[Test] Pico 4, un casque de réalité virtuelle abordable aux optiques next gen

Le Pico 4 vient défier la dominance du Meta Quest 2 sur le marché des casques VR destinés au grand public. Que vaut ce challenger fasse au tenant du titre ?

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[Test] Pico 4, un casque de réalité virtuelle abordable aux optiques next gen

Pico Interactive, désormais propriété de ByteDance (qui édite notamment TikTok), a voulu frapper fort avec son nouveau casque de réalité virtuelle, le Pico 4. Il marque la véritable entrée du constructeur sur le marché de la VR grand public en Europe, après s’être limité pendant des années au monde professionnel. Pari réussi ?

Ne tournons pas autour du pot : la réponse est oui. Le Pico 4 est doté d’un hardware soigné et d’une interface efficace qui mise sur la simplicité d’utilisation, le tout proposé à 429 euros, soit 20 euros de moins que le Meta Quest 2, actuelle référence du marché.

Un gain important de champ de vision

Ses lentilles de nouvelle génération, dites "pancake", offrent un champ de vision largement supérieur à celui du Quest 2 (105° contre 95°), doublé d’une meilleure netteté qui met en avant sa résolution d’affichage de 2160 x 2160 par œil, elle aussi bien supérieure à son concurrent, même en prenant en compte le champ de vision étendu. C’est néanmoins surtout ce dernier qui fait la différence. Remettre un Quest 2 par la suite donne un peu l’impression de regarder dans une paire de jumelles. Il faut dire que le Quest 2 commence à se faire vieux, ayant été commercialisé en 2020.

En matière de performances, le Pico 4 est aussi proche du Quest 2, avec une puce Qualcomm Snapdragon XR2 Gen 1 épaulée par 8 Go de mémoire LPDDR4X. La fréquence de rafraîchissement varie de 72 à 90 Hz suivant les applications. Nous n’avons rencontré de problème de performances dans aucune des applications de nous avons testées. Même chose pour le tracking, qui s’avère à la fois stable et réactif. Aucun problème à signaler même dans les jeux de sport requérant des mouvements rapides (type boxe).

Confortable et léger

Outre la fidélité visuelle, l’ergonomie est le gros point fort du Pico 4. Sa batterie de 5300 mAh située à l’arrière résulte en une excellente répartition du poids qui fait qu’il n’appuie pas sur le visage et reste confortable même lors de longues sessions. Lors de nos essais (réalisés pendant une dizaine de jours), l’autonomie du casque a été d’environ deux heures. Son temps de recharge de 0% à 100% est de deux heures pile.

L’interface faciale s’attache magnétiquement (très pratique à enlever pour nettoyer) et a été confortable avec notre morphologie. Par défaut elle n’est pas appropriée pour les porteurs de lunettes, mais des espaceurs sont livrés avec le casque à cet usage. Un réglage de l’écart interpupillaire continu allant de 62 à 72 mm permet aussi un meilleur confort.

Rien à signaler au niveau du son des haut-parleurs intégrés, dont le volume et la qualité nous ont semblé tout à fait corrects et dans la norme. On regrette cependant l’absence de boutons sur le casque pour régler le volume à la volée. A noter par ailleurs qu’on entend le ventilateur du casque dans les moments calmes, même si ce n’est pas stridant et ne sort pas de l’expérience. Le Pico 4 ne dispose pas d’un port 3.5 mm, mais des écouteurs peuvent être connectés par Bluetooth 5.1, ou à défaut être raccordés sur le port USB-C.

Des contrôleurs efficaces

Le placement des boutons sur les contrôleurs est identique à celui des contrôleurs Meta, mais avec un bouton de plus sur chaque. Celui du contrôleur droit sert notamment à prendre des captures d’écran, ce qui est très pratique. L’ergonomie des contrôleurs est bonne et aucune latence n’est a déplorer. Les boutons ont un ressenti moins "premium" que ceux du Quest 2, mais remplissent très bien leur rôle. Leur consommation de batterie est par ailleurs très également. A noter que le Pico 4 gère le hand tracking, mais nous n’avons pas eu l’occasion d’en faire l’essai sur les applications que nous avions à disposition.

Une sélection de contenu encore légère

Côté logiciel, l’interface du Pico 4 est similaire à celle du Quest 2 et s’avère simple et efficace. Nous l’avons même trouvée plus lisible et simple à naviguer que celle de son concurrent (en partie car moins d’options sont disponibles), ainsi que moins sujette aux lenteurs de chargement. La création de compte se fait en deux minutes et ne requiert pas de smartphone (contrairement aux casques Meta). Une fonctionnalité de passthrough basique – mais en couleur – est présente et permet de facilement s’installer dans son espace de jeu.

En matière de contenus, on trouve des classiques comme After the Fall, Walkabout Minigolf, Red Matter, Eleven Table Tennis, Demeo, Crisis VRigade 2 ou Resist. Force est néanmoins de reconnaître que la boutique est beaucoup moins fournie que celle de la concurrence. Pas de Bonelab, Moss 2, Red Matter 2, Among Us, Lies Beneath et autres.

Pas trace non plus pour le moment de The Walking Dead: Saints & Sinners, que Pico a annoncé sur sa plateforme (ainsi que sa suite très attendue). Et, cela va sans dire, aucun titre first party de Meta n’est présent : Beat Saber, Supernatural, Resident Evil 4 VR… Les jeux étant le nerf de la guerre pour toute "console" qui soit, il est important de prendre cette donnée en compte avant d’acheter.
Pas de souci pour une utilisation avec des jeux PC en revanche. Grâce à l’application tierce Virtual Desktop, il est possible d’accéder à tous les contenus Steam ou Oculus PC sans réel souci.

Deux options pour le stockage

En matière de stockage, on trouve 128 Go pour le modèle à 429 euros, avec une version 256 Go proposée pour 499 euros. On préférera la seconde option si l’un des usages prévus est le visionnage de films, ces derniers remplissant assez vite l’espace. Pour une utilisation purement gaming c’est plus une affaire de confort, pour éviter d’avoir à retélécharger les titres les plus gourmands. Et si l’objectif est principalement de streamer des jeux PC, c’est complètement dispensable.

Conclusion

Avec ce Pico 4, le fabricant chinois a réussi là où d’autres, comme HTC, avaient échoué jusqu’ici : sortir un casque dont le rapport qualité/prix en fait un concurrent très sérieux au Meta Quest 2. Dans les faits, il surpasse même allègrement son compétiteur sur plusieurs points clés, dont la partie graphique, qui reste la plus importante.

Néanmoins, il pêche pour le moment par un contenu encore limité. Il devrait certes être étoffé dans les mois qui viennent, mais on sait d’ores et déjà que certains titres phares comme Beat Saber, Resident Evil 4, Population: One ou Marvel’s Iron Man VR n’y seront jamais disponibles. Pico devra sans doute investir dans ses propres contenus pour pouvoir rivaliser avec Meta sur le long terme. Là où le Pico 4 tire le plus distinctement son épingle du jeu est pour une utilisation comme casque sans fil pour faire de la VR sur PC. Pour cet usage, il est aujourd’hui sans conteste le meilleur compromis entre prix et performance.

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