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[Tribune] La transformation digitale dans l’industrie : il faut changer la culture d'innovation

Pendant 18 mois, Benoit Zante, journaliste, et Quentin Franque, directeur marketing de l’agence Intuiti, ont rencontré de nombreux décideurs du monde industriel qui oeuvrent pour transformer leurs PME, ETI ou grands groupes. Ils en ont tiré un recueil d’entretien, "Les défis de la transformation digitale : 27 décideurs de l'industrie témoignent de leur expérience", qui vient d’être publié par Dunod. Ils reviennent pour L'Usine Digitale sur l’un de ces défis : changer la culture de l’innovation.    
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[Tribune] La transformation digitale dans l’industrie : il faut changer la culture d'innovation
[Tribune] La transformation digitale dans l’industrie : il faut changer la culture d'innovation © Ed Dunod

Que ce soit dans les domaines de la donnée, de l’expérience client ou des services, la digitalisation impose aux groupes industriels de revoir leur culture de l’innovation, pour s’adapter au rythme et aux spécificités du digital. 

 

La situation est bien résumée par Patrice Cochin, VP Digital Transformation and Consumer Experience chez Michelin : "La culture du digital et celle d’une entreprise industrielle sont complémentaires mais aussi très différentes. Dans l’industrie, c’est la logique du BPC qui prime : le produit doit être 'Bon du Premier Coup'. Le pneu est un produit sécuritaire, il est impossible de faire des compromis et le produit fini est aussi le produit final. Alors que dans le digital, on adopte des logiques agiles, dans lesquelles on intègre le client et on fonctionne de façon incrémentale."

 

Investir pour une nouvelle culture

Pour faire émerger une culture de l’innovation plus flexible, de nouveaux processus sont progressivement déployés dans l’industrie – Design Thinking, méthodes agiles, idéation –, afin de mobiliser toutes les énergies de l’entreprise, au-delà des traditionnelles cellules R&D. Dans ce processus, les freins à lever sont nombreux, mais pour Frédéric Guinot, le PDG du groupe métallurgique Farinia, qui s’intéresse de près à l’impression 3D, "la limite n’est pas tellement l’argent, c’est plutôt d’avoir des idées."

 

Cette dimension culturelle de la transformation digitale est aussi soulignée par Benoit Tiers, Directeur Général de e.SNCF:  "Il faut se laisser la possibilité de changer les façons de penser. Le sujet n’est pas de désapprendre, au contraire, il faut savoir tirer parti de sa propre expérience pour acquérir de nouvelles connaissances, mais il faut aussi se laisser porter et penser différemment de ce qu’on a appris. Et ce, au niveau du management comme des ingénieurs".

 

Des démarches d’innovation plus ouvertes sur l’extérieur

A l’heure du client, l’innovation se doit aussi d'intégrer les usagers très en amont dans la réflexion. "Si nous n’intégrons pas le consommateur dans la conception du produit, la survie de notre entreprise est en jeu, car le digital lui permet de contrôler ce produit une fois mis sur le marché", estime ainsi Eric Ducournau, le DG du groupe Pierre Fabre.

 

Partout, l’innovation devient donc plus ouverte et intègre de nouvelles parties-prenantes. C’est dans cet esprit que Vinci, le géant du BTP, a ouvert sa structure Leonard, associant prospective, rencontres et accompagnement de projets entrepreneuriaux : "nous considérons qu’il y a bien plus de valeur à être dans l’ouverture que de se refermer sur nos propres convictions", explique notamment Julien Villalongue, le directeur de Léonard.

 

Se rapprocher des startups pour s’imprégner de leur culture

Denis Marchant, le directeur général de l’entreprise textile UTT suit, à son échelle, cette logique. Il a tenu à développer des liens avec des startups éloignées de son cœur de métier, jusqu’à en créer certaines et ouvrir un incubateur, Bricks. L’une d’entre elles, Cerise, a d’ailleurs été vendue au groupe Prisma Média en 2016.

 

Il explique : "En manageant des activités aussi variées que celles que nous avons, cela nous permet d’aller chercher le meilleur de la culture du digital, comme l’agilité, la remise en question permanente, l’ouverture. Ce n’est pas un hasard si, un jour, vous avez un ingénieur qui vient vous proposer une idée, qui devient ensuite un projet intrapreneurial. S’il arrive avec un tel projet, c’est parce que nous avons laissé la porte ouverte à ce genre d’initiatives et qu’ils ont l’esprit ouvert." Garder l’esprit ouvert : c’est semble-t-il l’une des clés pour transformer des entreprises souvent centenaires.

 

Benoit Zante et Quentin Franque, auteurs de “Les défis de la transformation digitale : 27 décideurs de l'industrie témoignent de leur expérience”

 

 

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