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Strate, pour façonner des designers d'interaction

École de design industriel très orientée vers la mobilité, Strate École de design propose aussi d’une option "Design d’interaction", qui forme aussi bien au design d’objets communicants qu’au service dans un monde digital.

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Strate, pour façonner des designers d'interaction

Pour Strate, école de design (ex. Strate Collège), le numérique reste un paradoxe. Alors que les briefs des entreprises ou les thèmes des concours sont à 80 % liés à l’interaction et au numérique, seul 20 % des étudiants (au mieux) choisissent cette spécialité. Pourtant, les élèves décrochant le diplôme mention design d’interaction de cette école de design industriel privée, trouvent plus facilement un emploi que les autres. Et l’école est désormais totalement en ordre de marche pour former au mieux les étudiants à ces nouvelles problématiques.

Le numérique s’est en effet infiltré partout dans l’école de Sèvres (Hauts-de-Seine) Même si en première année, les étudiants ne touchent pas aux ordinateurs - "tout est fait à la main pour acquérir des réflexes, des méthodes artistiques sans utiliser l’ordinateur", explique Dominique Sciamma, le directeur de l’école - ils sont tous ensuite formés aux outils numériques de conception. Seuls les modeleurs (12/15 par an) formés en 3 ans à l’interprétation physique des propositions des designers, utilisent la maquette numérique dès la première année.

Plus de 130 heures de formation aux outils numériques

Les étudiants designers, qui suivent un cursus de cinq ans, sont formés aux différents outils de modélisation 2D et 3D à partir de la 2e année, suivant leur spécialisation. Les designers d’interaction et choisissant l’option packaging-Retail (design d’espace/commerce) devront maîtriser le logiciel d’animation 3Ds Max (Autodesk), car ils sont amenés à travailler sur la narration, mais aussi à un outil de CAO mécanique Solidworks (Dassault Systemes). Ceux s’intéressant à la mobilité (auto) travailleront sur l’outil de style Alias (Autodesk) et de CAO 3D mécaniques Catia (Dassault Systemes). Les designers produit utiliseront aussi Rhino3D, un logiciel de modélisation 3D surfacique. Ils consacreront à ces apprentissages en moyennes 36 heures la deuxième et 4e année et 72 heures par an la troisième année. La 5e année étant exclusivement réservée aux projets personnels.

L'école en chiffres
Date de création : 1993
Recrutement : 150 étudiants par an, toutes admissions confondues
Durée des études : 5 ans en design.
Diplôme : Designer Industriel reconnu au Niveau 1 par le RNCP
Coût (2014-2015) : 1re année 7500 euros, 2e, 3e et 4e 9080 euros et 8300 la 5e année
Salaire de sortie : 28 000 bruts annuels
Nombre d’élèves en 2013-2014 : environ 500
Nombre d’anciens élèves : environ 1 000
Localisation : Sèvres, 92310
Durée obligatoire des stages : 18 mois au total (de 1 à 6 mois selon les stages)
Nombre de partenariats à l’étranger : 23
Outre la maîtrise des outils numériques, Strate propose depuis septembre 2013 une "majeur" (spécialisation à partir de la 3e année) design d’interaction. Elle existait déjà auparavant, mais sous une autre forme et était baptisée "système et objet interactif ". Une spécialisation choisie en connaissance de cause. Les étudiants de 2e année devant mener un projet dans chacune des quatre majeurs (produit, packaging-retail, interaction, mobilité). "Les designers d’interaction sont amenés à structurer le rapport aux technologies (numérique, biotechnologies), et avec tout ce que cela induit : à la transversalité, la complexité (pensée systémique) et l’expérience. Pour Strate, les enjeux du numérique dépassent l’ordinateur, le téléphone et ses avatars… Tous les objets, la maison, les vêtements jusqu’aux services, sont concernés ", explique Dominique Sciamma.

Le directeur pense savoir pourquoi, alors que le numérique est au cœur du design aujourd’hui, sur une promotion de 90 étudiants, seuls 15, aux mieux 20 étudiants, s’orientent ver le design d’interaction : "Si ce nombre n’augmente pas autant que je le souhaiterais, c’est peut-être à cause de nos formats et à une forme d’ambiguïté. Les étudiants, qui vivent déjà dans un monde numérique, n’ont pas envie de plus d’immatérialité. Et ils ont le sentiment que tout le monde va en faire du numérique dans les produits, la mobilité, le retail ".

Deux master spécialisés

L’École est aussi confrontée au même défi que nombre d’entreprises : trouver des compétences pour former à ce nouveau design. "Nous avons recruté Michel Lévy-Provençal, qui a lancé les TEDx Paris. Son ancien directeur technique gère notre laboratoire Arduino (électronique open source)." Et les étudiants peuvent mener leurs stages de 3e, 4e voire 5e année chez Orange, Microsoft, des start-up comme l’agence Joshfire ou la start-up Sensorit. En dernière année, en parallèle à leur projet de diplôme, les étudiants peuvent aussi participer au programme CPI (conception de produit innovant) commun avec Centrale Paris et l’Essec, prix Art science Telecom ParisTech, ou à la Chaîne de l’innovation d’Accenture. "Dans tous ces programmes, l’interaction est omniprésente", observe Dominique Sciamma.

Enfin, Strate affiche le design d’interaction, notamment la robotique de services, comme un axe fort de son activité de recherche, lancée il y a 3 ans et qui a donné lieu à la création de deux masters. L’un avec les Arts et métiers Paris Tech dispose de 12 places : moitié designers, moitié ingénieurs. L’autre master avec Télécom Paris Tech, baptisé "Architecte de l’imaginaire", démarre en octobre 2014 et est très lié aux sciences humaines et sociales. Un vaste champ exploratoire du design d’interactions de demain.

Aurélie Barbaux

"La démarche design appliquée au numérique permet de se concentrer sur les problèmes et les réponses"
Arthur Bodolec, 26 ans, diplômé en 2010, cofondateur et designer @Feedly, à Palo Alto

"Comme beaucoup, je suis entré à Strate collège dans l’idée de concevoir des voitures. Avec en plus l’idée de poursuivre mes études dans une école de commerce, car j’étais intéressé par l’entreprenariat. Mais au moment de choisir l’option de troisième année, je me suis aperçu que dessiner des voitures n’était pas ce que je voulais faire. Or Dominique Sciamma lançait justement une nouvelle majeure " design d’interaction ", dédiée à la conception des univers connectés de demain. On a été une dizaine a la choisir. On ne savait pas trop dans quoi on se lançait. Pour moi, qui souhaitait écrire des scénarios de vie pour le futur, c’était parfait. D’autant que la démarche design appliquée au numérique permet de se concentrer sur les problématiques et les réponses et de repousser les questions techniques, à la fin. La contraintes du numérique étant bien moindre que pour les objets. Une fois diplômé, j’ai commencé une activité freelance, travaillant notamment avec le Camping et Gemalto. Mais suite avec un échange de mail avec les premiers fondateur de la start-up Feeldy à Palo Alto (Californie), pour me plaindre de l’interface de leur service de curation de flux numérique, ils m’ont proposé, d’abord de réfléchir un projet, puis de rejoindre l’équipe de co-fondateur… J’ai eu de la chance."

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