non-lucratif. Par exemple, l’Alliance LoRa a pour mission de faciliter la mise en place d’un Internet des Objets basse fréquence au sein des smart cities. L’association de ces différents organismes permettrait d’offrir aux entreprises publiques des infrastructures puissantes, viables et efficaces.

Pour favoriser une telle collaboration, nous constatons l’émergence d’entités neutres afin de répondre aux besoins des entreprises et de la construction de villes intelligentes. Dans ce schéma, l’opérateur neutre serait l’hôte d’une infrastructure connectée commune, à même de passer des accords de distribution avec les différentes parties prenantes (opérateur tiers, fournisseur de fibre, etc.) et de leur faire payer un droit d’utilisation de son réseau. Un hôte neutre permettrait à tous les fournisseurs intervenant sur le réseau de tirer profit d’une meilleure couverture réseau, au travers d’une seule infrastructure, soit en leur permettant d’offrir et/ou de recevoir davantage de débit.

Ce modèle innovant ouvrirait la voie au développement plus rapide des villes intelligentes, répondant à la fois au besoin d’optimiser les coûts d’infrastructure et externaliserait la gestion de l’infrastructure à un tiers plus apte à délivrer des services aux villes. En attendant, la révolution contemporaine qu’est la ville intelligente demeure encore trop rare en Europe !

 
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