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Sommé de prouver la sécurité de son projet de conduite autonome, Comma.ai y met fin

Comma.ai, start-up prometteuse de la Silicon Valley, met fin à ses projets en matière de conduite autonome. Pas suite à un échec sur le marché ou à un impossibilité technologique, mais à l'intérêt de la NHTSA, l'organisme en charge de la sécurité routière aux Etats-Unis. Le régulateur a demandé à Comma.ai de prouver la sécurité de son produit, et plutôt que de lui faire face, elle a simplement mis un terme à ses projets. Le signe que le secteur de la conduite autonome rentre dans une nouvelle phase ?
mis à jour le 31 octobre 2016 à 13H06
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Sommé de prouver la sécurité de son projet de conduite autonome, Comma.ai y met fin
Prototype du Comma One. © Comma.ai

La fête est finie pour Comma.ia. La start-up, montée à San Francisco par George Hotz, comptait proposer d'ici à la fin de l'année un accessoire pour donner à n'importe quel véhicule des capacités de conduite autonome. Baptisé Comma One, ce boitier aurait remplacé le rétroviseur central des voitures concernées. Mais alors que la commercialisation devenait tangible, l'entreprise a reçu la semaine dernière une demande de la NHTSA, l'autorité américaine en charge de la sécurité routière, lui intimant de prouver que son système ne présente pas de risques. En réponse, George Hotz a indiqué sur Twitter que Comma.ai allait pivoter pour se concentrer sur d'autres produits et d'autres marchés.

 

 

Un projet, né dans un garage, qui a fait des étincelles avec Tesla

George Hotz s'était fait connaître en 2007 en devenant la première personne à hacker l'iPhone pour permettre de l'utiliser hors du réseau AT&T. Il avait alors 17 ans. Trois ans plus tard, il parvenait à passer outre le système de sécurité de la PlayStation 3 de Sony, ce que personne n'avait réussi jusque-là. Son entrée dans l'arène de la conduite autonome s'était aussi faite avec fracas. Il avait révélé en décembre 2015 avoir construit un véhicule autonome "dans son garage" avec des composants achetés dans le commerce et son propre software. Après s'être vu offrir un poste chez Tesla Motors par Elon Musk, il s'était attaqué aux prétentions de l'entreprise concernant Autopilot, et en particulier à son fournisseur MobilEye.

 

Hotz avait ensuite fondé Comma.ai, et comptait lancer une campagne Kickstarter pour vendre son boitier Comma One à hauteur de 999 dollars, puis de le commercialiser sur Amazon. Signe de l'intérêt de la Silicon Valley pour ces technologies, Comma.ai a reçu 3,1 millions de dollars d'investissement en début d'année de la part du fonds de capital risque Andreessen Horowitz. D'autres start-up au même concept, comme Cruise Automation et Otto, ont d'ailleurs été rachetées cette année, la première par GM et la seconde par Uber.

 

Vers un Renforcement de la régulation ?

Comma.ai a peut-être été victime d'un mauvais timing. Après les accidents provoqués par le mode Autopilot de Tesla Motors, la NHTSA semble vouloir être plus impliquée dans ce secteur naissant. Comma.ai avait usé de la même astuce que Tesla et les autres en indiquant que son produit ne dispense pas l'utilisateur de rester attentif et prêt à reprendre le volant à tout instant. Mais cela ne suffit apparemment plus au régulateur. Dans sa lettre, il signale "qu'il ne suffit pas de déclarer, comme vous le faites, que votre produit n'enlève rien aux responsabilités du conducteur quant à la conduite de son véhicule".

A noter que d'après Reuters, George Hotz avait fait une démonstration de son boitier en septembre au cours de laquelle plusieurs bugs étaient survenus, le forçant à reprendre le volant et même à se garer pour redémarer le Comma One. Le chef d'entreprise avait expliqué ces problèmes par le fait qu'il s'agissait d'une version encore peu avancée du produit.

Cette affaire est un rappel que le vrai test pour l'arrivée des systèmes de conduite autonome sur le marché ne sera pas de savoir si une entreprise juge sa technologie au point, mais de voir si les garants de la sécurité routière de chaque pays les jugent suffisamment fiables.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

PStipon
02/11/2016 18h07 - PStipon

C'est une bonne chose , que les inventeurs inventent ok mais ils faut que derrière quelqu'un vérifie que le matériel n'est pas dangereux ; il est un peu léger George Hotz ...même s'il est très intelligent .

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