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TF1 tenté de passer toutes ses activités digitales dans le cloud d’ici 3 à 5 ans

Cas d'école Le groupe de télévision TF1 héberge en interne ses applications digitales MyTF1 et ne repose sur le cloud que pour le secours. Mais il les revoit pour qu’elles puissent tourner demain sur l’infonuage. Histoire d’être prêt à tout passer sur le cloud dans 3 à 5 ans, si l’équation économique le justifie.

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TF1 tenté de passer toutes ses activités digitales dans le cloud d’ici 3 à 5 ans
TF1 tenté de passer toutes ses activités digitales dans le cloud d’ici 3 à 5 ans © Daniel Rodet - Wikimedia

L’annonce du basculement de toute l'infrastructure informatique de Netflix sur le cloud d’Amazon Web Services a servi de déclic à TF1. Nicolas Theraroz, directeur technique de MyTF1, qui regroupe les activités digitales des quatre chaines du groupe de télévision de Bouygues (TF1, TMC, NT1 et HD1), s’interroge : faut-il conserver encore l’infrastructure informatique en interne ou la migrer sur l’infonuage. Il est tenté de suivre l’exemple du célèbre opérateur de vidéo sur internet. Pour le moment, l’équation économique n’est pas favorable.

 

A lire aussi : Notre interview du directeur de l'innovation de TF1 et patron de sa filiale numérique e-TF1

 

Le cloud coûte aujourd'hui plus cher

"Nous réévaluons régulièrement la situation, explique-t-il. Aujourd’hui, le recours au cloud nous reviendrait beaucoup plus cher que l’exploitation d’infrastructure en propre. Si on devait faire le basculement maintenant, on y réfléchirait deux fois." Mais avec la baisse des prix et les gains d’échelle liés à la généralisation du cloud, la situation pourrait changer. Un mouvement suivi à la loupe par le service technique de MyTF1.

 

Aujourd’hui, MyTF1 héberge l’essentiel de ses applications et contenus vidéo sur un datacenter en propre situé à Aubervilliers, dans la région parisienne. Mais pour des questions de coût, l’infrastructure de secours, miroir de ce datacenter interne, est hébergée sur le cloud d’Amazon Web Services. "Par définition, cette infrastructure de secours ne sert presque jamais, note Nicolas Theraroz. Elle n’est activée que lorsque notre datacenter tombe en panne, ce qui arrive très rarement. Si nous devions la construire en interne, elle nous reviendrait trop cher. L’avantage du cloud est de ne la payer que lorsque nous l’utilisons. Bien sûr, nous devons la maintenir, ce qui coûte. Mais ce n'est rien comparé à ce que nous coûterait un datacenter en propre."

 

Contrainte économique importante

MyTF1 se prépare néanmoins à tout passer peut-être sur le cloud dans 3 à 5 ans quand l’infrastructure interne sera amortie. L’équation économique est difficile. "Les services proposés par MyTF1 sont gratuits, rappelle Nicolas Theraroz. Il importe que leur mise à disposition nous coûte le moins cher possible. Si le cloud devient demain moins onéreux que ce que nous faisons aujourd’hui en interne, cela nous aiderait à respecter nos contraintes de coûts. Sans compter les avantages en termes d'agilité, de flexibilité et de mise à jour."

 

TF1 se prépare activement à cette possibilité. Aujourd’hui, une dizaine de petits services sont hébergés chez Amazon Web Services. Histoire de tester le cloud et d'apprendre à en tirer le meilleur parti. L’un des travaux de l’équipe de 70 personnes du service technique de MyTF1 est d'adapter les applications pour qu’elles puissent demain tourner sur le cloud et apporter les meilleures performances en termes de temps de réponse, disponibilité et sécurité. Pour cela, les développeurs s’appuient sur les outils du service de plate-forme (PaaS pour Platform as a service) d’Amazon Web Services.

 

Vers une approche multicloud

Mais ceci ne préjuge pas des prestataires qui seraient choisis pour la migration de l’infrastructure sur le cloud IaaS (Infrastructure as a service). "Nous préparons nos applications pour qu’elles puissent tourner sur n’importe quelle infrastructure cloud du marché, prévient Nicolas Theraroz. Nous ne nous voyons pas dépendre d’un seul prestataire. Si nous devons basculer demain, nous ferons appel à plusieurs prestataires selon les applications et serons attentifs à l’évolution du marché pour rester prêts à changer de fournisseur si la situation l’exige. Nous travaillons à être en mesure de gérer une infrastructure multicloud." Voilà de quoi réfreiner les espoirs d'Amazon Web Services de tout récupérer chez lui.

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