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"The Imitation Game", l’histoire de l’homme qui a épargné 14 millions de vies

"The Imitation Game", sorti au cinéma le 28 janvier dernier, met à l’écran la vie du mathématicien Alan Turing, dont le travail a contribué à la victoire des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. A travers l’œuvre, on découvre aussi la naissance de l’informatique.

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The Imitation Game, l’histoire de l’homme qui a épargné 14 millions de vies
"The Imitation Game", l’histoire de l’homme qui a épargné 14 millions de vies

Le film "The Imitation Game" retrace la vie du mathématicien britannique Alan Turing (joué par le brillant Benedict Cumberbatch, vu notamment dans la série "Sherlock"). S’il se concentre sur la période de la Seconde Guerre mondiale, le film évoque aussi la jeunesse et la fin de vie du surdoué (que nous ne "spoilerons" pas ici). Dès le début du conflit, les forces britanniques récupèrent une machine Enigma. Elle permet aux armées allemandes de décrypter les ordres envoyés chaque jour par radio depuis Berlin. Les services secrets de Sa Majesté réunissent des experts de cryptographie et de linguistique pour casser le codage allemand, afin d’utiliser Enigma et anticiper les attaques.

Principal problème : la méthode de chiffrement des messages change chaque jour et l’équipe de décodeurs britanniques ne peut pas tester les centaines de milliers de combinaisons possibles suffisamment rapidement. Chaque journée est une petite guerre contre le temps que les Alliés perdent systématiquement.

Etre iconoclaste

Membre de cette équipe, Alan Turing, mal aimé et incompris, permettra de résoudre cette énigme par la construction d’une machine, ancêtre de nos ordinateurs, capable de tester avec célérité et efficacité les combinaisons possibles. Il le fera contre l’avis de ses collègues cryptographes et contre celui de la hiérarchie militaire. Il devra en appeler au Premier Ministre Wintson Churchill pour réellement lancer sa "machine de Turing", baptisée "Christopher". Elle finira par casser le code allemand, ce qui permettra d’avancer la fin de la guerre de plusieurs années en participant, entre autres, à la réussite du débarquement allié en Normandie... A posteriori, les forces britannique estimeront que la réussite d’Alan Turing aura permis d’épargner la vie de 14 millions de personnes en Europe.

Pour se cantonner aux aspects purement techniques du film (bien que la dimension sociale soit tout aussi passionnante), le premier enjeu porte sur la difficulté de convaincre de l’intérêt d’une nouvelle technologie, voire d’une nouvelle manière de penser un problème. Complétement iconoclaste, la méthode suivie par Alan Turing pour briser le code Enigma sera aussi dure à imposer aux esprits qu’à réaliser concrètement. Cette dimension du film fait écho à la difficulté croissante qu’ont parfois les sociétés industrialisées à s’ouvrir sur de nouvelles visions technologiques, que ce soit dans l’énergie, l’agriculture, la santé...

Du bon usage de l’information

Le second enjeu concerne le bon usage de la technologie et de l’information. Comme le fait dire le réalisateur à Alan Turing dans le film, une fois que le code est cassé, le plus dur reste à faire. Si les Alliés bloquent massivement les attaques allemandes, Berlin comprendra que ses ordres sont décodés et emploiera une nouvelle méthode de chiffrement. L’information doit donc être utilisée avec parcimonie, quitte à accepter des sacrifices… pourtant inacceptables. A notre époque où l’information circule massivement et librement sur les réseaux et les chaînes d’informations en continu, cette interrogation est tout à fait aigüe.

Le film évoque, mais ne traite pas réellement, la manière dont les travaux d’Alan Turing ont ouvert la voie au développement massif de l’informatique et de l’intelligence artificielle… ce qui peut apparaître frustrant aux spectateurs technophiles. Mais la littérature est tellement abondante sur le sujet que chacun y trouvera facilement son content de lecture.

Ludovic Dupin

 
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