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Snapchat, Yelp, Groupon… ces petits poucets qui disent non aux géants du web

Snapchat a décliné deux propositions de rachat, dont une à 3milliards de dollars par Facebook. La société américaine souhaiterait effectuer un nouveau tour de table pour faire valoriser leur société entre 3 et 4 milliards de dollars. Avant elle, d’autres start-up avaient rejeté les offres de rachat de géants du net. Que sont-elles devenues ?
mis à jour le 14 novembre 2013 à 11H10
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Snapchat, Yelp, Groupon… ces petits poucets qui disent non aux géants du web
Snapchat, Yelp, Groupon… ces petits poucets qui disent non aux géants du web © Capture d'écran - Snapchat

Snapchat est une application permettant d'envoyer une photo avec des droits d'accès limités dans le temps avant d'être détruite puis retirée des serveurs de la société. Avec plus de 350 millions d’utilisateurs au mois de septembre, ce concept a suscité l’intérêt de Facebook.

Le réseau social de Mark Zuckerberg a d’abord planché sur sa propre version de l’application avant de faire une proposition d’un milliard de dollars aux dirigeants de Snapchat. Ces derniers ont refusé tout rachat par Facebook. L'équipe du réseau social est revenue à la charge en triplant son offre. Nouveau refus.

Snapchat veut être indépendante et compte effectuer un nouveau tour de table pour une levée de fonds. Les dirigeants de la start-up espèrent récolter 200 millions de dollars, valorisant ainsi la société entre 3 et 4 milliards de dollars.

Ces sociétés qui ont dit "non"

Avant le refus osé de Snapchat qui fait le pari de se développer seule, plusieurs autres sociétés ont rejeté les propositions de rachat des géants du web.

WhatsApp

Parmi ces dernières, WhatsApp. L’application de messagerie instantanée a rejeté deux offres en moins d’une semaine. La première émanait de Facebook. Là encore, le réseau social au milliard d’utilisateurs aurait proposé plus d’un milliard de dollars au service de messagerie mobile. Offre rejetée. En cause une vision marketing radicalement opposée, pour les dirigeants de WhatsApp, pas de publicité, la source de revenus principale de Facebook.

Moins d’une semaine après le rejet de l’offre faite par Facebook, c’est au tour de Google de tenter sa chance. Le géant de Mountain View propose, à son tour, un milliard de dollars à la start-up américaine. Pour les mêmes raisons que Facebook, WhatsApp a opposé une fin de non-recevoir à Google. "La publicité n'est pas juste une rupture esthétique, une insulte à votre intellect et une irruption dans vos pensées", avait alors déclaré les dirigeants de l’application.

Waze

L’application mobile gratuite de navigation GPS, Waze a également rejeté deux offres avant de signer. En janvier 2013, Apple se positionne pour racheter la start-up israélienne pour 500 millions de dollars mais ses dirigeants rejettent l’offre.

Quelques mois après, c’est Facebook qui veut acquérir la petite société qui monte. Malgré une offre de rachat comprise entre 800 millions et un milliard de dollars, les dirigeants de Waze restent inflexibles.

Une volonté de leur part de rester indépendant ? Manifestement pas. Les patrons de Waze attendaient l’offre qui leur convenait le plus et c’est Google qui l’a formulée. Le montant de la transaction est de 966 millions de dollars et la firme de Mountain View a permis aux employés de Waze de travailler depuis Israël, ce que ne leur permettait pas Facebook ou Apple.

Yelp

En 2009, la bible des bons plans où manger, faire du shopping, boire un verre, se détendre et s'amuser, Yelp, a rejeté une proposition de rachat de 500 millions de dollars présentée par Google. En cause, un désaccord concernant le montant de la transaction. La petite société de critiques en ligne a préféré décliner l’offre du géant du web et a continué à se développer seule.

Groupon

Elle se chiffrait à 5,3 milliards de dollars et Groupon a dit non. La start-up des bons deals n’a pas voulu appartenir à Google. En 2010, le moteur de recherche numéro un a proposé à Groupon de le rejoindre et malgré la somme extravagante avancée par Google, la société alors considérée comme "à la plus forte croissance de l’Histoire" a préféré compter sur ses revenus monstrueux et travailler au développement de son propre modèle économique.

Dailymotion

Le groupe américain Yahoo! avait entamé des discussions pour acquérir 75% de Dailymotion, propriété de France Télécom-Orange en mai 2013. Le gouvernement français sous la houlette du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg et France Télécom ont demandé à ce que la transaction ne porte que sur 50% de la société. Ici, c’est Yahoo! qui a refusé de céder.
Dailymotion, qui peine à s’aligner sur Youtube (Google), pérennise finalement sous la coupe d'Orange.

Que sont devenues ces sociétés ?

Le phénomène WhatsApp ne semble pas s’être ralenti depuis son "non" catégorique à Facebook et Google. Comptant désormais plus de 300 millions d’utilisateurs actifs mensuels, le service de messagerie instantanée figure dans le top 10 des applications mobiles les plus populaires et a développé une fonctionnalité de messagerie vocale et vidéo.

Waze compte elle plus de 50 millions d’utilisateurs à travers plus une dizaine de pays et malgré le rachat par Google, sa croissance continue. La start-up israélienne a même remporté le prix du "meilleur produit connecté" par l’Académie Internationale des Arts Digitaux et des Sciences.

Pour Yelp, le développement fut plus difficile. Après s’être introduit en Bourse (NYSE) en mars 2012 avec une valorisation à 898 millions de dollars et après avoir racheté son principal concurrent Qype, la société a enregistré une perte nette de 2 millions de dollars.

Groupon a pris le même chemin que Yelp. Après son refus de rachat par Google, le site de commerce électronique a poursuivi sa croissance pendant 1 an. Puis, durant l’année 2011,  la société a enregistré des pertes de 308 millions de dollars, contre 77 millions l'année précédente pour la même période.

Enfin concernant Dailymotion, le français continue son développement. Après avoir bénéficié d’un investissement surprise de 30 millions d’euros de la part de sa société mère, Orange, Dailymotion envisagerait d’ouvrir une filiale au Japon.

Ces petits poucets du net souhaitant garder leur indépendance et développer leur propre modèle économique n'ont pas forcément réalisé une mauvaise opération. Même si certaines d’entre elles ont perdu l’opportunité d’accélérer leur croissance à l’international, ces sociétés innovent encore dans le but de prospérer et peut-être de provoquer à nouveau l'engouement des plus grandes ?

Wassinia Zirar
 

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