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Transition vers IPv6 : l'Arcep alerte sur le rythme du déploiement

Le régulateur français des télécoms relève que la France est en progrès sur l'adoption du protocole IPv6, mais que les efforts restent insuffisants, ce qui provoque des risques de dysfonctionnements.
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Transition vers IPv6 : l'Arcep alerte sur le rythme du déploiement
Transition vers IPv6 : l'Arcep alerte sur le rythme du déploiement © Didier Cocatrix

La transition de l'Internet vers le protocole IPv6 est en "nette progression", mais encore "insuffisante", selon l'Arcep. Le régulateur français des télécoms, qui a publié son baromètre annuel sur le sujet, note des progrès significatifs en France, qui passe au quatrième rang européen (derrière la Belgique, l’Allemagne et la Grèce) et au sixième rang mondial en matière de taux d'utilisation de l'IPv6, avec un taux de presque 50%. En 2020, l'Hexagone n'était qu'à la 10e place au niveau mondial.

SFR épinglé sur ses réseaux fixes
Mais "la majeure partie des acteurs de l’écosystème d’Internet envisage une transition vers IPv6 encore insuffisante en termes d‘objectif et de rythme de déploiement", note l'Arcep dans son rapport. "À terme, faire perdurer Internet en IPv4 l’empêchera de croître. La transition vers IPv6 est donc la seule solution pérenne pour qu’Internet reste un espace d’innovation et de compétitivité", ajoute l'Autorité.

Sur le réseau fixe, Free est l'opérateur largement le plus avancé. A fin juin 2021, 100% de ses clients sont activés IPv6. En revanche, seuls 4,1% des clients de SFR disposent d'une box capable de gérer du trafic en IPv6. Alors que Bouygues Telecom et Orange prévoient d'atteindre un taux d'au moins 85% de clients en IPv6 mi-2024, SFR n'en sera au mieux qu'à 35%. "SFR est invité à accélérer fortement sa transition vers IPv6 sur son réseau fixe, en particulier sur le FTTH, et à entamer cette transition sur le câble", prévient l'Arcep.

Les hébergeurs, "goulot d'étranglement"
Sur les réseaux mobiles, en revanche, Free est très à la traîne. "Il est particulièrement regrettable que Free Mobile n’active pas par défaut les clients en IPv6 sur son réseau mobile, ce qui se traduit par un très faible pourcentage de clients IPv6 activés (1% pour Android et 0% pour iPhone)", tance l'Arcep, qui encourage les opérateurs à accélérer le déploiement d’IPv6 sur leurs offres data.

S'il y a encore du travail du côté des opérateurs, l'Arcep relève que les hébergeurs constituent l'un des principaux goulots d'étranglement pour la transition vers le protocole IPv6. "Seuls 20% des trois millions et demi de sites web des noms de domaine .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf sont à ce jour accessibles en IPv6", note le rapport. Quant aux serveurs d'hébergement de mails, le taux "reste alarmant" avec seulement 7% des serveurs en IPv6. En revanche, 75% des serveurs DNS (qui permettent de traduire une URL en adresse IP) "faisant autorité" supportent l'IPv6. Cinq acteurs (OVHcloud, IONOS 1&1, Gandi, Amazon et Adista) ont plus de 80% de leurs serveurs DNS en IPv6.

Une transition qui n'en finit pas
Le protocole IPv6 (adresses IP composées de huit séries de chiffres) doit succéder à l'IPv4 (adresses IP composées de quatre séries de chiffres), sur lequel la pénurie d'adresses a été reconnue officiellement en novembre 2019. Malgré tout la transition patine, car "certains acteurs" se sont débrouillés pour trouver des solutions "permettant de préserver le fonctionnement d’internet sur IPv4", par exemple en partageant les adresses IPv4 entre plusieurs clients (les adresses IP permettent d'identifier chaque machine connectée au réseau). Ce qui pose des problèmes comme le risque de refus d'accès à un service, ou des difficultés dans l'identification d'un suspect sur la base d’une adresse IP dans le cadre d’enquêtes judiciaires.

L'Arcep souligne par ailleurs qu'il est toujours possible d'acheter des adresses IPv4 sur le marché secondaire, mais outre la hausse des prix due à leur rareté (environ 25 dollars par IP mi-2020, jusqu’à 60 dollars actuellement), "les adresses IPv4 achetées sur le marché secondaire peuvent bloquer certains services bancaires ou de vidéo à la demande tant que la mise à jour de la géolocalisation des adresses n’est pas effective".

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