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Lify-Air mise sur l'IA pour prédire les pics de pollen

Bien qu'invisible, le pollen présent dans l'air pourra bientôt être traqué. La start-up Lify-Air développe avec le CNRS des capteurs connectés et intelligents, capables de détecter et prédire les épisodes polliniques.
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Lify-Air mise sur l'IA pour prédire les pics de pollen
Lify-Air mise sur l'IA pour prédire les pics de pollen

L'été arrive, avec le soleil, mais aussi ses pics d'allergies. Aujourd'hui 30% de la population française est touchée par les allergies, soit 220 millions de personnes en Europe. La tendance est à l'augmentation, selon Jérôme Richard, Co-fondateur et CEO de Lify-Air : "Le réchauffement climatique a beaucoup d'effets sur l'augmentation de la sensibilité des personnes, mais aussi la quantité de pollen de l'air", indique-t-il. Avant d'ajouter : "Je suis moi-même allergique, il y a des associations qui nous informent sur les épisodes polliniques comme le RNSA, mais c'est souvent trop tard, c'est pour cela que j'ai voulu développer une nouvelle solution avec Lify-Air".

 

Créée en novembre 2018, la start-up Lify-Air  s'attaque à ce problème pour proposer courant septembre 2019 des capteurs capables d'informer sur la présence de pollen en temps réel, mais aussi d'analyser les données, et de prédire les futurs épisodes polliniques.

 

Un capteur miniature

"Premièrement pour avoir une information en temps réel, il faut multiplier les points de collecte afin d'avoir un maillage plus fin", explique Jérôme Richard. s'il existe déjà des solutions de capteurs développées par les sociétés PLAIR ou Swisens Poleno, ils ne pourraient être déployés partout à cause de leur taille et leur prix, selon Jérôme Richard. Or, le capteur proposé par Lify-Air sera plus petit, 12 cm de long et 5 cm de haut, et moins cher. Si le prix n'est pas encore fixé, il sera autour de 1500 euros.


L'objectif du projet est d'avoir plusieurs capteurs par métropole, à l'heure où il n'y aurait même pas un capteur par département. Actuellement, Lify-Air indique qu ela France ne dispose que de 75 points de collecte pour analyser les pollens. Ils sont répartis sur l’ensemble du territoire, gérés par des bénévoles pour la collecte et analysés au microscopique par des professionnels. Selon Jérôme Richard, ce dispositif est loin d'être suffisant à cause des zones non couvertes et des délais de traitement de l'ordre de 8 jours. "Le temps que le pollen arrive de la bande de collecte au laboratoire d'analyse et que les résultats soient communiqués, il est bien trop tard", explique t-il.

 

comment prédire les épisodes polliniques?

Le système développé par Lify-Air fonctionnera grâce à l'intelligence artificielle pour interpréter et optimiser les données. Le capteur enverra directement les informations de collecte dans une database et d'autres seront récoltées en parallèle, comme les informations relatives à la phénologie, le type de pollen, la localisation ou la pollution.

 

Cela permettra de croiser les données pour savoir quel type de pollen est présent, en quelle quantité, et pour combien de temps. "Nous savons que certains arbres libèrent le pollen plutôt en mai, tandis que d'autres seront en juin et sur une durée différente", explique Jérôme Richard. Avant de poursuivre :  "Avec le Changement climatique, des pollens qui arrivaient fin avril, sont désormais présent en début mars, et il y a des pollens de plantes du Sud que l'on retrouve désormais au Nord". Différents usages sont possibles comme la  surveillance de la prolifération des plantes invasives telles que l'ambroisie. Lify-Air pourrait ainsi travailler avec l'observatoire des ambroisies à Fredon, mis en place depuis 2011.
 

Lify-Air, soutenue par de nombreux organismes, s'est vue attribuer une bourse Deep Tech par Bpifrance, et participe aussi au concours Ilab France. La start-up emploie 3 personnes à plein temps qui collaborent avec 5 chercheurs du CNRS et 6 autres personnes pour des conseils dans différents domaines, médicaux et biologiques, par exemple. Une application sera lancée dans le courant de l'été pour permettre aux personnes de signaler leurs symptômes de façon anonyme, préciser la localisation et le type de leur allergie, "créer une plateforme collaborative, c'est déjà une première façon de faire circuler l'information rapidement", explique le Jérôme Richard.

 

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