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Smartseille rejoue plus belle la vie

Une offre de location de véhicules électriques en autopartage, des studios meublés pour les visiteurs de passage, une conciergerie, un réseau de chauffage innovant… A Marseille, un nouveau quartier intelligent va sortir de terre d'ici à la fin 2019.

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Smartseille rejoue plus belle la vie
Une conciergerie a ouvert ses portes au cœur de l'îlot.De nombreux services disponibles grâce aux outils numériques y sont fournis.

Marseille (Bouches-du-Rhône), quartier des Crottes. Le long de l'A55 se côtoient activités portuaires, marché aux puces, réparateurs de conteneurs et habitations délabrées. Du côté de la rue André-Allar, des pancartes d'information attirent l'attention : "Smartseille, la ville du futur au présent". Quatre grues et une poignée d'ouvriers s'activent sur la partie nord de ce programme mixte porté par Eiffage Immobilier.

D'ici à la fin 2019, 58 000 m 2 de bâtiments tertiaires, résidentiels, d'équipements publics (école et crèche) et d'espaces partagés seront sortis de terre. Associés à une myriade d'acteurs privés et institutionnels, l'aménageur public Euroméditerranée et le groupe de BTP tentent de créer un modèle de ville intelligente et bienveillante, au service de ses occupants et respectueuse de l'environnement. La partie sud, composée d'une résidence (60 logements en accession, 60 sociaux), du siège de la direction régionale d'Eiffage, des services d'architecture de la Ville et d'un hôtel, a été livrée il y a quelques mois. En rez-de-chaussée, une conciergerie à l'allure de restaurant branché a ouvert ses portes. "C'est le cœur du village", soutient Hervé Gatineau, directeur grands projets chez Eiffage Immobilier Méditerranée. Derrière son comptoir boisé, Bryan, 25 ans, est l'un des quatre concierges employés par la société Etic. Il décrit : "C'est un lieu de vie où habitants et employés de l'îlot viennent acheter des produits locaux, s'informer sur la vie du quartier, profiter d'un café ou de la pause déjeuner." A l'arrière, une minisalle de coiffure ou de massage est à la disposition des prestataires extérieurs. Une quarantaine d'entre eux proposent déjà leurs services : pressing, couturier, point relais, recharge pour les transports, location de petits véhicules électriques… Les résidents pourront bientôt faire appel à eux via leur "tablophone" (contraction de "tablette" et "visiophone"), un site web ou une application. Les usagers auront aussi la possibilité de réserver une salle de réunion ou, pour les propriétaires, un des trois studios meublés - non commercialisés par Eiffage - pour accueillir les visiteurs de passage.

 

Solidarité énergétique

Le déploiement de ce dispositif connecté n'interviendra qu'à la fin mars. Eiffage a validé avec la Cnil la gestion sécurisée des données et Smartseille fait figure de test. Un local technique abrite deux serveurs informatiques : l'un pour les données personnelles anonymisées, l'autre pour les applications. Le tablo-phone permet par ailleurs aux résidents de piloter leur consommation énergétique.

 

"La smart city, c'est de l'innovation à la fois technologique et sociale."

En la matière, Eiffage et ses partenaires ont voulu bâtir un quartier performant. Outre le recours à des matériaux écologiques pour la construction, un réseau de chauffage et de rafraîchissement alimenté par les calories de l'eau de mer (thalassothermie) a été déployé avec EDF, à travers sa filiale Optimal Solutions. Cette énergie renouvelable permet de couvrir 70 % des besoins énergétiques de l'îlot (eau chaude sanitaire et chauffage). L'innovation d'Eiffage et d'EDF repose également sur un concept de solidarité énergétique : les excédents de chaud et de froid d'un bâtiment sont redirigés vers les autres immeubles via une station centrale. La promesse d'une " haute" qualité de vie trouve de l'écho auprès des occupants. Hervé Gatineau se dit même surpris de l'adhésion des acquéreurs au concept, à l'image de Frédéric Beltrami, 46 ans, propriétaire d'un 58 m 2 : "Ce n'est pas un simple placement immobilier. Comme Marseillais, je suis fier de participer à la construction d'une cité à taille humaine qui transformera un quartier longtemps laissé à l'abandon." Le tout pour moins de 3 000 €/m2, innovations et vue sur mer (et un peu sur l'autoroute en attendant la corniche qui la recouvrira) comprises. "La smart city, ce n'est pas que de la technologie. C'est aussi du social, insiste Patrick Grégoire, directeur de projet d'Euromed II chez Euroméditerranée. Nous ne vendons pas de l'espace public ou des logements, mais une nouvelle manière de vivre son habitation et la ville." Smartseille est érigé en démonstrateur de cette philosophie et de ce savoir-faire.

 
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