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[Tribune] Emploi en 2025 : le pire n'est jamais sûr

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Tribune Tant pis pour les prophètes de malheur. L'avenir de l'emploi à l'ère de l'intelligence artificielle ne sera peut-être pas aussi noir qu'ils l'annoncent. Les technologies actuelles et émergentes créent aussi de nouveaux besoins. En outre, la mutation en cours se fait sur fond de changement générationnel, ce qui change aussi la donne. Anne-Christine Maisonneuve, DRH de Dimension Data, explique pourquoi.

Emploi en 2025 : le pire n'est jamais sûr
[Tribune] Emploi en 2025 : le pire n'est jamais sûr © DR

Entre les progrès de l’intelligence artificielle (IA) et les discours alarmistes sur l’avenir des salariés, il est difficile d’imaginer véritablement le futur de l’emploi. Tout au long de l'Histoire, les progrès ont suscité des craintes dystopiques liées aux changements d’habitudes de vie. Pourtant, chaque nouvelle vague d'innovation de l'ère industrielle à l'ère de l'information - a créé croissance, prospérité et emplois. Mais l’ampleur et la vitesse de la transition que nous vivons actuellement la rendent unique.

La population mondiale devrait atteindre les 8,1 milliards de personnes en 2025, avec 55% de ces personnes en âge de travailler (1). Cela implique que 2 milliards d’individus pourraient être confrontés à une reconversion de leur emploi actuel au cours de la prochaine décennie, soulevant de nombreuses inquiétudes vis-à-vis d’une « guerre globale » de l’emploi.

Actuellement, nous arrivons à un tournant générationnel. Quatre générations de collaborateurs se partagent l’espace de travail. Les générations des boomers et X tiennent la plupart des postes à responsabilité et sont les décideurs de la direction à donner à la transformation numérique de leurs entreprises. Ils cohabitent avec les Gen Y et Gen Z, qui d’ici 2024, deviendront la force de travail majoritaire faisant baisser les générations précédentes à moins de 10% de l’effectif total (2).

 

Disparition de certains emplois et changement de paradigme pour d’autres

La valeur apportée par l’emploi ne portera plus sur des actifs tangibles ou capital matériel tel que des produits mais se dirige vers des actifs incorporels ou capital immatériel, tels que la conception et les services.

Dans un rapport publié en octobre 2014, le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger affirmait déjà que d'ici à 2025, 20% des tâches pourraient être automatisées, menaçant ainsi la suppression de 3 millions de salariés en France. De plus, plus de 50 % des métiers vont être profondément transformés d’ici 5 ans selon le cabinet de conseil BPI Group (3).  Ce constat est d’autant plus vrai avec la mondialisation de la force de travail et l‘explosion des appareils connectés et des technologies permettant de partager des données et d’automatiser des tâches, comme l'intelligence artificielle, la robotique, et la réalité virtuelle. Les emplois répétitifs, binaires ou ne requérant qu’un faible niveau de créativité ou d'interaction sociale sont clairement menacés de déshumanisation que ce soit dans le domaine du transport au droit, à la comptabilité ou à la santé.

Certains emplois seront davantage en phase de mutation. Des emplois dits spécialisés apparus ces dernières années seront complétement intégrés à la nouvelle de force de travail et se seront standardisés. Par exemple, un plombier sera en capacité d’analyser les données de capteurs des appareils ménagers, établir des diagnostics numériques, imprimer des pièces à l'aide d'une imprimante 3D mobile, fournir même une vue en réalité augmentée du système de plomberie et effectuer des réparations en dirigeant un apprenti robot. Alors que les « cols bleus » travaillant dans la fabrication et la production tendent à disparaitre, le secteur industriel s'adapte, en incluant la fabrication sur-mesure et l'adoption de nouvelles pratiques technologiques.

Dans ce contexte, il existe donc une possibilité de développer la fabrication de pointe en mettant l'accent sur l'investissement dans la R&D, la conception, la ventes et les services.

 

2025, la création de nouveaux emplois ?

Néanmoins tout espoir n’est pas perdu, loin de là ! D’après une étude, 85% des emplois en 2030 n'existent même pas encore aujourd'hui (4). La création d’emplois va se concentrer autour de 4 technologies interconnectées : l’Intelligence artificielle/robotique, la réalité virtuelle/augmentée, l’impression 3D/4D et la cybersécurité/blockchain. L’interprétation de la donnée et son management semblent être la piste la plus crédible.
 

Par exemple, les managers de la réputation et des données personnelles aideront les individus avec leur gestion de l'identité numérique, à surveiller leur personnalité et les protéger contre une atteinte à la réputation. Dans les autres domaines, nous pouvons imaginer un « data agriculteur » qui étudierait les données de son exploitation ou bien un référent social dans le cadre des services à la personne…

Même si ces emplois sont « imaginaires » aujourd’hui, ils sont loin d’être fantaisistes puisqu’ils ne sont qu’une extrapolation de la technologie, de l’environnement social et des tendances économiques actuelles.

 

Anne-Christine Maisonneuve, DRH de Dimension Data

 

Les avis d'experts sont rédigés sous la seule responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la responsabilité de la rédaction de L'Usine Digitale. 

 

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1 commentaire

Jean-Louis Rocheteau
04/06/2018 17h20 - Jean-Louis Rocheteau

Bel optimisme gratuit !

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