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Tim Cook critique le Digital Markets Act, prétextant qu'il va affaiblir la sécurité des iPhones

A l'occasion de Viva Technology, Tim Cook a expliqué que le DMA pourrait amenuir la sécurité des iPhones en autorisant le sideloading d'applications. D'après lui cela évincerait les règles de l'App Store qui évitent qu'un malware n'infecte le terminal de l'utilisateur. Evidemment, permettre aux consommateurs de sideloader des applications aurait surtout des conséquences financières pour Apple en relâchant le contrôle absolu qu'il exerce sur ses appareils. C'est notamment l'enjeu du procès que lui a intenté Epic games.
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Tim Cook critique le Digital Markets Act, prétextant qu'il va affaiblir la sécurité des iPhones
Tim Cook critique le Digital Markets Act, prétextant qu'il va affaiblir la sécurité des iPhones © Apple

Tim Cook, le CEO d'Apple, est intervenu le 16 juin lors du salon Viva Technology 2021. Il a notamment été interrogé sur le Digital Markets Act (DMA), rapporte Reuters.

"Un risque pour la sécurité"
Présentée en décembre 2020 par la Commission européenne, ce projet de réglementation vise en particulier à renforcer les obligations des gatekeepers, dont Apple fait partie, pour rétablir un équilibre au sein du marché intérieur. Les grandes entreprises technologiques seront soumises à un certain nombre de règles dont certaines pourraient être dangereuses pour la sécurité des iPhones d'après Tim Cook.

"Dans sa rédaction actuelle, le DMA souhaiterait forcer le sideloading d'applications sur l'iPhone (...) Cela détruirait la sécurité de l'iPhone et de nombreuses initiatives de confidentialité que nous avons intégrées à l'App Store, où nous avons des étiquettes de confidentialité et la transparence du suivi des applications... Ces choses n'existeraient plus", a-t-il déclaré. 

Le sideloading consiste à installer des applications à partir de sources extérieures à un magasin d'applications autorisé. Elles peuvent contenir des logiciels malveillants cachés conçus pour compromettre le terminal de l'utilisation car elles ne sont pas vérifiées comme peuvent l'être les applications proposées sur l'App Store, explique le patron d'Apple.

"Android a 47 fois plus de malwares qu'iOS", a-t-il ajouté. "C'est parce que nous avons conçu iOS de manière à ce qu'il n'y ait qu'un seul magasin d'applications et que toutes les applications soient examinées avant d'aller sur le magasin. Cela permet d'écarter beaucoup de ces logiciels malveillants de notre écosystème (..)". 

Contester la mainmise d'Apple sur l'App Store
Le DMA veut faire sauter la mainmise d'Apple sur l'App Store car cela provoque une concentration des pouvoirs, aux antipodes de la politique européenne de la concurrence. En effet, le géant américain a un droit de veto qui est critiqué depuis longtemps en particulier par les développeurs, dont certains se sont rassemblés au sein d'une organisation il y a quelques mois baptisée la "Coalition for App Fairness".

Au centre des critiques se trouve la fameuse taxe de 30% prélevée par Apple sur les revenus de tout achat effectué depuis une application présente sur sa boutique, même s'il s'agit d'un abonnement récurrent. Ces "in-app purchases" doivent obligatoirement passer par son système de paiement propriétaire. L'entreprise facture alors une commission de 30% aux développeurs d'applications sur tous les frais d'abonnements lorsqu'ils sont souscrits directement depuis une application.

alertée par spotify, La Commission européenne enquête
La politique d'Apple est au coeur d'un litige antitrust mené par la Commission européenne à la suite d'une plainte déposée par Spotify. Elle a annoncé en avril dernier avoir voir adressé "une communication des griefs" à Apple. Elle estime qu'à travers l'App Store, la société américaine est en situation d'abus de position dominante sur le marché de la diffusion de musique par streaming.

"Apple prive les utilisateurs de choix [plus avantageux] et fausse la concurrence. Elle le fait en prélevant des commissions élevées sur chaque transaction effectuée dans l'App Store pour ses concurrents et en empêchant ces derniers d'informer leurs clients de l'existence d'autres possibilités d'abonnement", a déclaré Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence.

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