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STMicroelectronics présente des résultats décevants et reste prudent pour 2012

[ACTUALISE] - Le fabricant de composants électroniques compte pourtant sur un rétablissement des marchés. Mais mardi, après la publication de résultats moyens, les dirigeants de STMicro ont décidé de faire profil bas.
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STMicroelectronics présente des résultats décevants et reste prudent pour 2012
STMicroelectronics présente des résultats décevants et reste prudent pour 2012 © D.R.

"2011 fut une année spéciale, qui au final aura été très différente de celle que nous envisagions en raison notamment de catastrophes naturelles." Le PDG de STMicro Carlo Bozotti fait référence au séisme au Japon, qui a affecté le marché des semi-conducteurs. Le dirigeant évoque également "une économie et d'un marché plus volatils".

Le bénéfice net du groupe a baissé de 22% l'an dernier, à 650 millions de dollars. Le chiffre d'affaires a lui reculé de 6% à 9,7 milliards de dollars. STMicro a basculé dans le rouge au quatrième trimestre, avec une perte de 11 millions de dollars.

En fait, c’est un sacré trou d’air que vient de traverser STMicroelectronics. Si le catastrophique quatrième trimestre 2011 n’a pas, à lui seul, annihilé les honorables résultats du début de l’année, la tendance est franchement mauvaise.

Même dans les secteurs où la société d’origine franco-italienne se distingue, les résultats du quatrième trimestre sont en retrait par rapport à ceux de 2010. Sur l’année, les ventes sont en hausse de 18 % dans le secteur de l’automobile, mais au quatrième trimestre, elles sont en baisse de 6 %.

Le boulet ST-Ericsson

Si 2012 devrait être plus favorable, les dirigeants de STM ne prévoient pas d’embellie avant le second semestre. "Nous pensons que le marché des semi-conducteurs va se rétablir, mais nous préférons rester prudents sur l'ampleur de ce rétablissement étant donné le contexte macro-économique incertain en Europe", explique Carlo Bozotti.

La société continue par ailleurs de traîner comme un boulet la coentreprise ST-Ericsson. Carlo Bozotti le reconnaît : "Pour ST-Ericsson, la gestion de la phase de transition du portefeuille de produits hérités vers de nouveaux produits s’est révélée plus difficile que prévu du fait de changement de l’activité de l’un de ses plus grands clients et de ses plans de développement". Comprenez, les difficultés de Nokia ont plombé ST-Ericsson.

Une violente solution chirurgicale n’est pourtant pas à l’ordre de jour. Comme chaque année, le redressement du vilain petit canard est annoncé. Mais cette fois, la direction prend le taureau par les cornes.

Didier Lamouche, directeur général de STM, a été détaché sur ST-Ericsson comme PDG. Il promet la publication d’une roadmap d’ici à quelques semaines et une réorganisation pour la fin du mois de mars.

Et il compte bien profiter — enfin – des compétences des deux maisons mères pour créer des synergies, et met en avant l’avantage d’être un fabricant, là où ses principaux concurrents (Qualcomm, Broadcom, nVidia) sont des fabless. La persévérance pourrait payer.
Fin 2011, Sharp a annoncé l’adoption du modem Thor de ST-Ericsson pour ses nouveaux smartphones et Nokia celle de la plate-forme NovaThor pour ses futurs Windows Phone.

Par Rémy Maucourt et Patrice Desmedt

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