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Sophie Foucque (Michelin) : "Il n'y a pas de mobilité durable sans mobilité connectée"

Entretien A l'horizon 2030, le groupe Michelin espère réaliser entre 20 et 30% de son chiffre d'affaires dans les activités hors pneumatiques (notamment les services et objets connectés). Sophie Foucque, CEO de Michelin DDI (Driving Data to Intelligence) et responsable entre autres de la commercialisation des services autour de la donnée au sein du groupe, fait le point sur cette stratégie.
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Sophie Foucque (Michelin) : Il n'y a pas de mobilité durable sans mobilité connectée
Sophie Foucque (Michelin) : "Il n'y a pas de mobilité durable sans mobilité connectée"

Comment la data permet-elle d’optimiser la performance dans votre activité ?
Sophie Foucque : Nous sommes convaincus que désormais la mobilité est nécessairement connectée. A l’heure actuelle, nous avons 1,2 million de véhicules connectés et 22 millions d’objets connectés. Grace à l’ensemble des données connectées, nous développons de nouveaux services autour et au-delà des pneus, mais aussi des activités totalement nouvelles pour le groupe. Ces nouveaux services vont nous permettre d’améliorer la sécurité des conducteurs et de leur offrir des conseils de conduite avec notre offre MICHELIN DDI.

Mais les données nous permettent aussi d’optimiser les opérations de nos clients avec nos offres MICHELIN Connected Fleet par exemple, en les aidant à identifier quels véhicules garder en thermique, ou ceux qu’il est possible de basculer en électrique, compte-tenu des usages. Le potentiel de la mobilité connectée ne pourra être exploité qu’avec un accès aux données des véhicules encadré et sûr, qui permette une libre-concurrence.

Mobilité connectée et mobilité durable vont-elles de pair désormais ?
Oui, il n’y a pas de mobilité durable sans mobilité connectée : la compréhension plus fine des usages nous permet d’offrir à nos clients des solutions à impact environnemental plus faible. Tout commence par le pneu connecté, équipé de puces RFID, une réalité pour nos pneus poids lourds aujourd’hui et l’ensemble de nos gammes dès 2024. Grâce à un numéro unique, nous pouvons suivre sa trace.

Mais les données sont aussi un moyen d’accompagner nos clients vers une mobilité zéro émission et d’être acteur de la transition énergétique. C’est le cas par exemple avec notre offre WATEA by Michelin, qui concourt à la transition énergétique des flottes vers l’électrique.

Un autre levier fort pour préserver l’environnement : dans le secteur agricole par exemple, nous offrons des services pour respecter davantage les sols en adaptant la pression des pneus. Nous voulons que chacun puisse trouver la meilleure manière d’avancer avec un bon équilibre entre le facteur humain, les objectifs de croissance d’une entreprise et la protection de la planète. Je reviendrai plus en détail sur ces chantiers lors de mon intervention le 20 janvier dans le cadre des Enjeux Innovation B2B 2022.

Quelles sont les prochaines étapes de déploiement de tous ces projets ?
Nous mettons en place des partenariats stratégiques pour nous positionner ou accélérer notre développement sur de nouveaux marchés. C’est le cas de Safecube par exemple, une joint-venture avec Argon et Sigfox pour le "track and trace" des containers. Pour MICHELIN DDI, nous avons un partenariat avec Arity donnant accès aux données de 25 millions de véhicules connectés aux États-Unis. Cette collaboration nous permet de proposer des services aux personnes en charge des infrastructures routières pour les aider à prioriser les travaux dans des zones à risque.

Deuxième étape : l’innovation, qui est au cœur de Michelin avec plus de 600 millions d’euros de R&D investis chaque année. Et nous renforçons notre approche avec un programme d’incubation en charge de faire émerger des projets innovants servant une croissance durable. Ou encore des démarches d’open innovation en collaboration avec des partenaires comme les Blue Ocean Awards, ainsi que des hackathons tech ou business avec des grandes écoles comme HEC, l’ESCP ou Centrale Supelec.

Enfin pour réussir cette transformation : l’humain est clé. Nous menons des actions de « change management », nous nous formons et recrutons à l’extérieur, sur les technologies et business modèles data. Nous devons savoir comment passer du pneu en tant que produit à un produit de données, et comment le commercialiser.

Interview menée par l'équipe des Enjeux Innovation B2B

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