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Starlink de nouveau autorisé à fournir son accès internet par satellite en France

Le fournisseur d'accès au très haut débit de SpaceX a récupéré son autorisation d'utilisation de fréquences, par décision de l'Arcep, après consultation publique. Les abonnés se sont mobilisés.   
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Starlink de nouveau autorisé à fournir son accès internet par satellite en France
Starlink de nouveau autorisé à fournir son accès internet par satellite en France © SpaceX

Starlink peut de nouveau servir ses clients français en leur fournissant un accès internet par satellite. Après consultation publique, l'Arcep a attribué le 2 juin une nouvelle autorisation d’utilisation de fréquences au fournisseur d'accès à Internet fixe de SpaceX. Ce dernier avait perdu sa licence d'exploitation le 5 avril à la suite d'une décision du Conseil d'Etat, après un recours engagé par deux associations écologistes, Priartem et Agir pour l'environnement.

La consultation publique ouverte par le régulateur des télécoms a permis de recueillir les réactions des "acteurs intéressés". Ont contribué l'Association des opérateurs télécoms alternatifs (Aota), l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel (Avicca), le Centre national d'études spatiales (Cnes), la Commission supérieure du numérique et des postes, Eutelsat, Immarsat, OneWeb, Orange, les deux ONG à l'origine du recours, STMicroelectronics, Viasat, et Starlink lui-même. De nombreux particuliers ont également envoyé leurs témoignages, qui se résument la plupart du temps à dire que Starlink est leur seul moyen de bénéficier d'une connexion haut débit étant donné leur lieu d'habitation.
 

connecter les zones blanches

"Les contributions à cette consultation publique ont notamment fait ressortir l’intérêt du service Starlink pour développer la connectivité des 'zones blanches' mobiles ou mal desservies par les réseaux fibrés", note l'Arcep.

L’Arcep autorise par ailleurs Starlink à utiliser les fréquences des bandes 10,95-12,70 GHz (sens espace vers Terre) et 14-14,5 GHz (sens Terre vers espace), liées à ses stations terriennes installées chez les clients, "afin de fournir des services d’accès à internet haut débit sur le territoire, avec une obligation de non-interférence vis-à-vis d’autres systèmes utilisant ces bandes de fréquences ou les bandes adjacentes".

Ces fréquences permettent aux satellites non géo-stationnaires de se connecter au réseau terrestre. Elles sont également utilisées par des satellites géostationnaires (dont ceux d'Eutelsat) pour la diffusion de chaînes de télévision et des services de connectivité pour des plateformes mobiles (avions, navires).

4000 clients dépendent de starlink

Selon l'Avicca, plus de 50 000 utilisateurs accèdent au très haut débit en France métropolitaine à travers un accès satellite. L'association estime que "l’existence de Starlink ne saurait être remise en cause par une décision franco-française exotique", et "s’interroge sur les motivations des requérants à l’origine de cette situation pour le moins incongrue".

Priartem et Agir pour l'environnement, qui avaient déposé le recours, expliquent que la constellation de satellites Starlink génère une pollution lumineuse visible à l'œil nu et préoccupante pour les astronomes, des risques accrus liés aux débris spatiaux, et que les stations terrestres posent des questions relatives à la protection des données personnelles. Elles soulèvent également la question de l'impact des ondes sur la santé.

Starlink sert 4000 clients en France, dont 82% vivent en dehors des zones urbaines, et 50% dans des communes de moins de 5000 habitants (notamment en montagne), non ou mal desservies par les infrastructures classiques. La société exploite plus de 2100 satellites en orbite basse, et prévoit d'en déployer plus de 4400 satellites d’ici 2027. A terme, elle pourrait en exploiter 42 000.

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