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Sportall lève 2,9 millions d’euros pour démultiplier le streaming sportif

Levée de fonds Afin de permettre à tous les sports de disposer d’une visibilité de leurs événements, Sportall a développé une plateforme de streaming qui lui vaut d’intervenir aujourd’hui pour une cinquantaine de détenteurs de droits de diffusion. Depuis 2019, elle a levé 4,5 millions d’euros. Le dernier tour de table officialisé ce 28 juin doit contribuer à décliner son modèle à l’international.
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Sportall lève 2,9 millions d’euros pour démultiplier le streaming sportif
Sportall lève 2,9 millions d’euros pour démultiplier le streaming sportif © Sportall

Et une de plus ! Créée en 2019 par Thierry Boudard et Arnaud Caron, Sportall annonce ce 28 juin une nouvelle levée de fonds de 2,9 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs, des existants (autour du principal actionnaire Trois I Investissements Industriels Internationaux) et de nouveaux venus (dont Calista Direct Investors).

En trois ans, elle a levé 4,5 millions d’euros. Se qualifiant de "place de marché du streaming sportif", la société propose aux détenteurs de droits sportifs une offre de production et de diffusion digitales de leurs événements auprès d’amateurs et de passionnés, prêts à "consommer" leur(s) sport(s) favori sur leur smartphone, leur tablette ou leur TV connectée pour un prix d’abonnement modique.
 

Des signatures prévues avec plusieurs fédérations

"Notre croissance très forte nous a ouvert dès fin 2021 des opportunités de déploiement de notre modèle à l’international, en Europe pour commencer, explique Thierry Boudard. Grâce à cette levée de fonds, nous allons pouvoir renforcer notre équipe commerciale afin de prospecter des ayants-droits internationaux qui sont peu, pas ou plus présents en France et de les aider à distribuer leurs images dans notre pays. Nous l’avons fait avec le championnat anglais de rugby."

Il reprend : "Mais nous pouvons aussi livrer des applications vidéo et technologies OTT à ces ayants-droits pour qu’ils lancent et opèrent leur propre média digital en 'direct consumer', comme nous l’avons réussi avec la Fédération française d’athlétisme pour l’application Athlé-TV ou la Wanda Diamond League. Dans cette coopération, l’un apporte le contenu, l’autre, Sportall, le contenant, dans une convergence d’intérêts puisque nous partageons les revenus."

Thierry Boudard anticipe de signer avec plusieurs fédérations cet été. "Nous pouvons recevoir des contenus de n’importe où dans le monde et les distribuer n’importe où dans le monde. La seule chose que nous pouvons offrir en France, mais pas encore à l’international, concerne la production, à travers notre réseau Sportall Procasters de sociétés et professionnels de la production d’événements en direct." Soutenue par Bpifrance, le Crédit Agricole, accompagnée dans ses premiers pas par l’incubateur multimédia Belle de Mai à Marseille, Sportall emploie une quinzaine de collaborateurs et s’appuie sur des experts répartis entre Marseille, Paris, Rennes et Nantes.

"Tout à inventer"

"Nous visons les petits et moyens ayants-droits, nous n’avons pas besoin d’éduquer le marché puisque les gros comme l’UEFA ou la Liga espagnole dans le football ou la NBA ont montré le chemin. Avec Athlé-TV, pas besoin de s’abonner à une chaîne payante par satellite. Tout l’athlétisme est sur cette application", poursuit le dirigeant. Pour générer ses revenus, Sportall table sur les abonnements et, pour la diffusion gratuite, la valorisation du sponsoring. "Ce sont les deux lignes que nous privilégions". Le dernier modèle s’inspire de YouTube, avec de la publicité programmatique.

"Nous analysons avec les ayants-droits toutes les données et statistiques pour s’assurer de la croissance de l’audience. Je doute que ceux qui rencontreront le succès dans le digital avec leur média, qui auront constitué leur fan base et continueront de la voir progresser, veuillent revenir au modèle traditionnel de vente de droits aux grandes chaînes payantes", confie Thierry Boudard. La levée de fonds doit permettre aussi d’investir dans des "innovations technologique et éditoriale".

L’équipe R&D s’emploie à accroître les fonctionnalités de ses applications. Et la diversité des programmes se conforte au gré de la demande. "Les jeunes consommateurs d’images de sport apprécient les modèles courts, comme un résumé des temps forts, ils s’intéressent aux coulisses d’un événement, à l’état d’esprit d’un athlète avant ou après sa compétition... Nous renforçons ce travail de personnalisation dans la perspective des JO de 2024. Le produit doit correspondre au spectateur. Dans ce domaine, il y a encore tout à inventer".

Sportall compte aujourd’hui une cinquantaine d’ayants-droits et près d’une quarantaine de disciplines : fédérations françaises d’athlétisme, de natation, de lutte, de ski, de canoë kayak, de taekwondo, et mais aussi futsal, sports de combat (Fight Nation), Handisport, Outdoor (trail, VTT, triathlon…), Cyclisme (UEC TV), rugby (United Rugby Championship).

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