Smartphones de seconde main : les reconditionneurs font valoir leur différence

Après les avertissements émis par la Direction de la répression des fraudes sur les sites de vente en ligne de smartphones reconditionnés, les distributeurs qui font réparer eux-mêmes les appareils qu'ils commercialisent saisissent l'occasion pour mettre en avant leurs garanties de qualité.

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Smartphones de seconde main : les reconditionneurs font valoir leur différence

Les avertissements de la DGCCRF visant les revendeurs de smartphones et de tablettes reconditionnés ont suscité la réaction des reconditionneurs. Ces sociétés, qui se chargent de tester et de réparer les produits avant de les remettre sur le marché, ne veulent pas être mises dans le même bain que les plateformes comme Back Market, qui jouent simplement un rôle d'intermédiaire entre vendeurs et acheteurs.

Réglementation a minima
Dans son enquête, la DGCCRF a épinglé les sites de vente en ligne – sans les nommer – qui n'étaient pas capables de fournir de justificatifs sur les opérations effectuées sur les téléphones reconditionnés. Si un décret datant du 17 février dernier est venu préciser les conditions d'utilisation du terme "reconditionné", en restreignant son application aux produits dont toutes les fonctionnalités ont été testées, et les données du précédent utilisateur effacées, le problème est qu'aucune réglementation ne précise en détail les opérations qui doivent être effectuées sur les appareils.

Le décret indique qu'un produit reconditionné doit avoir subi "
une ou plusieurs interventions afin de lui restituer ses fonctionnalités" si celles-ci faisaient défaut, mais là encore aucune précision sur le comment. Et surtout, le décret n'impose pas que ces opérations soient effectuées par des professionnels. "Certains produits dits reconditionnés étaient juste remballés. D'autres étaient testés uniquement à l'allumage. D'autres étaient testés en profondeur", relate le porte-parole de la répression des fraudes aux Echos.

Reconditionneurs vs marketplaces
C'est là que les sites de vente en ligne qui reconditionnent eux-mêmes les appareils qu'ils mettent en veulent jouent leur partition de lobbying. "Le secteur a besoin d'une réglementation sur la liste des contrôles à réaliser, qui ne peuvent se limiter à un test manuel ; la manière d'effectuer les réparations ; la qualité des pièces détachées ; et les accessoires de charge livrés avec l'appareil, dont la plupart ne sont pas aux normes CE et EHS, avertit David Mignot, cofondateur et président de Yes Yes. Aujourd'hui le marché reste opaque à cause de l'absence de réglementation."

Dans l'idéal, pour David Mignot, le reconditionné devrait avoir son propre contrôle technique standardisé, pour différencier définitivement le reconditionné de l'occasion. Une telle réglementation avantagerait les reconditionneurs, qui ont la maîtrise des tests, tout en protégeant davantage les consommateurs français, qui selon des chiffres de Yes Yes seraient 37% à se déclarer déçus de leur achat de smartphone reconditionné.

Différentes stratégies
Plusieurs stratégies coexistent chez les reconditionneurs français. Recommerce, par exemple, n'est qu'un distributeur. Il sous-traite à des professionnels le reconditionnement des produits. Smaaart, de son côté, possède la plus grande usine (3200 m2) de reconditionnement de smartphones en France, à Saint-Mathieu-de-Tréviers près de Montpellier, et vend à la fois sur son propre site et dans des enseignes physiques partenaires (Leclerc, Top Office…).

Yes Yes vient d'ouvrir son premier atelier-boutique à Caen, et espère décliner son concept dans une dizaine de sites en France d'ici 2025. Le reconditionneur fait fabriquer ses propres accessoires (chargeurs, câbles) à sa marque. Hubside, une filiale d'Indexia, possède déjà une centaine de magasins où la majorité des produits high-tech sont reconditionnés, et fait remettre à neuf ses produits dans son atelier de Romans-sur-Isère.

La question des pièces détachées
Outre le flou entourant la réglementation, un autre obstacle fait face aux reconditionneurs : l'accès aux pièces détachées. Tous les constructeurs n'ont pas la même politique. Apple, par exemple, ne vend pas ses pièces détachées aux reconditionneurs, qui ne peuvent utiliser que du matériel compatible, alors que Samsung donne accès aux pièces d'origine. Chez Yes Yes, David Mignot a décidé de payer la licence pour obtenir la certification Apple sur ses pièces.

Mais si les automobilistes sont attentifs à ce genre d'argument lors de l'achat d'un véhicule d'occasion, les acheteurs de smartphones reconditionnés doivent d'abord apprendre à faire la différence avec l'occasion avant de prendre en compte ce genre de critères.

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