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[Tribune] Pas de projet data réussi sans implication de (presque) toute l’entreprise

Tribune La data est devenue une préoccupation majeure des entreprises. Mais la bonne marche d’un projet data n’est pas l’apanage d’un seul service. Cela concerne autant les membres des comités de direction que les services techniques, juridiques, marketing/ventes, stratégie, ou encore RH. Revue d’effectifs pour un projet Data réussi. Par Damien Leprovost, Lead Data Scientist chez Clevy.io.
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[Tribune] Pas de projet data réussi sans implication de (presque) toute l’entreprise
[Tribune] Pas de projet data réussi sans implication de (presque) toute l’entreprise © Helloquence - Unsplash

Le CDO membre du comité de direction : un choix stratégique

La décision de mettre en place un projet Data doit être collégiale et validée par le Top Management. Un tel chantier nécessite d’être piloté par un responsable, le Chief Data Officer. Choisi en interne ou en externe, ce dernier doit impérativement faire partie du comité de direction, pour s’assurer que son déploiement et ses orientations seront en adéquation avec la stratégie de l’entreprise. Il pourra aussi rendre compte des avancées du projet auprès de la direction et faire des ajustements en fonction des besoins exprimés par le conseil d’administration, notamment sur les axes marketing et ventes.

 

Marketing et commercial : les piliers

Le CDO doit s’aligner sur les besoins du marketing et des ventes. Il est impensable que les deux ne soient pas en phase, car certaines données peuvent influer sur leurs finalités. Le marketing pourra analyser les données de deux façons : comportementale, notamment pour mettre en place des promotions multicanales ; ou par segments, pour identifier des prospects et ainsi faire du marketing ciblé. Pour le commercial, cela va permettre d’enrichir ses outils de CRM (gestion de la relation client) et d’être aussi plus performant sur les réseaux sociaux grâce au social selling.

 

Il est donc indispensable que le traitement des données soit en phase avec la stratégie de l’entreprise. Le marketing et le commercial doivent donc être associés dans la qualification de la nature et de la définition des datas à recueillir. Ce n’est qu’après cette phase qu’entrent en scène les services informatiques.

 

Le rôle pivot du CTO

Le projet data comporte de nombreuses phases de traitement, qui produisent des structures de données intermédiaires. Celles-ci doivent rester en phase avec les objectifs définis initialement. Ces multiples "états" de la donnée impliquent nécessairement les services techniques de l’entreprise.

 

En effet, et sans surprise, la data consomme énormément de ressources matérielles. Pour autant, les équipes techniques n’ont pas besoin d’être intégrées dès le début du projet. En revanche, le Chief Data Officer et le Chief Technology Officer doivent établir ensemble un plan de travail. Ce document permettra au CTO d’avoir une vision sur le long terme des contraintes techniques du projet et d’anticiper les différentes étapes de conception de l’infrastructure technique.

 

Il est indispensable de travailler en étroite collaboration avec ce service, car l’intégration technique peut être extrêmement lourde. Il est également possible que les deux parties se mettent d’accord sur des APIs (interfaces de programmation applicative). Dans ce cas, seule son exploitation incombera aux services techniques, l’équipe Data restant maître de son implémentation. Le CDO devra néanmoins valider avec eux certains aspects techniques de celle-ci avant sa réalisation.

 

En parallèle des aspects techniques, il convient de se pencher sur les aspects juridiques et éthiques qu’impliquent forcément le recueil de données.

 

Le service juridique entre éthique et RGPD

La data est étroitement liée aux problématiques de droit des personnes. À titre d’exemple en la matière, le respect de la RGPD - entrée en vigueur en 2018 - est une priorité absolue pour toute entreprise stockant de la data. Cette problématique ne saurait être traitée uniquement par les services techniques. Si le cloisonnement technique nécessaire leur incombe effectivement, le rappel du cadre légal quant à son recueil et son exploitation revient aux services juridiques. Ce sont ces derniers qui informent des limitations légales de son utilisation auprès du CDO, ainsi que des autres services de l’entreprise qui pourraient en disposer.

 

En amont, le CDO doit donc se poser quelques questions éthiques de base, qui coïncident avec les aspects légaux auxquels veillera le juridique : quelles utilisations seront faites, et avec quelles conséquences ?

 

Les RH, ciment de la coopération entre les différents services

Enfin, il n’est pas toujours facile de faire travailler ensemble plusieurs services d’une même société. Dans ce cas, les RH peuvent jouer un rôle de fédérateur entre les multiples intervenants. Car, si les interactions entre le CDO et les différents services cités n’opèrent pas, l’entreprise s’expose à des productions de données qui ne correspondront pas à ses besoins, à des contraintes techniques supplémentaires coûteuses et, sans doute le pire, à ne pas être en conformité avec les réglementations en vigueur sur les données personnelles. Sans ce collectif, le projet Data aura donc peu de chances de répondre pleinement aux objectifs de l’entreprise.

 

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