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Transhumanisme et humanisme : "La Singularity university n'est pas transhumaniste", affirme Zak Allal

Série d'été Le dernier épisode la notre série "le transhumanisme est-il un humanisme ?", fait le point sur la Singularity university avec Zak Allal, son ambassadeur pour la France et les zones francophones que sont la Suisse, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.
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Transhumanisme et humanisme : La Singularity university n'est pas transhumaniste, affirme Zak Allal
Transhumanisme et humanisme : "La Singularity university n'est pas transhumaniste", affirme Zak Allal © TV5 monde - capture YouTube

La Singulary university (SU) s’est donnée pour mission d’enseigner l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les nanotechologies, etc. Elle a été fondée en 2008 par un duo hors norme, toujours à sa tête : Ray Kurzweil, spécialiste de l’intelligence artificielle, auteur de The age of spiritual machines, aujourd’hui patron du développement chez Google, et Peter Diamandis, physicien, fondateur de l’International Space University, de multiples entreprises et de la fondation XPrize. La SU est installée sur un site de la Nasa à deux pas du siège californien de Google.

 

Malgré son nom, elle n’a rien d’une université classique. Son enseignement est principalement dispensé à 80 personnes triées sur le volet dans le cadre d’un programme d’été de 10 semaines. Elle se félicite d’accueillir sur ses bancs les élites du monde entier. 

 

former les leaders aux technologies exponentielles

 

"Nous voulons former des talents, des leaders politiques, des leaders économiques, aux technologies exponentielles, précise Zak Allal, ambassadeur pour la France, et les zones francophones que sont la Suisse, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.  L’intelligence artificielle, les biotechnologies, la biochimie, de nombreuses technologies ont un développement exponentiel. Mais il en va de même des questions qui se posent. En santé, par exemple, le cancer, le diabète sont des maladies exponentielles. Et la médecine traditionnelle ne fonctionne aujourd’hui qu’en réaction, alors qu’avec la connaissance des gênes, par exemple, on peut la personnaliser."

 

En plus de ses programmes californiens, la SU chuchote aussi à l’oreille des responsables politiques avec des programmes personnalisés pour les gouvernements. Deux pays d’Europe et un pays d’Amérique Latine ont déjà répondu à l’appel. "Aujourd’hui, il y a un manque de connaissance par les décideurs de l’impact exponentiel et en rupture des technologies, précise Zak Allal. Et on ne parle pas que de l’intelligence artificielle ou du big data. Il s’agit aussi de la fiscalité, de l’économie…" Un moyen de pallier l’illitératie numérique déjà pointée par le rapport du CNNum. Mais un moyen made in Silicon Valley, loin de la neutralité.

 

DES SOUTIENS CONTROVERSÉS

 

La Singularity University est d'ailleurs controversée. Pour deux raisons principales. Son financement par Google (avec Nokia, Autodesk, IDEO Genentech et autres Linkedin), et ses liens avec le transhumanisme, tendance qui prône l’utilisation de technologies toutes puissantes au service d’un homme augmenté, plus que réparé.

 

"Bien sûr, il est essentiel que l’université garde son indépendance vis-à-vis de Google", précise pour commencer Zak Allal. Mais le représentant en France de la SU déplore la fine frontière entre les craintes de voir un enseignement fortement soutenu par Google se répandre, et le refus de profiter d’un tel apprentissage. Google est un des initiateurs et un des premiers financiers de la SU. Ce n’est pas un hasard si leurs locaux sont si proches.

 

Quant aux liens entre la SU et le transhumanisme, Zak Allal tient à faire le point : "Si l’un de nos fondateurs est ouvertement transhumaniste (Ray Kurzweil, ndlr), la SU ne l’est pas. Elle ne compte que quelques adeptes...." Il va lui falloir convaincre.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Serge Meunier
14/08/2015 19h31 - Serge Meunier

Bonjour J'ai lu avec intérêt les cinq articles qui dressent la scène des changements en cours. Avoir une réflexion morale, éthique, c'est nécessaire et, d'après ce qui est écrit, les représentants de la Singularité n'y sont pas indifférents... La France a par contre manifesté une peut-être trop grande timidité. Le pragmatisme anglo-saxon consiste semble-t-il à foncer, au sens d'oser. Le procès fait à Google en Europe est ainsi possiblement contre-productif... Ce fond de méfiance a des conséquences sur l'économie, c'est certain, mais plus : sur un élan de fond nécessaire à se lancer dans une contemporanéité étourdissante de possibles... Je crois qu'il faut prendre des exemples qui soient saisissants. L'allongement de durée de vie sera notamment une amélioration de la qualité du vieillissement. Il n'est que de se rendre dans une Maison de Retraite pour en comprendre la criante urgence... De là, il nous restera à nous, humains, de faire en sorte que les avancées soient humaines. Cette vertu doit me semble-t-il se trouver désormais incarnée dans les actes plus que dans des énoncés. Serge Meunier | Chambéry

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