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Soitec en marche pour passer 100% de son informatique sur le cloud

Cas d'école Dans le cadre de sa transformation numérique, le leader mondial des plaques de silicium sur isolant Soitec est engagé dans un ambitieux plan de migration vers le cloud computing. Objectif : passer 70% de son informatique dans l’infonuage d’ici  2017. A terme, plus rien ne restera en interne.
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Soitec en marche pour passer 100% de son informatique sur le cloud
Soitec en marche pour passer 100% de son informatique sur le cloud © Soitec

Soitec à fond dans le cloud computing. Depuis 2011, le leader mondial des plaques de silicium sur isolant, qui emploie 1250 personnes dans le monde, dont 950 en France, est engagé dans une course contre la montre avec un ambitieux plan de migration vers l’infonuage. "Notre plan stratégique, lancé il y a 5 ans, fait du cloud un choix volontariste de notre transformation numérique, confie Laurent Maumet, vice-président en charge de la qualité, du support de l’exploitation et de la transformation. Cela répond à des enjeux de développement à l’international, d’amélioration de la qualité et de souplesse d’adaptation à la variabilité du business."

 

30% de l'informatique aujourd'hui dans le cloud

L’objectif est de parvenir à 70% de l’informatique de l’entreprise dans le cloud en 2017. "Nous en sommes encore loin aujourd’hui, puisque nous somme à un résultat de 30%, estime Philippe Camus, responsable de l’infrastructure informatique. Mais cet objectif reste parfaitement atteignable."

 

Soitec dispose de deux types d’informatique. D’un côté, l’informatique industrielle qui fait tourner ses usines. Elle reste toujours hébergée dans ses deux propres datacenters, l’un à Bernin, près de Grenoble, où se trouve son siège, l’autre à Singapour. De l’autre, l’informatique de communication et de gestion. C’est cette partie, représentant 70% de l’informatique totale de l’entreprise, qui va migrer entièrement vers le cloud d’ici 2017. "Mais à terme, plus rien ne restera en interne, remarque Laurent Maumet. L’informatique industrielle, qui représente 30% de l’informatique de l’entreprise, a vocation à migrer aussi vers le cloud. Si nous n’avons pas prévu de le faire dans notre plan de transformation, c’est que les offres cloud n’existent pas encore. Dès qu’elles seront disponibles et matures, nous le ferons. Nous ne savons pas si cela se fera dans 5 ou 10 ans"

 

Le SaaS, axe privillégié

Dans cette migration, Soitec privilégie autant que possible le niveau le plus abouti du cloud, celui du logiciel en tant que service (SaaS pour Software as a service). C’est ainsi que l'entreprise est passée à la solution de communication et collaboration en ligne de Google et au service de gestion de ressources humaines d’ADP. Mais l’objectif ultime est de migrer toutes les fonctions de son système de gestion (Ebusiness Suite d’Oracle) sur le SaaS. "Ce modèle nous offre l’avantage de nous affranchir complètement des contraintes d’infrastructure, justifie Philippe Camus. Nous pouvons ainsi consacrer toutes nos forces au soutien de nos métiers."

 

Paradoxalement, Soitec hésite à passer son système de gestion sur le cloud de son éditeur Oracle, reprochant un manque d’agilité de coût du SaaS de ce prestataire. Du moins pour le moment. Pour la fonction de consolidation financière Hyperion d’Oracle, le choix s’est porté sur la plateforme cloud (PaaS pour Platform as a service) de Neonn, qui tourne sur l’infrastructure cloud d’OVH.

 

un datacenter virtuel 

Mais l’autre volet important de la transformation réside dans la migration de l’infrastructure vers les services IaaS (Infrastructure as a service). Un troisième datacenter, virtuel cette fois-ci, a été construit sur Amazon Web Services pour recueillir les applications qui ne peuvent pas être converties en services SaaS. "C’est un choix par défaut que nous faisons, car cela nous oblige à gérer encore de l’infrastructure au détriment du temps que nous préfèrerions consacrer aux métiers", note Philippe Camus. Soitec a choisi de localiser ses données dans site d’Amazon Web Services de Dublin, en Irlande, et d'établir un lien réseau avec son datacenter à Bernin garantissant un temps de latence de seulement 20 millisecondes.

 

Les applications de reporting et de planification de la production ont déjà migrées sur ce datacenter virtuel. Le portail de l’entreprise va suivre en juillet 2016. Et il est possible que le système de gestion subisse le même sort si Soitec ne trouve pas de solution SaaS répondant à ses exigences.

 

des coûts équilibrés

Le choix d’Amazon Web Services a été fait à l’issue d’une étude approfondie de l’offre de services IaaS sur le marché et de l’examen de plusieurs prestataires, dont Fujitsu, Bull et Numergy. "Nous avons passé deux ans à analyser les catalogues de services, comprendre la grille de tarification et décrypter les variables de coûts, explique Philippe Camus. Nous restons vigilants et mettons en œuvre des outils de maîtrise des coûts. Car si vous vous contentez de déplacer des applications telles quelles vers le cloud, vous vous exposez à une dérive inacceptable des coûts. Grâce à notre vigilance, nous parvenons à financer le cloud par les économies de maintenance des matériels." Et cela constitue en soi une grande victoire pour Soitec, car le cloud tend souvent augmenter les coûts.

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