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STMicroelectronics : Les politiques s'en mêlent, les suppressions d'emplois attendront

Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics ne devrait pas annoncer, le 29 octobre, de plan impliquant des suppressions d’emplois en France. Le sort des circuits numériques avancés - l’activité déficitaire du groupe - ferait l’objet d’un examen dans le cadre d’une future stratégie globale.
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STMicroelectronics : Les politiques s'en mêlent, les suppressions d'emplois attendront
STMicroelectronics : Les politiques s'en mêlent, les suppressions d'emplois attendront

C’est le soulagement chez les syndicats de STMicroelectronics. Du moins pour un temps. Le 29 octobre 2015, la direction devrait faire un "point d’étape" sur le dossier des circuits numériques avancés, foyer de pertes chroniques du groupe. Mais elle n’annoncerait aucun plan précis impliquant des suppressions d’emplois en France où se trouve le gros de cette activité. C’est l’assurance donnée par Bercy à la CFDT, reçue le 22 octobre 2015 au cabinet d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.

 

"Mon sentiment c’est qu’il n’y aura pas d’information sur le sort de l’activité des circuits numériques avancés, pense Eric Potard, délégué syndical central CFDT. L’annonce sur ce dossier devrait être reportée à la fin de l’année, voire au début 2016 lors de la présentation des résultats de 2015."

 

Priorité à une nouvelle stratégie globale

 

Sous la pression de Bercy, Carlo Bozotti, PDG du groupe, aurait choisi de prendre le temps de la réflexion dans le cadre d’une nouvelle stratégie globale qui reste à définir. "STMicroelectronics doit changer ses orientations et réinvestir pour être l’Airbus de la microélectronique un des leaders mondiaux dans ce domaine", estime-t-on au cabinet d’Emmanuel Macron. Le sort des circuits numériques avancés devrait s’inscrire dans cette future stratégie d’ensemble.

 

A la question des délégués CFDT concernant un éventuel plan social, Bercy répond qu'"il n’y aura pas de décision précipitée, la stratégie doit d’abord être revue de fond en comble. Une nouvelle ère doit s’ouvrir." Le gouvernement français semble avoir réussi à faire bouger le gouvernement italien, jusqu’ici indifférent au sort de STMicroelectronics. Un changement dû peut-être à la montée de la gronde syndicale outre-Alpes comme le démontre le rassemblement de 400 personnes, le 26 octobre 2015, sur le site industriel d’Agrate, près de Milan, à l’appel des syndicats italiens CGIL, CISL et UIL.

 

Contexte électoral en France

 

Selon Éric Potard, la temporisation de Carlo Bozotti est aussi liée au contexte électoral en France. A l’approche des élections régionales du 6 au 13 décembre, il faut éviter tout remue-ménage susceptible d’avoir un impact négatif sur l’emploi. D’autant que les élus régionaux se mobilisent pour défendre le maintien des activités du groupe franco-italien sur leurs territoires. Ainsi, Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes et candidat à sa propre succession, est monté au créneau en portant le dossier de STMicroelectronics jusqu’au sommet de l’État : l’Élysée.

 

Ce 27 octobre, il reçoit, à Lyon, les délégués CGT du groupe. Histoire de les écouter et de leur exposer sa position en faveur d’une stratégie industrielle en microélectronique à l’échelle européenne. L’intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC et UNSA) a également rendez-vous à Bercy, le 24 novembre 2015, pour faire le point sur la situation. Plus que jamais, les difficultés de STMicroelectronics deviennent un dossier politique sensible.

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