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Strasbourg, berceau de la "medtech"

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À mi-chemin entre recherche et industrie, le campus des technologies médicales imagine les solutions thérapeutiques de demain.

Strasbourg, berceau de la medtech
L’Ircad, le centre de recherche et de formation en téléchirurgie alsacien, accueille un biocluster dans les haras rénovés de Strasbourg.

Implanter 50 entreprises, créer 2 000 emplois, former 10 000 professionnels de santé par an… Voilà la feuille de route du campus des technologies médicales (TechMed). Ce projet d’une trentaine d’hectares se construit pas à pas sur le site historique des hospices civils de Strasbourg. Les membres de son comité de pilotage sont l’Eurométropole, l’État, le pôle de compétitivité Alsace BioValley et les hôpitaux universitaires et l’université de Strasbourg. Le but : "Développer l’économique à partir du monde médical, créer l’hôpital de demain", résume Didier Frommweiler, le directeur général d’Alsace BioValley. Il s’agit de regrouper l’ensemble des activités de développement des dispositifs médicaux, de la conception jusqu’à l’usage clinique. L’attribution à l’Alsace du label French Tech pour la thématique des medtech renforce cette ambition.

 

Trois lieux d’accueil pour start-up

 

La pierre angulaire du campus est l’IHU de Strasbourg, l’institut de chirurgie guidée par l’image. Issu des investissements d’avenir, il sera opérationnel en 2016. Le bâtiment est en cours de construction près de l’hôpital civil et de l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (Ircad), spécialisé dans la chirurgie mini-invasive. Il disposera de 14 blocs hybrides équipés de systèmes d’imagerie intra-opératoire. "L’IHU est une étape déterminante pour attirer les industriels à Strasbourg", estime Jacques Marescaux, le président de l’Ircad et directeur général de l’IHU. Karl Storz, Siemens Healthcare et Dräger sont partenaires du projet. Les américains Covidien et Intuitive Surgical ont également été séduits. "La présence de ces grands industriels est importante pour les start-up, car elles doivent très vite pouvoir se faire aider par un géant", souligne Jacques Marescaux.

 

Le pH8, le BioCluster des Haras et le futur technoparc sont les troix lieux d’accueil prévus pour les jeunes pousses au sein du campus. Aménagé dans un bâtiment historique par l’Eurométropole de Strasbourg, le pH8 accueille sept entreprises, dont GE Healthcare qui y a emménagé après avoir acquis une start-up ayant développé une solution de suivi et d’optimisation de l’exposition des patients aux rayons X. Autres entreprises prometteuses, Rondol et ProTip Medical. La première produit des extrudeuses pour la transformation des polymères à l’échelle micro. Ses clients : les industriels de la pharmacie et des matériaux, les universités et les centres de recherche. La seconde a inventé le premier larynx artificiel et a annoncé une levée de fonds de 4 millions d’euros pour la précommercialisation d’un implant intra-laryngé.

 

SEW-Usocome, vitrine de la plate-forme de Brumath

Avec ses 32 000 m² et ses lignes épurées, la nouvelle usine de SEW-Usocome en impose. Sur la plate-forme départementale d’activités de la région de Brumath (Bas-Rhin), elle emploiera bientôt 500 salariés. Une belle vitrine pour cette zone de 100 hectares consacrés à l’industrie et à la logistique. "La présence de l’autoroute nous permet d’avoir des liaisons rapides vers nos sites de Haguenau (Bas-Rhin) et Forbach (Moselle), mais aussi vers la région parisienne et le Sud", souligne Christian Sibileau, le responsable communication de SEW-Usocome. À proximité, on trouve Tools (outillage), qui sera bientôt rejoint par Brennenstuhl (équipements électriques et électroniques). "Depuis un an, nous n’avons plus de contacts pour une implantation industrielle", regrette Étienne Wolf, le maire (LR) de Brumath et vice-président du conseil départemental. La situation de la plate-forme, à 20 kilomètres seulement de Strasbourg, permettra de relancer les discussions lorsque la reprise sera là.

 

 

Un technoparc pour pallier le manque d’espace

 

Le bâtiment des haras de Strasbourg a pour sa part été rénové par l’Ircad. Consacré à l’innovation chirurgicale, il accueille des start-up (cinq actuellement) spécialisées dans le transfert de technologies développées par l’Ircad et l’IHU. Parmi elles, Visible Patient, dont le service de modélisation 3 D des patients permet d’obtenir des gestes opératoires plus précis. Près de 200 créations d’emplois sont prévues d’ici à 2020, dont un bon tiers à Strasbourg.

 

Aujourd’hui, la place vient à manquer. "Les entreprises qui veulent s’agrandir frappent à notre porte en nous demandant si nous n’aurions pas des espaces qui correspondent à leurs besoins", constate Didier Frommweiler. Le futur technoparc devrait répondre à cet enjeu. Mais ce projet a pris du retard et ses contours restent flous. En attendant, l’Eurométropole a aménagé le deuxième étage du pH8, où 300 m2 supplémentaires accueilleront dès cet été trois nouvelles entreprises.

 

Ces autres écosystèmes

Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) Le parc d’innovation de Strasbourg accueille 7 000 personnes : étudiants, enseignants et salariés d’une soixantaine d’entreprises. Plus de 50 % de l’activité sont liés aux sciences de la vie et de la santé.

Mulhouse (Haut-Rhin) Le KMØ, emblématique de la candidature alsacienne à la French tech, redonnera vie à deux sites industriels. Il accueillera des entreprises, le TechLab et des activités de formation.

Cernay (Haut-Rhin) Endress + Hauser, Du Pont de Nemours, Valmet ou Landolt sont les chefs de file des zones industrielles Est et Europe qui bénéficient d’investissements réguliers. On y recense plus de 30 entreprises et pas loin de 1 500 emplois.

Lauterbourg (Bas-Rhin) Le projet de création d’un terminal à conteneurs sur le port devrait favoriser le développement d’une zone de 48 hectares connectée au Rhin, au rail et à l’autoroute.

Reichstett (Bas-Rhin) Brownfields va reconvertir les terrains de la raffinerie fermée en 2011. La société aménagera une ZAC de 65 hectares destinée aux grandes entreprises comme aux PME.

 

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