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Tencent chercherait à devenir le premier actionnaire d'Ubisoft

Vu ailleurs Le groupe chinois, leader mondial du jeu vidéo, aurait l'intention de monter au capital de l'éditeur français Ubisoft, qui a toujours résisté à toutes les tentatives visant à le racheter.
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Tencent chercherait à devenir le premier actionnaire d'Ubisoft
Tencent chercherait à devenir le premier actionnaire d'Ubisoft © Ubisoft

À la suite de la chute de son cours à la Bourse de Paris de moitié en 2021, et des grands mouvements de consolidation sur le secteur du jeu vidéo, on s'attend depuis plusieurs mois à ce qu'UbiSoft soit la cible d'une OPA. Depuis janvier dernier, le cours de l'action rebondit régulièrement sur des rumeurs de rachat. C'est le cas depuis jeudi 4 août, après un article de Reuters affirmant, de sources proches du dossier, que le chinois Tencent chercherait à en devenir l'actionnaire principal.
 

le leader mondial cherche à accélérer son internationalisation

Tencent Holdings possède déjà 5% du capital du groupe français depuis 2018. Selon l'agence de presse, le groupe chinois serait entré en contact avec la famille Guillemot, les fondateurs, qui détient 15% du capital. Tencent serait prêt à payer 100 dollars par action, alors que celle-ci plafonnait à 42 euros avant l'information de Reuters. Le chinois chercherait également à racheter une partie du flottant.

Ce deal permettrait à Tencent d'accélérer son internationalisation, dans un contexte où la croissance sur son marché domestique est soumise aux obstacles placés sur sa route par le régime chinois. Dans le but affiché de protéger la jeunesse contre la consommation excessive de jeu vidéo, la Chine a limité le temps de jeu en ligne pour les mineurs et suspendu pendant un temps la sortie de nouveaux titres, ce qui a fait chuter dramatiquement les bénéfices et la croissance de Tencent. Le groupe a également fermé en juin sa plateforme Penguin Esports, face à la concurrence de Twitch.

Tencent s'est imposé dans le secteur grâce à des acquisitions successives de studios internationaux, tels que Riot Games (League of Legends) en 2011 et Supercell (Clash of Clans) en 2016, et des prises de participations, notamment dans Epic Games (Fortnite) et le français Voodoo. Son jeu mobile Honor of Kings, l'un des plus populaires en Chine (plus de 140 millions de joueurs actifs), devrait bénéficier d'une version internationale cette année. Cette semaine, Tencent a annoncé son partenariat avec Logitech pour lancer une console de jeu portable dédiée au cloud gaming. Avec plus de 25 milliards de dollars de revenus annuels générés par son activité jeu vidéo, Tencent est le leader mondial du secteur.

ubisoft, une cible qui se défend

Ubisoft, de son côté, a enregistré sur son exercice 2021-2022 une baisse de 4,4% de son chiffre d'affaires à 2,12 milliards d'euros et un résultat net en recul de 23%. La sortie de son jeu le plus attendu, Avatar, a été repoussée de fin 2022 à 2023 ou 2024. L'éditeur d'Assassin's Creed, Rayman et Far Cry est l'un des rares groupes encore indépendants sur le marché, avec Take-Two (qui a racheté Zynga en janvier) et Electronic Arts.

Le cours d'Ubisoft avait déjà rebondi en janvier 2022 après l'annonce du méga-rachat d'Activision Blizzard par Microsoft, pour 68,7 milliards de dollars. Rebelote en mai dernier, sur une rumeur de rapprochement de la famille Guillemot avec un fonds d'investissement, qui lui aurait permis de racheter ses actions pour sortir de la cote afin de se prémunir justement contre une OPA hostile, comme celle lancée par Vivendi quelques années plus tôt. Jusqu'à présent le groupe français a toujours réussi à résister aux tentatives de rachat. En 2004, Electronic Arts s'était lui aussi cassé les dents.

Lors de la présentation de ses résultats en février dernier, Yves Guillemot déclarait : "Ubisoft peut rester indépendant. Nous avons le talent, l'envergure industrielle et financière, et un large portefeuille de licences puissantes. Cela étant dit, s'il y avait une offre pour nous acheter, le conseil d'administration l'examinerait bien sûr dans l'intérêt de toutes les parties prenantes".