Actualité web & High tech sur Usine Digitale

STMicroelectronics : que devient l’usine Crolles 2 après l’arrêt des décodeurs ?

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

La sortie de STMicroelectronics des décodeurs et box internet soulève des interrogations sur la pérennité de l’usine Crolle 2, près de Grenoble. Mais selon la direction, tout serait fait pour assurer la survie industrielle du site.

STMicroelectronics : que devient l’usine Crolles 2 après l’arrêt des décodeurs ?
STMicroelectronics : que devient l’usine Crolles 2 après l’arrêt des décodeurs ? © Pascal Guittet

STMicroelectronics a décidé de sortir progressivement des décodeurs et box internet en arrêtant tout développement de nouveaux circuits pour ce marché. Cette décision soulève des interrogations sur la pérennité de l’usine Crolles 2, près de Grenoble.

Cette usine constitue en effet le poste de production le plus avancé du groupe, et donc le haut lieu de circuits numériques de pointe comme ceux dédiés aux décodeurs et box internet. Elle fabrique les puces sur des plaquettes de 300 mm de diamètre, alors que les six autres usines de STMicro dans le monde (Crolles 1, Tours, Rousset, Catane, Agrate et Singapour) le font sur tranche de 200 ou 150 mm.

 

Appel à la sous-traitance pour la fabrication

Le planning de sortie des décodeurs et box internet prévoit une baisse progressive du chiffre d’affaires dans ce domaine : 60 à 70 millions de dollars en 2016, 90 à 100 millions en 2017 et ainsi de suite jusqu’à extinction complète de l’activité qui représente un revenu de 209 millions de dollars en 2015, selon le directeur financier Carlo Ferro. "Mais attention, cela ne signifie pas une baisse d’autant de la charge de travail dans l’usine Crolles 2", prévient-il.

 

Les circuits pour décodeurs et box internet représentent l’essentiel des produits de STMicro fabriqués en sous-traitance chez des fondeurs de semi-conducteurs comme TSMC, Samsung, GlobalFoundries ou UMC. La proportion sous-traitée varie en fonction de la finesse de gravure. Elle atteint 100% pour les produits en 80 nanomètres et presque autant pour ceux en 28 nanomètres. Seuls les circuits en 40 nanomètres sont produits en partie à Crolles 2.

 

L'usine reconfigurée pour fabriquer d'autres produits

L’usine a longtemps été dédiée aux circuits numériques pour mobiles, en grande partie pour Nokia, alors le plus grand client avec près de 15 % du chiffre d’affaires du groupe. Depuis 3 ans, la production a été diversifiée pour pallier l’arrêt des circuits pour mobiles et le démantèlement de ST-Ericsson en 2013. Selon Jean-Marc Chery, directeur de la technologie et de la production, elle représente aujourd’hui 2000 à 2500 tranches par semaine, et son espoir est d’occuper au second semestre 2016 la pleine capacité avec une charge de 3300 à 3500 tranches par semaine. Il mise pour cela sur la croissance d’autres circuits numériques comme les microcontrôleurs, les mémoires Eeprom, les éléments sécurisés ou encore les processeurs d’image pour l’automobile.

 

Sous-utilisation des usines aujourd'hui

Mais Carlo Ferro ne cache pas que l’appareil industriel de STMicro est aujourd’hui sous-utilisé, ce qui coûte cher au groupe. "Pour que nous soyons à un taux d’utilisation optimal, il faudrait que notre chiffre d’affaires atteigne 1,8 milliard de dollars par trimestre", confie-t-il. Au quatrième trimestre 2015, le chiffre d’affaires s’élève à 1,67 milliards de dollars. La progression de l’activité dans les microcontrôleurs suffira-t-elle à relever le chiffre au niveau optimal ? A voir.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale