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Transhumanisme et humanisme : Pourquoi le débat n'est pas pertinent, selon Salim Ismail de la Singularity university

Série d'été "Le transhumanisme est-il un humanisme ?" L’Usine Digitale profite de la coupure des vacances pour prendre un peu de hauteur par rapport au sujet de l’Humain augmenté puis, qui sait, dépassé par la technologie. Pour le quatrième épisode, nous avons rencontré à Paris, Salim Ismail, un des fondateurs de l’Université de la Singularité avec Ray Kurzweil, transhumaniste convaincu et patron de l’ingénierie de Google et le physicien Peter Diamandis.
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Transhumanisme et humanisme : Pourquoi le débat n'est pas pertinent, selon Salim Ismail de la Singularity university
L'université de la singularité, co-fondée par Salim Ismail © Singularity university

Salim Ismail est l'un des fondateurs de l’Université de la singularité (SU) avec Ray Kurzweil, transhumaniste convaincu, auteur de The age of spiritual machines, également patron de l’ingénierie de Google, et le physicien Peter Diamandis. Ambassadeur de la SU, il ne s’embarrasse pas de détours pour faire comprendre que le débat sur le transhumanisme n’a pas lieu d’être.


Vacciner un enfant en fait techniquement un cyborg


Pour lui, l’homme est déjà transhumain. Injecter une substance dans les yeux d’une personne pour lui donner une vision de nuit permanente, ou réécrire l’ADN ne sont que des étapes de plus dans un processus entamé depuis des milliers d’années. "Transhumanisme ou pas transhumanisme, le sujet n’est pas pertinent, répond-il. C’est une fausse discussion. Quand vous portez des lunettes, vous augmentez déjà votre corps avec la technologie. Quand on vaccine un enfant, techniquement, on en fait un cyborg."

 

Pour Salim Ismail, la frontière entre réparation de l’homme et augmentation n’a pas lieu d’être non plus. On porte des lunettes pour corriger un problème de vision, pas parce qu’on en a besoin, ou qu’on le veut. Sa réponse fuse : "C’est sans importance. Améliorer ou réparer, c’est pareil. Quant au besoin, c’est une notion très relative. Vous n’avez pas "besoin" de lunettes, sauf parce que vous exercez un métier qui exige de lire et écrire…"

 

 

Discuter du transhumanisme, de la conscience des machines, n’est pas pertinent


Pour lui, depuis des millions d’années, on a constamment changé et amélioré l’humanité avec la technologie, pour le meilleur. "On rend constamment notre monde meilleur avec la technologie et c’est bien", résume-t-il. Puisque le simple fait d’être vacciné fait d’un humain un cyborg, il considère qu’on ne sait pas ce qu’est un être humain.

 

De la même façon, il estime que puisque l’on n’a pas de définition claire de ce que sont la conscience et la conscience de soi, la discussion autour des machines qui pourraient devenir conscientes n’a pas non plus lieu d’être. "Je suis à peu près sûr que j’ai conscience de moi, bien sûr. Mais tant qu’on n’a pas de définition, qu’on n’a pas de test, la discussion n’est pas pertinente."

 

Quant à l’accélération, la généralisation des technologies qui servent à augmenter l’homme, pour le co-fondateur de l’université de la singularité, c’est juste une question d’échelle différente. "Il y a longtemps que l’on hybride les êtres vivants et que l’ont fait des versions différentes des chats, des chiens".


Enseigner la pensée critique, pas seulement la technologie

 

Selon lui, aujourd’hui, la seule discussion à avoir est la suivante : puisque nous sommes déjà dans ce monde, comment y naviguer le mieux possible ? "Et ce qui est essentiel pour nous à l'université de la singularité, c’est de nous focaliser très fortement sur l’éthique, et les principes moraux, quand nous enseignons la technologie à nos étudiants. Par exemple, s’ils veulent travailler sur la synthèse de l’ADN, il leur faut s’assurer d’avoir un bouton d’arrêt, une traçabilité, des boucles de feed back, tous les instruments nécessaires au cas où cela tournerait mal."


Aux côtés de la technologie, la SU enseigne ainsi également la pensée critique et les cadres éthiques et moraux. "Nous cherchons les futurs leaders du monde, et quand nous les renvoyons dans le monde nous voulons qu’ils aient les bons mécanismes pour aborder cela. Et on espère que cela sera suffisant."

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