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SumUp, le petit boîtier européen de paiement aux grandes ambitions internationales

Basée au Royaume-Uni, la fintech SumUp a mis au point une gamme de lecteurs de cartes bancaires. Derrière un petit boîtier blanc de paiement, son produit phare, se cache une start-up européenne qui veut devenir l’outil préféré des professionnels indépendants. Les précisions de Laure Faretti, responsable du développement France.
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SumUp, le petit boîtier européen de paiement aux grandes ambitions internationales
SumUp, le petit boîtier européen de paiement aux grandes ambitions internationales © SumUp

Jusqu’ici plutôt discrète, SumUp est une fintech basée au Royaume-Uni qui propose des solutions de paiement aux entreprises, en magasin et en ligne. Elle est surtout connue pour avoir créé une gamme de boîtiers permettant de payer par carte bancaire, mais plus compacts et moins coûteux que les terminaux de paiement classiques. Ils sont dédiés notamment à un usage en mobilité.

Elle vise ainsi les entreprises comme les chauffeurs de taxi, les services à la personne (ex. coiffeurs à domiciles), ou encore les artisans et les petits commerces, mais elle compte également parmi ses clients des entreprises comme DHL en Allemagne, Axa Banque ou encore La Poste Mobile.

"Notre produit d’appel cible tout particulièrement les commerçants et PME/TPE à qui les banques ne proposent pas de terminaux. Nous permettons donc à ces petites entreprises d’accéder à la digitalisation des paiements", rappelle de Laure Faretti, responsable du développement France. Le profil d’un utilisateur est le profil type ? "Un homme ou une femme - à part égale - entre 44 et 55 ans, souvent en reconversion professionnelle. Notre cible, ce sont les créateurs d’entreprises".

Une commission prélevée sur chaque transaction
SupUp se présente sous la forme d’un petit boîtier décliné en deux formules. Le premier, le SumUp Air, permet d'accepter toutes les cartes bancaires à l’aide d’un smartphone connecté en blutooth et doté d’une application faisait office de logiciel de caisse. Le second, plus haut de gamme et baptisé SumUp 3G, est autonome, ne nécessite pas de smartphone et est simplement relié à une imprimante.

L'inscription se fait intégralement en ligne, et l’utilisateur paie le boîtier. Une fois reçue, une configuration simple et rapide permettent aux commerçants d'effectuer des transactions numériques en quelques minutes après avoir reçu leur terminal de paiement par carte. L’activation du compte est immédiate, avec en parallèle une vérification des données pour éviter toute fraude. La solution s’intègre à des logiciels de la restauration et du retail, comme Wix.

SumUp se rémunère à une commission prélevée sur chaque transaction. En cas d’inactivité, il n’a donc aucun frais. Parmi les autres avantages de la solution, l’absence d’un plafond minimum, qui est "un facteur bloquant pour les consommateurs", note la responsable.

Une boîte à outils au-delà du paiement
Créée en 2011 par Daniel Klein et Marc Christ, la start-up est désormais partagée entre Londres et Berlin, où sont basées les équipes marketing et produits. Elle est également bien implantée au Brésil, son premier marché mondial, ainsi qu’à Varsovie et Copenhague depuis les rachats respectifs des sociétés Shoplo et Debitoor, en 2019. En Europe, c'est l'Italie qui occupe la tête.

La période de Covid-19 a été éprouvante pour les équipes, mises un temps en activité partielle. Les mesures du confinement ont entraîné la chute de l’utilisation de ses boîtiers, tout comme la limitation des déplacements de certaines professions. Mais l’augmentation des paiements par carte et des paiements sans contact a permis, après un retour des équipes à 100%, d’enregistrer une bonne reprise cet été.

Les équipes ont mis sur pied et en un temps contraint de nouveaux produits comme le paiement par lien, très prisé dans le cadre du clickandcollect ou l’e-shop, qui permet d’associer l’ensemble d’un catalogue. La start-up a par ailleurs lancé la carte SumUp, permettant l’émission et la réception de paiements, qui vient en complément des solutions existantes.

"Les outils comme l’édition de factures ou l’e-shop sont gratuits, avec une commission lors des paiements. Nous voulons offrir à nos clients une boîte à outils complète centralisée", résume Laure Faretti. SumpUp travaille également sur "un nouveau boîtier qui va être adaptable et personnalisable, avec un portefeuille complet de fonctionnalités". La société propose aussi une solution POS (Point of sale,) avec un logiciel de caisse, ou encore le paiement par lien via WhatsApp et SMS par exemple.

200 millions d’euros de CA en 2019
Elle veut convaincre de plus en plus de professionnels confrontés à une clientèle qui utilise de moins en moins le paiement en espèce, praticité et conditions sanitaires qui n’ont pas de liquide sur eux. L’entreprise, en croissance de 30% l’année passée, espère retrouver son niveau de croissance des années précédentes, soit 100%. SumUp, qui figure selon l'étude 'Inc. 5000' parmi les fintech à la croissance la plus rapide d’Europe, revendique 3 millions de commerçants dans le monde. La fintech opère sur 33 marchés, principalement le continent américain et l’Europe. Le chiffre d’affaires annuel communiqué, à 200 millions d’euros, remonte à 2019. "Nous voulons être la société préférée des petits entrepreneurs", conclut Laure Faretti.

Si l’entreprise affirme que le bouche-à-oreille fonctionne bien, elle travaille la notoriété de la marque, avec le lancement de campagnes multicanales, dont l’une diffusée à la télévision française, et des équipes locales déployées par marché, à la fois pour le marketing et les commerciaux sur le terrain. Elle vise désormais une expansion sur les pays du Benelux et de la Scandinavie, et vient de pénétrer les marchés chilien et colombien. Elle a levé 330 millions d'euros en 2019, puis 100 millions l’année dernière, et projette un nouveau tour de table en 2021.

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