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[Test] HTC Vive Focus 3 : Un casque VR de qualité pour les pros, mais pas sans lacunes

Test Le Vive Focus 3 est un grand bond en avant par rapport au casque de réalité virtuelle précédent de HTC. Positionné face à l'Oculus Quest 2, il se veut premium et est strictement dédié aux professionnels. Mais tient-il toutes ses promesses ?
mis à jour le 28 janvier 2022 à 13H00
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[Test] HTC Vive Focus 3 : Un casque VR de qualité pour les pros, mais pas sans lacunes
[Test] HTC Vive Focus 3 : Un casque VR de qualité pour les pros, mais pas sans lacunes © D.R.

Le Vive Focus 3 est la réponse de HTC à l’Oculus Quest 2. Ce casque tout-en-un dédié aux usages professionnels s’inspire largement de son concurrent, mais cherche à faire mieux pour s’imposer comme une alternative premium. Qu’en est-il vraiment ?

HTC nous a fait parvenir un exemplaire du Vive Focus 3 que nous avons pu tester extensivement. Lorsqu’on enfile le casque, on comprend tout de suite que le constructeur taïwanais a mis l’accent sur deux points en particulier : le confort et la qualité d’affichage.

Une qualité d'affichage hors pair
Commençons par l’écran. Avec une résolution de 2448 x 2448 pixels par œil (sur dalle LCD) combinée à de nouvelles lentilles, le Focus 3 offre une netteté inégalée jusqu’alors. L’effet "moustiquaire" propre aux premières générations de casques comme le HTC Vive original a complètement disparu. Cette résolution est servie à une cadence de 90 Hz et avec un champ de vision diagonal d’environ 120°. Il est plus large à l’horizontale, mais un peu réduit à la verticale.

Le résultat est une expérience visuelle sans commune mesure sur le marché. A noter aussi que le réglage de l'IPD se fait toujours à l'aide d'un bouton glissière, par opposition au réglage en trois points (moins précis) du Quest 2.

Très confortable... si on arrive à bien le régler
L’autre élément marquant est le design. Le Vive Focus 3 est fabriqué dans un alliage de magnésium que HTC décrit comme 20% plus léger et 500% plus solide que les matériaux composites traditionnellement utilisés pour ces appareils. Dans les faits, il pèse 785 grammes, soit sensiblement plus que l’Oculus Quest 2 (503 g). Mais la batterie, située à l’arrière, sert de contrepoids et rend le casque très agréable à porter.

Seul bémol : l’arceau qui sert de système d’attache est fixé de façon rigide au bloc arrière et à la partie avant, ce qui veut dire qu’il n’est pas possible d’incliner le devant de l’appareil comme on le voudrait pour un confort maximal. Cela n’a pas été gênant dans notre cas et l’expérience fut plaisante, mais différentes morphologies pourraient être moins à l’aise. La zone des lentilles procurant la netteté maximale (dit "sweet spot") étant relativement petite, il est aussi important que le casque soit bien centré pour profiter de sa qualité d’affichage.

Très bruyant et avec un son trop faible
Les capacités de calcul sont assurées par le Snapdragon XR2 de Qualcomm, qui équipe aussi l'Oculus Quest 2. Ce System-on-a-Chip spécialement optimisé pour la réalité virtuelle et augmentée est la référence du secteur à l’heure actuelle, avec une puissance de calcul deux fois supérieure à celle du Snapdragon 835 qui équipait le Vive Focus premier du nom. Il est accompagné de 8 Go de RAM et de 128 Go de stockage interne. Un port MicroSD situé sur la face intérieure du casque (et donc peu pratique d’accès) permet d’augmenter le stockage jusqu’à 2 To.

Abordons maintenant un point noir très important : le Focus 3 utilise un système de refroidissement actif (avec un petit ventilateur) pour tirer le maximum de performances du Snapdragon XR2. Le souci est que ce dernier est très bruyant, et que la puissance sonore des haut-parleurs du casque est parallèlement très basse. Le résultat est qu’on a souvent du mal à entendre le son d’une expérience, même dans un environnement totalement silencieux. S’il y a du bruit environnant, écouter des instructions devient vite très difficile voire impossible.

Le Vive Focus 3 dispose cependant d’un port jack 3.5 mm permettant de brancher des écouteurs externes, ce qui pallie un peu le problème. Il a aussi deux ports USB 3.2 Gen 1 type C et gère le Bluetooth 5.2. Néanmoins, si l’on prend en compte les usages mis en avant pour l’appareil (formation professionnelle, design review…), l’utilisation par défaut se fera dans la majorité des cas sans périphérique audio afin de pouvoir dialoguer avec ses collègues. Dans ces conditions, la mauvaise qualité sonore et le parasitage du ventilateur sont un problème non négligeable.



Des contrôleurs repensés à la mode Oculus
HTC a fait beaucoup de progrès du côté des contrôleurs, qui utilisent désormais un tracking optique et plus par ultrasons (comme sur le Focus Plus). Le Focus 3 dispose de quatre caméras en façade placées de façon similaire au Quest 2, et ses nouveaux contrôleurs sont aussi très clairement inspirés de ceux d'Oculus. Ces derniers se sont imposés comme la référence et ont aussi été copiés par HP (Reverb G2) et Sony (PlayStation VR). La disposition des boutons est quasi-identique, mais l’ergonomie reste cependant inférieure à ce que propose le Quest 2.

La performance du tracking est tout à fait correcte, même si elle n’atteint pas le niveau du Quest 2. Pour le type d’expériences auquel se destine le Focus 3 (c’est-à-dire qui ne requièrent pas de mouvements très rapides), ce n’est pas un sujet. Les contrôleurs disposent d'une autonomie d’environ 15 heures entre chaque charge d’après HTC, ce que nous avons confirmé avec un usage varié. Une utilisation soutenue réduira cette autonomie. Les contrôleurs sont équipés d’une batterie Lithium-ion et se rechargent via un double câble USB type-C. A noter cependant qu’aucun chargeur n’est livré avec et qu’il faut donc se le procurer séparément.



Une batterie amovible pour une utilisation intensive
Le casque lui-même se recharge à l’aide d’un port dédié. La raison est qu’il est doté d’une batterie amovible, ce qui permet une utilisation continue tant qu’on dispose de batteries de rechange. La manipulation ne prend que quelques instants et chaque batterie dispose même d’un indicateur de charge. Par ailleurs, les batteries peuvent être chargée de moitié (0% à 50%) en seulement 30 minutes.

Très pratique pour une utilisation intensive telle qu’on en trouve dans les centres de formation, les festivals et autres expositions, ou les centres de divertissement. Dans le même registre, les mousses en contact avec le visage et l'arrière de la tête sont lavables et peuvent être facilement remplacées.

On note qu'une fonction passthrough est disponible, pratique pour vérifier rapidement ce qui nous entoure, mais pas vraiment exploitable pour faire de la réalité augmentée. Une capacité de suivi des mains est également disponible comme alternative aux contrôleurs. Elle reste rudimentaire mais a le mérite d'exister et on peut concevoir qu'elle soit utilisable pour certaines applications simples.

Une interface qui remplit son rôle
Côté applicatif, le Vive Focus 3 est doté d’un environnement d’accueil revu et corrigé. Plutôt propre, il est encore une fois inspiré de ce qu’on trouve sur l’Oculus Quest 2, et rempli donc parfaitement son rôle. Une boutique d’applications professionnelles propose certaines expériences de partenaires (ainsi bien sûr que les produits HTC, comme Vive Sync), mais il tiendra ensuite à chaque organisation de charger les applications qui l’intéresse. Pour le déploiement et l’administration de flottes de casques, une solution de gestion (MDM) éditée par HTC est disponible et compatible avec les leaders du marché.

A noter qu’on y trouve aussi quelques petits jeux, mais que ce n’est pas le marché auquel se destine le casque et qu’il est donc fortement déconseillé de l’acheter dans ce but. Il est possible de le connecter sans fil (par Wi-Fi 6) à un PC, mais on recommandera plutôt pour cet usage un casque PC dédié, comme le Vive Pro 2.

Conclusion
Dernier détail et non des moindres : le prix. Le Vive Focus 3 est vendu 1180 euros hors taxes (soit 1416 euros TTC) avec deux ans de garantie. Chaque batterie supplémentaire coûte 91 euros, tandis que des protections seront vendues séparément pour 45 euros. Il faut comparer cela au prix de l’Oculus Quest 2 : 349 euros. L’offre Oculus for Business ayant disparu au profit d’une utilisation des appareils au prix du marché (possible en passant par App Lab), cela donne une différente de prix conséquente. Même chose comparé au Pico Neo 3 de la start-up chinoise éponyme.

Le Focus 3 a beaucoup d’avantages mais n’est pas sans défauts et il faut donc faire un choix avisé qui prenne en compte les contraintes budgétaires et de déploiement, d’autant que le service après-vente de l’entreprise n’est pas toujours réactif en cas de problème. Il reste un bon choix pour les professionnels qui prévoient un usage intensif de par sa robustesse et ses accessoires et cherchent un matériel qui leur permettra de déployer ce qu’ils veulent, comme ils veulent et quand ils veulent. Le Focus 3 est aussi un progrès encourageant pour HTC, dont on peut espérer que le prochain casque tienne enfin toutes ses promesses.

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