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Sony crée une division dédiée aux jeux mobiles pour se diversifier au-delà de la PlayStation

Sony veut sa part du gâteau sur le marché du jeu mobile, devenu très lucratif. Le Japonais lance une division dédiée et rachète pour ce faire Savage Game Studios, un studio de développement européen.
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Sony crée une division dédiée aux jeux mobiles pour se diversifier au-delà de la PlayStation
Sony crée une division dédiée aux jeux mobiles pour se diversifier au-delà de la PlayStation © Unsplash

Au lancement de la PlayStation, en décembre 1994, le jeu vidéo n'était qu'une curiosité pour Sony, alors un géant de l'électronique, leader dans les téléviseurs et le matériel hi-fi. C'est resté le cas des années durant, quand bien même ces autres activités périclitaient. Aujourd'hui, le gaming est son activité qui génère le plus de revenus, devant la production de musique et de films. Il est toujours porté par la marque PlayStation et centré autour de ses consoles de jeu. Mais ce statu quo est en train d'évoluer.
 

Cap sur les "live service games"

Le groupe japonais a annoncé lundi 29 août la création d'une division PlayStation axée sur les jeux mobiles, la bien nommée PlayStation Studios Mobile Division. Elle fonctionnera indépendamment de l'activité console.

Sa création s'appuie sur l'acquisition du développeur européen Savage Game Studios, dévoilée le même jour. Il travaille sur "un titre mobile AAA" de type "live service", c'est-à-dire qui se joue en ligne et reçoit des mises à jour très régulières afin que les joueurs ne s'en lassent pas et continuent d'y investir pendant des années. Ce type de jeu, dont on peut citer Fortnite ou Genshin Impact comme exemples, est particulièrement lucratif.

Une volonté de se diversifier au-delà des consoles

Cela participe à une stratégie de diversification plus générale, dans le cadre de laquelle le Japonais avait annoncé en début d'année son intention de publier 50% de ses jeux sur PC et mobile d'ici 2025, contre seulement 25% à l'heure actuelle.

Ce changement est en partie dû à la conjoncture actuelle qui se montre particulièrement rude pour Sony. La pénurie de composants électroniques a fortement handicapé les ventes de sa PlayStation 5 et va continuer de le faire au moins jusqu'en 2023. La forte inflation a par ailleurs contraint l'entreprise à augmenter le prix de la console de 50 euros dans la zone européenne, une mesure rare et forcément mal perçue par les consommateurs.

Microsoft et Nintendo moins malmenés par la conjoncture

Ses deux concurrents sur le marché des consoles sont moins concernés grâce à des choix stratégiques différents : Nintendo suit un cycle de renouvellement matériel décalé qui lui aura permis, grâce à la longévité de la Switch, d'éviter les gros des écueils de la pénurie. Il ne vend jamais ses consoles à perte et n'avait pas baissé le prix de la Switch depuis sa sortie, ce qu'il fait qu'il est serein pour préparer sa succession (a priori en 2023).

De son côté, Microsoft mise à fond sur le cloud gaming et l'effacement du hardware au profit d'une plateforme globale accessible sur une multitude d'appareils. Il s'appuie aussi bien évidemment sur Windows, qui équipe une majorité d'ordinateurs personnels. Microsoft a de plus enchaîné les acquisitions ces dernières années, et la dernière en date, celle d'Activision Blizzard, comporte une importante part mobile.

Enfin, d'un point de vue purement pragmatique, le segment des consoles représente aujourd'hui 27% du marché global du jeu vidéo (estimé à 200 milliards de dollars par an), tandis que les jeux mobiles en totalisent plus de la moitié, d'après les analystes de Newzoo. S'y engager est donc avant tout l'opportunité de générer encore plus de revenus en s'addressant à toutes les catégories du marché.

Faire face à de nouveaux compétiteurs

Sony s'appuiera probablement en partie sur ses titres les plus célèbres pour sortir des jeux mobiles dérivés. Le succès de Call of Duty Mobile ou du récent Diablo Immortal a montré la viabilité de cette stratégie. Si le marché du jeu mobile est plus qu'encombré, le groupe japonais devrait pouvoir tirer son épingle du jeu de cette manière, et son cheptel de studios internes pourra être mis à contribution si nécessaire.

Il devra néanmoins faire face à de nouveaux compétiteurs qui sont eux-mêmes bien rodés à l'exercice, comme les chinois NetEase ou Tencent. Ce dernier investit d'ailleurs massivement dans l'industrie vidéoludique "traditionnelle" depuis quelques années, y compris au Japon.

Il vient de prendre des parts dans From Software, dont le jeu Elden Ring connaît un fort succès, ce 31 août... aux côtés de Sony. Le Japonais possède désormais 14.1% du studio, tandis que le Chinois en a pris 16.3% par le biais de sa filiale Sixjoy. L'éditeur japonais Kadokawa reste l'actionnaire majoritaire de From Software, mais on notera que Tencent avait précédemment investi dans Kadokawa en 2021.

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