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Spotify lève le voile sur son modèle économique pour tenter de calmer la fronde des artistes

Les sites de streaming musical sont accusés de générer des revenus très faibles pour les artistes. Spotify réplique avec un site détaillant son modèle économique.
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Spotify lève le voile sur son modèle économique pour tenter de calmer la fronde des artistes
Spotify lève le voile sur son modèle économique pour tenter de calmer la fronde des artistes © Spotify

Les sites de streaming musical comme Deezer, Spotify ou Google Accès illimité rémunèrent-ils suffisamment les musiciens et auteurs ? Le débat est aussi passionné que celui sur la fiscalité en France – c'est dire. Beaucoup d'artistes ont émis des doutes sur la viabilité du modèle économique lié au streaming musical. Thom Yorke, le leader du groupe Radiohead, qui avait lancé un pavé dans la mare en 2007 en vendant son album In Rainbows en ligne à prix libre, s'est fait le porte-voix des sceptiques. Il a déclaré en juillet dernier que Spotify pillait les artistes indépendants et nouveaux talents pour nourrir ses actionnaires, avant de retirer ses titres de la plateforme. D'autres déclarations tonitruantes de musiciens influents ont suivi.

70% du chiffre d'affaires reversé aux ayants droit

Spotify n'a pas riposté à chaud, mais vient de mettre en ligne un site à portée pédagogique destiné aux artistes. "Spotify artists" leur livre une série de conseils et de bonnes pratiques pour valoriser leurs productions sur le site. Un outil d'analyse statistique est également mis à leur disposition. Surtout, Spotify lève une partie du voile sur son modèle économique pour tenter de contredire un certain nombre d'idées reçues. Il ne s'agit pas d'un rapport commandé à une société indépendante : il faut donc prendre les chiffres et arguments avancés avec prudence. Cependant la démarche témoigne d'un changement de stratégie de communication.

La société, qui compte 24 millions d'utilisateurs (dont 6 millions d'abonnés payants) dit avoir payé plus d'un milliard de dollars de royalties depuis sa création, dont la moitié rien qu'en 2013. Elle affirme reverser 70% de son chiffre d'affaires aux ayants droit. Comment sont calculés les revenus pour chaque artiste ? Le site ne se base pas simplement sur le nombre d'écoutes, mais applique une formule complexe aux nombreuses variables. Un clic sur le bouton "lecture" ne vaut pas la même chose s'il est effectué par un utilisateur gratuit ou payant. Les revenus diffèrent également en fonction du pays d'origine et des accords spécifiques passés avec les labels, distributeurs et sociétés de gestion des droits d'auteur. Au final, même s'il juge absurde de raisonner en de tels termes, Spotify estime le revenu moyen par écoute à 0,007 dollar, soit un demi centime d'euro.

 plus de royalties qu'avec le streaming vidéo

Concrètement, le montant de royalties générées pour le mois de juillet 2013 peut s'établir à 3 300 dollars pour l'album d'un artiste indépendant "de niche", contre 425 000 dollars pour un disque numéro 1 dans le monde entier. Sans surprise, le fossé est énorme entre morceaux du hit parade et productions confidentielles.

Si l'on applique un autre critère – les royalties reversées pour 1 million d'écoutes - Spotify, avec 6 000 à 8 400 dollars générés, affirme faire beaucoup mieux que les services de streaming vidéo (3 000 dollars de royalties), les radios en ligne (1 300 à 1 500 dollars) et les radios hertziennes (41 dollars). Mais il n'effectue pas la comparaison avec les revenus liés aux ventes physiques, nettement supérieurs.

Au final, même si Spotify prétend faire reculer le piratage et inciter les consommateurs à basculer vers des offres monétisées, son modèle ne constitue pas une réponse au lent déclin des ventes physiques. Le site ne "pille" pas les artistes pour autant, il n'a d'ailleurs pas dégagé de bénéfices depuis sa création contrairement à Pandora aux Etats-Unis ou Deezer en France.

Sylvain Arnulf

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