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Thales réinvente ses produits et services au big data

Depuis 5 ans, Thales profite des technologies big data pour muscler ses produits et services dans tous ses métiers. Pour soutenir ce développement, le groupe dispose aujourd’hui de 80 datascientists. L’objectif est d’en doubler le nombre d'ici 3 ans.
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Thales réinvente ses produits et services au big data
Thales réinvente ses produits et services au big data © Thales

Le big data devient un axe d’innovation majeur pour Thales. Depuis cinq ans, le groupe français d’électronique professionnelle et de défense profite des nouvelles technologies de mégadonnées issues du monde du Web pour réinventer ses produits et services dans ses cinq métiers : l’aéronautique, l’espace, les transports terrestres, la défense et la sécurité.

"Le big data est dans l’ADN de Thales, affirme Fabrice Bourdeix, vice-président en charge des systèmes d’information et de communication sécurisés du groupe. Nous avons toujours manipulé des gros volumes de données pour en extraire de la valeur pour nos clients. Mais jusqu’ici nous le faisions d’une façon artisanale. Face à l’explosion des quantités d’informations, nous tirons maintenant parti des technologies mises dans le domaine open source par des acteurs du Web comme Google ou Facebook." Sur un effectif total de 61 000 personnes, le groupe estime disposer d’une force de frappe de 10 000 personnes dans le traitement de l’information, qui serait la première en Europe, selon Fabrice Bourdeix.

Thales s’appuie sur des plateformes big data comme Hadoop (traitement distribué de données), Spark (traitement en temps réel de données) ou Cassandra (base de données distribuées) pour rendre ses solutions d’intelligence plus abordables, plus efficaces ou plus rapides. "Ce sont des plateformes d’infrastructure disponibles pour tout le monde dans l’open source, tempère Fabrice Bourdeix. Notre savoir-faire réside dans les algorithmes d’analyse que nous faisons tourner dessus."

Profiter des technologies du Web

Dans le spatial, le groupe a développé un système d’analyse et d’indexation des images pour le satellite Gaia. Ce projet visant à "comprendre le ciel" porte sur 3 pétaoctets de données, l’équivalent de 3000 disques durs des PC actuels. En s’appuyant sur une plateforme Hadoop fournie par Hortonworks, la solution revient cinq fois moins chère qu’avec les technologies traditionnelles de bases de données relationnelles qui datent des années 1990.

Dans les transports aériens, Thales pense améliorer la sécurité avec son système e-border de contrôle aux frontières. Avec l’analyse des données passagers, il devient possible d’identifier en amont les risques et d’anticiper ainsi les contrôles appropriés. Le système bénéfice d’un modèle d’apprentissage sans a priori qui perfectionne sans cesse la détection des risques. Il n’est encore déployé dans aucun aéroport.

Des algorithmes métiers optimisés

Autre domaine : la cybersécurité. Thales est sollicité par des entreprises victimes de cyberattaques pour jouer le rôle de pompier. Le groupe intervient pour analyser l’historique des interactions avec l’extérieur et identifier les origines de l’attaque. Pour un client - dont le nom est gardé confidentiel - un mois d’activité représente 200 millions d’enregistrements de connexions avec des serveurs extérieurs, soit l’équivalent de 30 milliards de caractères.

L’outil Cybels Maps, développé avec le Laboratoire bordelais de recherche en informatique (LaBRI) sur la base de la théorie des graphes (une spécialité bien française), permet de reconstituer toutes les interactions avec l’extérieur et de les présenter sous la forme d’une tulipe en seulement une ou deux minutes. Il est possible d’explorer ensuite en profondeur le graphique pour détecter rapidement les problèmes. "On peut ainsi identifier ce qu'il s’est passé en 24 à 48 heures, là où il fallait plusieurs semaines auparavant", estime Cyril Autant, responsable de l’activité de services cybersécurité. Disponible depuis 2 ans, cet outil a servi dans de nombreuses interventions. Mais là non plus, pas question de révéler des noms d’entreprises secourues.

Une chaire big data 

Pour accompagner le développement du big data, Thales dispose de data scientists de plus en plus nombreux. Ils étaient environ 20 il y a 5 ans. Ils sont 80 aujourd’hui et l’objectif est de doubler encore cet effectif d'ici 3 ans. "Nous n’avons pas de difficultés particulières à en recruter, le nom Thales suffit à attirer les talents", confie Fabrice Bourdeix. Thales a tout de même créé une chaire big data à l’Ecole Polytechnique, en association avec Orange et Keyrus. Une façon d’augmenter le nombre d'étudiants formés à cette spécialité et d’éviter les risques de pénurie de ce type de profil, considéré comme une denrée rare sur le marché de l’emploi.

Ridha Loukil

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