STMicroelectronics toujours à la peine dans les Mems, la faute à Bosch, à InvenSense et aux chinois

Malgré sa présence chez Samsung et des constructeurs chinois de mobiles,  STMicroelectronics peine toujours à redresser la barre dans ses Mems. Selon Yole Developpement, il déplore une baisse de 6,6% de son chiffre d’affaires dans cette activité en 2015. Et la tendance ne semble pas près de s’inverser, avertit le cabinet.

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STMicroelectronics toujours à la peine dans les Mems, la faute à Bosch, à InvenSense et aux chinois
L'effort de diversification de marchés des Mems de Carlo Bozotti ne porte pas encore ses fruits

STMicroelectronics n’en finit pas de régresser dans les Mems. Alors que le marché mondial a augmenté de 5% à 11,9 milliards de dollars, le fabricant franco-italien de semiconducteurs déplore une chute de son chiffre d’affaires dans ce domaine de 6,6% à 755 millions de dollars, selon Yole Développement. C’est la troisième baisse consécutive depuis 2013. Si le groupe, dirigé par Carlo Bozotti, reste numéro deux du marché derrière Robert Bosch, il est désormais talonné par Texas Instruments (715 millions de dollars de chiffre d’affaires dans les Mems).

Des concurrents chinois de plus en plus visibles

Alors pourquoi ce déclin ? "Il s’explique par la pression sur les prix et la montée de la concurrence sur le marché des capteurs inertiels, qui constitue encore le gros de l’activité de ST dans le Mems", répond Eric Mounier, analyste sénior chez Yole Développement. En plus de Robert Bosch et InvenSense, qui lui ont subtilisé la totalité du marché de l’iPhone, STMicroelectronics fait face aux ambitions des chinois sur ce marché.

Selon le cabinet français, il y aurait déjà une dizaine de petits acteurs, pour la plupart falbless, représentant ensemble 5% du marché mondial en 2015. Deux d’entre eux figurent déjà dans le Top 30 : AAC (140 millions de dollars) et GoerTek (84 millions de dollars). "Ils sont de plus en plus actifs et deviennent visibles sur le marché », constate Eric Mounier. Ce qui gêne STMicroelectronics dans sa stratégie de développement en Chine visant à compenser la perte de l’iPhone d’Apple.

Un autre facteur tient dans l’évolution négative de l’activité de fonderie. Le groupe franco-italien fabrique en sous-traitance des Mems de têtes d’impression au jet d’encre, essentiellement pour HP Inc. Un marché en régression depuis des années, selon Eric Mounier. Résultat : STMicroelectronics a vu le revenu de cette activité chuter de 245 millions de dollars en 2012 à 152 millions en 2015. Et la baisse devrait se poursuivre avec le déclin de l’impression à jet d’encre.

Très exposé aux mobiles

STMicroelectronics souffre aussi de sa position sur un seul marché. Contrairement à Robert Bosch, qui marche solidement sur deux pieds, l'un dans l’automobile, l’autre dans le grand public, il reste fortement dépendant des mobiles. Il tire 90% de ses revenus dans les Mems grand public et 80% des mobiles. "Un marché extrêmement volatile, où les positions changent très vite en fonction des mobiles lancés sur le marché et des contrats perdus ou gagnés", note Guillaume Girardin, analyste chez Yole Développement.

Pourtant, depuis la perte du marché de l’iPhone en 2013, Carlo Bozotti a donné l’ordre de diversifier la clientèle dans l’automobile, le médical ou encore les objets connectés. "Pas facile de le faire, estime Guillaume Girardin. Le marché de l’automobile est très difficile à pénétrer par ST qui vient du monde des semiconducteurs. Il reste contrôlé par des acteurs du secteur comme Robert Bosch. Il demande un travail de longue haleine. Il faut attendre longtemps avant qu’il commence à produire ses effets."

Présence dans le Galaxy S7 de Samsung

STMicroelectronics se targue d’être présent dans l’Apple Watch, l’iPad, le Galaxy S6 de Samsung et des mobiles chinois comme OnePlus, Huawei ou Xiaomi. "Mais les volumes en jeu n’ont rien à avoir avec ceux de l’iPhone, modère Guillaume Girardin. Et Samsung est en perte de vitesse."

Selon Chipworks, le groupe franco-italien peut s’enorgueillir d’avoir emporté le marché de trois Mems (centrale inertielle à 8 axes, gyroscope et Autofocus) dans le Galaxy S7, le nouveau smartphone vedette de Samsung. Cela va-t-il le sortir enfin de l’ornière ? Pas sûr. "On ne voit pas encore de signes d’une inversion de tendance, confie Eric Mounier. ST a entrepris beaucoup d’effort pour diversifier son portefeuille de produits, sa base de clients et ses marchés, et capter des relais de croissance en Chine. C’est une bonne stratégie. La décélération de sa baisse, qui était de 20% en 2014, en est le résultat."

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