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"Tous les secteurs seront impactés par l'émergence des réseaux intelligents", selon le PDG de Juniper Networks

L'américain Juniper Networks fournit des équipements et des logiciels, processeurs et systèmes pour permettre aux acteurs du web de construire des réseaux et des infrastructures cloud de nouvelle génération. De passage à Paris, Shaygan Kheradpir, le nouveau PDG de la société, concurrente de Cisco et d'Alcatel-Lucent, décrypte la révolution des réseaux à venir.
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Tous les secteurs seront impactés par l'émergence des réseaux intelligents, selon le PDG de Juniper Networks
"Tous les secteurs seront impactés par l'émergence des réseaux intelligents", selon le PDG de Juniper Networks © Juniper Networks

L'Usine Digitale - Quelle est votre vision des réseaux intelligents ?

Shaygan Kheradpir - Ces réseaux remplissent bien plus qu'une simple fonction de transport, de distribution. Ils deviennent un canal d'informations, de connaissances, en combinant capacités d'analyse grâce au big data et outils de contrôle à toutes les étapes de la chaine. Des réseaux intelligents, ce sont des réseaux qui "savent" et ont la capacité d'améliorer les choses.

Vous parlez de "réseaux à QI élevé". Qu'entendez-vous avec cette formule ?

Plus vous nourrissez le cloud, plus il acquiert des informations contextuelles. Dans cette masse d'information se dégage des modèles, qui, en les analysant, permettent de comprendre et d'améliorer les choses. Par exemple, en matière de sécurité, de résilience ou sur les modes d'utilisation du réseau. Le système que vous construisez sait, et comprend. C'est comme si le réseau pouvait twitter et vous dire quelque chose que vous ne saviez pas déjà.

Quels secteurs vont en profiter ?

Le cloud et les réseaux intelligents constituent une nouvelle façon de distribuer l'innovation dans le monde entier. Avec les cloud builder, via les machines que nous construisons et que nous aidons nos clients à mettre en place, on peut "charger" son innovation dans le cloud, appuyez sur le bouton "ON" et  5 milliards de personnes peuvent y accéder et l'essayer très rapidement. Transports, énergie, santé, divertissement, éducation : je ne connais pas un seul secteur qui ne sera pas impacté. Tous ne seront pas bouleversés en même temps, certains seront disruptés plus rapidement (je pense aux secteurs déjà irrigués par le numérique) mais le mouvement est engagé. C'est comparable à la révolution vécue lorsque Internet est apparu. Mais ça va aller beaucoup plus vite : moins d'une décennie, peut-être cinq ans.

Où en êtes vous dans la construction de ces réseaux du futur ?

C'est une vague qui monte. Nous sommes en train de bâtir ces réseaux, pièce par pièce. Par exemple, aujourd'hui, nous complétons notre boîte à outils avec une solution capable de détecter les menaces, donner l'alerte avant que des dégâts soient commis. Plus nous travaillons avec nos clients à résoudre leurs problèmes, plus nous ajoutons de fonctionnalités. Ce sont parfois des choses très simples, qui permettent d'automatiser certains procédés, qui rendent le réseau plus intelligent. Si vous avez peur d'être hacké, comment savez-vous si quelqu'un s'est introduit dans votre système ? Une façon de le savoir est de "demander" au réseau s'il a vu des choses inhabituelles. On ne le fait pas aujourd'hui. On devrait.

Des réseaux plus intelligents pourraient empêcher des bugs comme celui qui a touché l'iCloud d'Apple ?

Je ne sais rien de l'affaire iCloud. Mais ce type de problème met en lumière la nécessaire transition vers des réseaux plus intelligents, capables de vous donner un aperçu de la situation en temps réel. On n'utilise pas les réseaux de cette façon aujourd'hui. On utilise des pare-feux, des systèmes particuliers, mais on n'interroge pas directement le réseau pour savoir s'il détecte quelque chose de suspect, ou pour être informé lorsque des comportements inhabituels apparaissent.

Si quelque chose d'anormal se produit à 2 heures du matin, le réseau doit l'identifier, en comprendre la cause et prendre automatiquement les mesures qui conviennent en attendant une résolution durable. Le réseau sait. Avec nos outils, nous nous attachons à comprendre le "pourquoi" et pas seulement le "comment", pour optimiser l'utilisation du réseau en temps réel en fonction des besoins.

Propos recueillis par Sylvain Arnulf

Une nouvelle organisation pour plus d'agilité

A son arrivée à la tête de Juniper Networks en janvier, Shaygan Kheradpir, passé par Barclays et Verizon, a recentré la société sur ses fondamentaux et modifié son organisation. "Nous avons rapidement choisi d'axer la stratégie de l'entreprise autour des fournisseurs de services cloud et des réseaux intelligents à hautes performances", explique-t-il. "Nos clients sont les opérateurs télécom (comme Orange, Verizon, AT&T), et acteurs OTT : des opérateurs cloud comme Cloudwatt, finance – avec la Société Générale et UBS - ou des grands groupes et start-up nécessitant un cloud privé comme Nike, Tesla ou Starbucks. Le fait de s'adresser en même temps à ces deux mondes nous différencie de nos concurrents. La majorité de notre croissance provient désormais de ces secteurs identifiés comme stratégiques.
Nous avons opéré des changements d'organisation : nous avions deux équipes de force de vente, nous n'en avons plus qu'une ; pareil pour les départements de R&D que nous avons unifiés. Nous avons nettement moins de niveaux de management, pour connecter plus facilement les ingénieurs aux gens du marketing, en lien direct avec les clients. L'idée, c'est d'avoir une structure simplifiée, dynamique, avec davantage d'échange d'idées : une sorte de retour aux sources, à l'esprit entrepreneurial qui anime la compagnie depuis ses débuts. Nous faisons tout pour favoriser la co-création avec nos clients, lever les obstacles de toute sorte
".

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