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Textile connecté : Cityzen Sciences rompt ses liens avec Eolane, et repart sur de nouvelles bases

Exclusif Que devient Cityzen Sciences, qui devait commercialiser son "D-shirt" connecté fin 2014 ? La start-up lyonnaise a eu du mal à s'entendre avec son partenaire et actionnaire Eolane. Après un an et demi de discussions, l ajeune pousse a rompu ses liens avec l'industriel et se re-positionne désormais sur le marché B2B.

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Cityzen Sciences rompt ses liens avec Eolane, et repart sur de nouvelles bases
Textile connecté : Cityzen Sciences rompt ses liens avec Eolane, et repart sur de nouvelles bases © Cityzen Sciences - Raynal

Ce n'est pas une bataille de chiffonniers, plutôt une divergence de points de vue entre acteurs français du textile connecté. Cityzen Sciences et Eolane se séparent d'un commun accord, quatre ans après avoir lancé ensemble le consortium Smart Sensing avec le spécialiste du textile technique Payet. Eolane était même actionnaire de Cityzen Sciences, avec 45% de son capital. Que s'est-il passé ?

 

divergences technologiques et lutte d'influence

Les deux sociétés n'ont pas réussi à s'entendre sur les solutions technologiques à mettre en œuvre pour créer un géant français du textile intelligent. "Nous considérons que l'approche technologique proposée par Eolane n'était pas adaptée aux attentes du marché, commente Jean-Luc Errant, fondateur de Cityzen Sciences. Nous ne voulions pas nous retrouver dépendants d'Eolane du point de vue technologique". Le créateur de la start-up lyonnaise ne voulait pas non plus d'une prise de contrôle de sa société par l'industriel basé à Angers. "J'ai observé un intérêt grandissant d'Eolane pour s'emparer de la totalité des parts de l'entreprise", explique-t-il.

 

Jean-Luc Errant a préféré négocier une séparation à l'amiable, en rachetant les parts d'Eolane. Un procédé long et complexe qui a fait perdre "un an et demi" à son entreprise, incapable de livrer comme promis ses premiers produits fin 2014. Envolé aussi, le rêve de la création d'un géant du textile connecté capable de produire en France. "C'était pour construire ce projet que nous voulions lever 100 millions d'euros, nous ne pouvions pas le faire seul", argumente Jean-Luc Errant. Le projet Smart Sensing a pris fin et Bpifrance a retiré son soutien.

 

L'emploi préservé, communication délicate en externe

Le retour à la réalité fut brutal pour Cityzen Sciences qui a dû se séparer de commerciaux, faute de produits à vendre. "Nous avons tout de même réussi à conserver nos 22 ingénieurs, les investisseurs de départ ont ré-investi dans l'entreprise", explique le patron. Il a aussi fallu expliquer la situation aux prospects, "qui ont bien compris nos difficultés"… sans pouvoir vraiment communiquer vers l'extérieur. "Je ne voulais rien annoncer tant que les discussions avec Eolane n'étaient pas closes et que nous ne pouvions pas annoncer de premiers clients", explique le patron, qui reconnaît avoir passé des mois difficiles.

 

Virage B2B et nouveaux clients

Cityzen Sciences se dit prêt à repartir à l'offensive avec une nouvelle stratégie. Fini le B2C, pour l'instant : cap sur le B2B, avec une logique "Cityzen Inside" : l'objectif est de vendre les technologies développées par le Lyonnais sous licence à d'autres sociétés. Ses équipes ont re-développé des solutions hardware et software avec la philosophie initiale de la start-up, pour une intégration optimale au tissu. Les premiers contrats arrivent : Cityzen développe un oreiller connecté pour l'allemand Advansa, un outil de suivi des patients pour les cliniques françaises Vivalto et le groupe chinois Meddo et des vêtements connectés pour sportifs avec le groupe japonais Goldwin (qui exploite dans le pays les marques The North Face, Speedo, Helly Hensen…). La collaboration avec Asics est mise en sommeil, Cityzen collaborant avec le groupe concurrent Goldwin.


Jean-Luc Errant veut croire que les difficultés sont derrière lui et que sa société peut repartir de l'avant. "C'est par notre présence sur le marché que je veux prouver que nous avions raison", déclare-t-il. La start-up dit avoir réalisé près d'1 million d'euros de chiffre d'affaires en 2016, alors que son activité commerciale n'a repris qu'en septembre 2016. Et, joli symbole, la start-up équipe Thomas Pesquet pour son aventure spatiale.

 

Contacté par L'Usine Digitale, Eolane n'a pas souhaité commenter cette information à ce stade.

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