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Thales, Idemia… 30 entreprises sélectionnées pour structurer la mobilité aérienne urbaine en Ile-de-France

A l'issue d'un appel à manifestation d'intérêt international lancé par ADP, la RATP et Choose Paris, 30 entreprises spécialisées dans la mobilité urbaine aérienne ont été choisies pour mener des expérimentations dès juin 2021 sur l'aérodrome de Pontoise, en Ile-de-France. Des industriels, tels qu'Airbus et Dassault Aviation, comme des start-up ont été sélectionnés. Des VTOL feront des démonstrations de vols lors des Jeux Olympiques de 2024, avant le déploiement d'une offre de commercialisation en 2030.    
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Thales, Idemia… 30 entreprises sélectionnées pour structurer la mobilité aérienne urbaine en Ile-de-France
Thales, Idemia… 30 entreprises sélectionnées pour structurer la mobilité aérienne urbaine en Ile-de-France © Ascendance Flight Technologies

Le groupe ADP (aéroports de Paris), la RATP et Choose Paris Region viennent de révéler les lauréats de l'appel à manifestation d'intérêt international (AMI) lancé en septembre dernier. Une trentaine d'entreprises rejoignent donc Velecopter, le premier acteur qui testera son taxi volant VoloCity à l'aérodrome de Pontoise, inauguré le 30 septembre dernier.

Des tests prévus à partir de juin
Ainsi, les lauréats pourront mener des expérimentations à partir de juin 2021, en étroite collaboration avec la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), le soutien de l'Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (AESA) ainsi qu'Eurocontrol, l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne. Au-delà des tests, l'idée est également d'instaurer un dialogue entre ces différents acteurs.

"Nous avons été les premiers surpris par le succès de notre appel", a déclaré Marie-Claude Dupuis, directrice stratégie "Innovation et Développement" au sein du groupe RATP, lors de la conférence de presse. L'AMI, qui a reçu 150 candidatures issues de 25 pays, a sélectionné 30 entreprises dans cinq catégories : véhicule, infrastructure, opérations, intégration dans l'espace aérien et acceptabilité.

Airbus et Safran choisis pour travailler sur les véhicules
Concernant les véhicules, pour la plupart des aéronefs à décollage et atterrissage verticaux (VTOL), neuf entreprises ont été sélectionnées parmi lesquelles trois Français : Airbus,  Safran Electronics & Defense, à l'origine notamment du drone Patroller, et Ascendance Flight Technologies qui travaille sur le VTOL hybride Atea de transport de passager. De plus, l'entreprise allemande Volocopter et britannique Vertical Aerospace font parties des lauréates. La start-up californienne Zipline, le constructeur chinois Ehang, le Singapourien H3 Dynamics et l'entreprise slovène Pipistrel ont également été sélectionnés.

Pour la catégorie "opérations", Air France et Dassault Falcon Services, filiale de Dassault Aviation, font partie des lauréats en tant que spécialistes de la maintenance. L'Ecole d'ingénieurs spécialisée en mobilité et en techniques aéronautiques (ESTACA), la compagnie aérienne d'hélicoptères spécialisée dans l'aviation d'affaire Helifirst et Helipass qui édite une plateforme de réservation de vols en hélicoptères ont aussi été choisies lors de cet AMI. L'entreprise canadienne spécialisée dans la défense, Canadian Aviation Electronics (CAE), a également séduit.

Dans la catégorie "infrastructure", ADP, la RATP et l'agence Choose Paris ont choisi deux entreprises françaises : le spécialiste de la biométrie Idemia sera chargé de développer un parcours fluide et sécurisé pour les voyageurs et Leopshere, qui développement des capteurs Lidar permettant de générer des prévisions météorologiques de pointe. L'entreprise suisse Green Motion, qui fournit des systèmes de recharge pour les véhicules électriques, et le Britannique Skyports, travaillant déjà avec Velecopter en tant qu'opérateur de vertiports, ont également été sélectionnés.


Trois établissements scolaires, pour la phase "intégration dans l'espace aérien", ont été choisis : Cergy Université, l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC) et l'Ecole d'ingénieurs de l'aviation civile avec une chaire systèmes de drones (ENAC). Du côté des entreprises, on compte Thales SIX, une filiale du groupe Thales qui développe des systèmes embarqués anticollisions interopérables, la start-up francilienne Internest travaillant sur une solution de positionnement de précision et le spécialiste belge de la géolocalisation M3 Systems.

Dans la catégorie "acceptabilité", l'AMI a retenu trois acteurs français : Ecole Polytechnique, l'établissement public de recherche dans l'aéronautique, le spatial et la défense (ONERA) et Bruitparif, le centre d'évaluation technique de l'environnement sonore en Ile-de-France. A l'international, l'Institute of Transportation Studies de l'Université de Californie Berkeley (NEXTOR) a été sélectionné au côté du Royal Netherlands Aerospace Centre (Pays-Bas) et Envirosuite, un fournisseur australien de plateforme de collecte de données localisées pour améliorer la performance environnementale.

La prochaine étape : les JO 2024
Avant la phase de commercialisation prévue en 2030, les futurs VTOL devraient été testés pendant les Jeux Olympiques 2024. "Les Jeux olympiques 2024 seront une fenêtre d'exposition durant lesquelles énormément de démonstrations devront être faites d'un point A à un point B proches de sites olympiques. Des personnes seront à bord de ces VTOL", explique Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP.

Marie-Claude Dupuis (RATP) ajoute que l'enjeu majeur est de définir un modèle économique viable pour pouvoir passer à l'étape de la commercialisation, prévue en 2030. "A titre d'exemple, la rentabilité économique ne sera envisageable qu'à partir du moment où il n'y aura plus de pilote à bord, comme c'est le cas dans les véhicules autonomes terrestres", poursuit-elle. Ce qui justifie "une approche très progressive" concernant notamment les investissements dans les infrastructures, dont les montants restent confidentiels. D'autant plus qu'ADP et la RATP ont été fortement touchés par la crise sanitaire et économique liée au Covid-19.

Des obstacles réglementaires demeurent
Autre problématique : la réglementation française très stricte concernant les VTOL, à l'image des véhicules autonomes terrestres. Raison pour laquelle ADP et la RATP travaillent en étroite collaboration avec la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), chargée de donner son feu vert à chaque étape de la feuille de route. A titre de comparaison, à la RATP, "nous venons à peine de franchir l'étape réglementaire qui va nous permettre de faire du 'pilotage déportée' pour les véhicules autonomes terrestres, c'est-à-dire sans pilote à bord", rappelle Marie-Claude Dupuis.

A ce sujet, la France, au même titre que les autres États européens, participe aux travaux sur un projet de cadre réglementaire pour la sécurisation des déplacements en Europe des futurs aéronefs VTOL.

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