Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Thales et Google Cloud s'allient pour développer une offre de cloud souverain

Sur le même modèle qu'Orange et Microsoft, Thales et Google forment une alliance pour commercialiser une offre de cloud. Celle-ci aura le label "cloud de confiance", promettent les partenaires, car les données seront hébergées en France dans une infrastructure séparée de celle de Google Cloud.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Thales et Google Cloud s'allient pour développer une offre de cloud souverain
Thales et Google Cloud s'allient pour développer une offre de cloud souverain © Google Cloud

Thales et Google Cloud annoncent ce mercredi 6 octobre la signature d'un partenariat stratégique pour développer "une offre de cloud souverain" à travers la création d'une nouvelle société. Les deux entreprises espèrent attirer des institutions et des entreprises qui traitent des données particulièrement sensibles. 

L'offre répondra aux critères du "cloud de confiance", promettent les partenaires. Ce label, présenté en mai dernier par le gouvernement dans le cadre de la stratégie "Cloud au centre", est décerné par l'Agence national de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

A travers le respect d'une série de critères, il vise à assurer que les données sont hébergées sur le territoire français et non soumises aux lois étrangères. Il permet également à des entreprises américaines de pouvoir proposer leurs services à travers une structure soumise exclusivement à la loi française. Cela signifie que les clients accéderont aux services de Google Cloud via Thales. 

Une nouvelle société, filiale de Thales 
Pour être éligible au label "cloud de confiance", une société de droit français va être créée. Thales et Google Cloud seront actionnaires de la société mais cette filiale sera "entièrement contrôlée par Thales", précise Marc Darmon, directeur général adjoint, Systèmes d’information et de communication sécurisés de Thales, lors de la conférence de presse.

En d'autres termes, cela signifie que Google Cloud sera actionnaire mais n'aura aucun pouvoir décisionnaire au sein de cette nouvelle société. "La critère est que nous soyons entièrement en contrôle de la société avec une gouvernance totale sur sa politique commerciale, sa politique d'offre et sa stratégie", ajoute le directeur général adjoint. 

Cette organisation vise à assurer que les Etats-Unis ne pourront pas accéder aux données hébergées dans le cloud, en vertu du CLOUD Act. Pour rappel, ce texte prévoit que les autorités américaines peuvent ordonner la divulgation des données stockées par des entreprises américaines quelle que soit leur localisation.

Une séparation physique, matérielle et logicielle
Par conséquent, trois niveaux de séparation entre Thales et Google Cloud sont prévus, détaille Marc Darmon. "Il y aura une séparation physique, matérielle et logicielle", explique-t-il. La société créée, filiale de Thales, aura ses propres serveurs, son réseau et son personnel. En revanche, les data centers seront ceux de Google, installés en région parisienne, mais "sur des machines séparées" précise Anthony Cirot, directeur dénéral Google Cloud France. 

La nouvelle offre n'est pas immédiatement disponible sur le marché. En effet, pour être labellisé "Cloud de confiance", il faut déjà avoir reçu la qualification "SecNumCloud". Ce qui n'est pas le cas du cloud de Google. "L'architecture de l'offre a été présentée à l'Anssi pour obtenir la certitude que nous pouvons avoir la labellisation 'SecNumCloud'", affirme Marc Darmon. Le gendarme de la cybersécurité a également examiné "l'ensemble des process" pour la qualification "Cloud de confiance", ajoute-t-il. 

En principe, le processus de labellisation prend près de deux et demi. Un délai qui serait plus court, d'après Marc Darmon. "Les data centers seront disponibles début 2022. Le service sera entièrement disponible autour de la fin 2022", se projette-t-il.

Orange, Microsoft et Capgemini ont fait une annonce similaire en mai dernier. Ils vont créer la société "Bleu" qui sera chargée de fournir un cloud de confiance. A travers cette structure, Microsoft pourra proposer les suites de collaboration et de productivité Microsoft 365 ainsi que l’ensemble des services de la plateforme cloud Microsoft Azure. 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.