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[Sondage] Les Français inquiets pour leurs données personnelles mais pas vraiment prêts à agir

Étude Opinionway a réalisé une étude pour Dolmen sur la façon dont les Français perçoivent la question des données personnelles. S'ils sont inquiets, ils semblent bien désemparés dans leurs réactions et aimeraient bien que l'Etat règle la question avec de plus fortes amendes ou en démantelant les géants. 
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[Sondage] Les Français inquiets pour leurs données personnelles mais pas vraiment prêts à agir
Les Français savent-ils où sont leurs données ? © Pixabay

C'est un sondage tout en paradoxe qu'a réalisé Opinion Way pour la société Dolmen (1). Ce dernier porte sur les données personnelles à l'ère numérique et les Français y apparaissent comme inquiets et négligents tout à la fois. Comme s'ils disaient avoir peur des voleurs et laissaient leur porte ouverte. 

 

Les données faut pas les donner

En effet, le constat est sans appel : l'intérêt pour les données personnelles n'est pas une obsession de journaliste ou d'expert, le grand public s'en soucie désormais. 92 % des Français sont plutôt ou tout à fait d'accord pour considérer qu'elles sont précieuses. 93 % estiment qu'elles devraient être davantage protégées et 90 % qu'elles sont convoitées par les géants d'Internet. 

 

Et pour les Français, la personne ou l'organisation la plus à même de protéger ses données, c'est d'abord eux-mêmes. En effet, 56 % des personnes interrogées jugent l'action des pouvoirs publics insuffisantes et 31 % sont d'un avis contraires. Résultat : interrogés sur la question, 54 % des Français considèrent qu'ils sont les plus à même de protéger leurs données personnelles. Suivent les pouvoirs publics (32 %), les fournisseurs d'accès à Internet (25%), les banques (22%) et l'Union européenne (17%). 

 

Sensibiliser les autres d'abord

Face à ce constat terrible, qu'ont fait les Français suite aux "scandales" - le mot est utilisé tel quel dans la question - portant sur les données personnelles ? La réponse révèle toute la distance entre la prise de conscience et l'action. 62% disent avoir perdu confiance dans l'honnêteté des acteurs d'Internet. 53 % ont sensibilisé leurs proches sur la menace qui pèse sur leurs données personnelles. 41% déclarent avoir lu la politique de confidentialité des sites qu'ils consultent.

 

L'étude ne précise malheureusement pas à quelle page ils se sont arrêtés ! Reste que ces trois actions ne sont pas vraiment ce qu'on peut appeler un changement profond de comportement quand la prise de conscience indique un niveau d'inquiétude élevée. Plus radicaux, 37 % disent avoir boycotté les sites concernés et 20 % ont réduit leur temps de consultation en ligne. Les statistiques de consultation d'Internet laissent penser que les Français surévaluent leur réaction. 

 

Faire payer les gafa : la solution magique 

Mais nous n'avons pas encore tout vu, puisque le sondage a demandé aux Français ce qu'ils envisageaient de faire maintenant suite à ses fameux "scandales". Là encore, 65 % vont sensibiliser leurs proches, 54 % envisagent de boycotter les sites incriminés, 50 % vont lire les politiques de confidentialité et 23 % réduire leur temps de connexion. 

 

Preuve qu'on est bien en France, les réponses apportées à la question portant sur ce qu'il faudrait faire. Augmenter le montant des amendes. Si on est déçu par ce que fait l'Etat, c'est parce qu'il ne met pas des amendes assez élevées, amendes qui ont le pouvoir de changer les comportements pour un sondé sur deux !

 

34 % adeptes du solutionnisme technologique répondent que le salut viendra de technologie de protection des données personnelles plus efficaces, tandis 26 % préféreraient un boycott généralisé des sites concernés. 18 % des Français pensent que le RGPD améliore la situation, quand 14 % croient qu'un démantèlement des géants du Web peut être la solution et 9 % estiment que la marchandisation des données personnelles pourraient être un rempart efficace pour éviter que de nouveaux "scandales" ne se produisent. 

 

Il serait intéressant qu'une étude plus détaillée vérifie d'abord les connaissances des Français sur un certain nombre de points (RGPD, Cnil, données personnelles) tant certaines réponses semblent très surestimées. En outre, il serait très éclairant de pouvoir avoir une étude qui étudierait les réponses selon qu'on parle de données d'identité, de localisation, médicales, bancaires ou encore des données comportementales... 

 

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(1) Fiche technique : échantillon de 1008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas. Questionnaire auto administré en ligne. Les personnes ont été interrogées entre le 12 et le 13 juin. 

La définition retenue de la donné personnelle pour cette enquête est une version simplifiée de celle utilisée dans la RDPD soit

" Les données personnelles désignent tout information permettant de rendre une personne identifiable. Il peut s’agir d’un nom, d’un numéro d'identification, de données de localisation, d’un identifiant en ligne, ou d’un ou plusieurs éléments spécifiques propres à l’identité d’une personne. "

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