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Top départ pour PariSanté Campus, "l'usine à licornes" de l'e-santé

Le PariSanté Campus – un lieu rassemblant académiques, start-up et industriels – a ouvert ses portes à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) avant d'être définitivement installé au sein de l'Hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce en 2027. L'occasion pour L'Usine Digitale d'échanger avec Antoine Tesnière, le directeur général de PariSanté Campus et ancien conseiller en charge du Covid-19 du ministre de la Santé Olivier Véran. Au programme : structuration de la donnée, "usine à licornes", souveraineté technologique et rayonnement international.  
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Top départ pour PariSanté Campus, l'usine à licornes de l'e-santé
Top départ pour PariSanté Campus, "l'usine à licornes" de l'e-santé © PariSanté Campus

Faire de la France un leader mondial de la santé numérique. Voici l'ambition du président de la République Emmanuel Macron avec la création de PariSanté Campus, un lieu rassemblant académiques, start-up et industriels. Présentée en décembre 2020, cette structure a pour objectif de mutualiser les compétences et les expertises ainsi qu'à mettre à disposition des bases de données et des équipements. 

Près d'un an après son annonce, le campus a ouvert ses portes il y a une semaine et son inauguration est prévue dans la première quinzaine de décembre 2021. Antoine Tesnière, directeur général de PariSanté Campus, ex conseiller en charge du Covid-19 du ministre de la Santé Olivier Véran et professeur d'anesthésie-réanimation à l'Hôpital européen Georges-Pompidou, revient pour L'Usine Digitale sur ce projet.

Une installation en deux temps
"L'objectif est d'avoir un effet d'accélération fort sur la transformation numérique du système de santé, explique Antoine Tesnière. PariSanté Campus est l'élément visible qui va incarner tout ce qui a été investi pour accompagner cette transformation numérique." Dans un premier temps, le campus a été installé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), aux portes de Paris, dans 20 000 mètres carrés.

Il sera ensuite définitivement établi au sein de l'Hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce dans le 5ème arrondissement de Paris, actuellement occupé par l'Armée dans le cadre de l'opération Sentinelle. Le calendrier fixe ce déménagement en 2027 car le lieu de "70 000 mètres carrés" nécessite encore "deux à trois ans de travaux" après avoir reçu les autorisations légalement requises, détaille Antoine Tesnière.

Le projet dispose d'un budget de 400 millions d'euros de financement public-privé, dont 45 millions issus du Plan de relance pour le premier campus.

Quatre grands objectifs
Dans les détails, PariSanté Campus souhaite remplir "quatre grands objectifs", résume l'ancien conseiller d'Olivier Véran. Le premier vise à "travailler autour de la donnée". Le second est de former aux "métiers de demain". Le troisième porte sur "la création de valeur économie à travers une suite de solutions pour les entreprises" et le quatrième sur "l'amélioration du système de santé avec une vision centrée 'patient'".

Cet ensemble "se met en place à travers la réunion de cinq grands opérateurs publics", raconte Antoine Tesnière. Il s'agit de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) qui y installera son siège, l'Université PSL (Paris Sciences & Lettres), l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), le Health Data Hub et l'Agence du Numérique en Santé. Ils sont rejoints par quatre instituts de recherche : PRAIRIE (intelligence artificielle et ses usages en santé), le centre Q-Bio (biologie quantitative pour la modélisation et la prédiction des systèmes vivants), IPM (imagerie innovante par ultrasons) et ISNuS (enjeux éthiques, sociologiques, économiques et philosophiques des données en santé).

"Une grande usine à licornes"
"Ce cœur académique" sera mis en relation avec "la centaine d'entreprises" qui va rejoindre le site, précise Antoine Tesnière. Au total, ce sont près de 3000 personnes qui travailleront sur le campus afin "de faire converger" les expertises de chacun puis de "les mettre à la disposition des acteurs : étudiants, enseignants, entrepreneurs, industriels et citoyens". La création d'entreprises est également au cœur de ce lieu unique. "Une grande usine à licornes", espère-t-il, que les industriels et les fonds pourront accompagner "soit en investissant soit en rachetant les solutions". 

PariSanté Campus sera en lien avec les agences réglementaires et sanitaires ainsi qu'avec les associations de patients. Dans un objectif de "complémentarité" et de "collaboration", il travaillera également avec des incubateurs et des pôles de compétitivité situés sur le territoire français et en Europe. A ce titre, un incubateur franco-suédois vient d'émerger, révèle Antoine Tesnière. "Les collaborations européennes permettent de préparer les jeunes entreprises à aller sur des terrains plus denses tels que les Etats-Unis ou l'Asie", note-t-il.

Les données, un enjeu de souveraineté
Bien que la souveraineté soit au cœur du PariSanté Campus, la participation d'acteurs ni français ni européens n'est pas exclue. "Nous ne pouvons pas penser le numérique en santé aujourd'hui en se bornant à nos frontières", déclare le directeur général mais ajoute d'emblée que l'ambition première reste de "favoriser le développement d'initiatives françaises qu'elles soient académiques ou entrepreneuriales". Ainsi, "la protection de la propriété intellectuelle et des données" sera au cœur de ce dispositif.

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