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[Tribune] Smart Cities : quelles réalités pour les territoires français ?

Tribune Lorsque l’on fait référence au concept de cité intelligente ou smart city, il nous vient souvent à l’esprit l’image d’une cité urbaine plutôt dense, au paysage concentrant des immeubles de bureaux, des appartements modernes, le tout traversé par une ou plusieurs voies routières ; bref un environnement urbain hyper-connecté. Et pourtant, derrière ce concept se cache un foisonnement d’innovations dont les métropoles n’ont pas le monopole. Par Nicolas Ognov, Semia Consulting, et Jean-Jacques Ramon, Nalpak.
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[Tribune] Smart Cities : quelles réalités pour les territoires français ?
[Tribune] Smart Cities : quelles réalités pour les territoires français ?

Lorsque l’on fait référence au concept de cité intelligente ou smart city, il nous vient souvent à l’esprit l’image d’une cité urbaine plutôt dense, au paysage concentrant des immeubles de bureaux, des appartements modernes, le tout traversé par une ou plusieurs voies routières ; bref un environnement urbain hyper-connecté. Il suffit de saisir les mots "smart city" sur un moteur de recherche d’images pour confirmer cette idée reçue.

Et pourtant, derrière le concept de cité intelligente se cache un foisonnement d’innovations dont les métropoles n’ont pas le monopole. Avec les évolutions des réseaux de communication et des solutions communicantes, ces innovations sont aussi des opportunités pour adresser les enjeux des petites et moyennes collectivités.

Plus concrètement, il s’agit d’offrir à tous de meilleurs services, plus efficaces, plus rapides, plus respectueux de l’environnement, plus socialement responsables. Les exemples sont nombreux : expression collective de la démocratie, gestion des énergies, solidarité entre communautés d’activités qu’elles soient sportives, culturelles ou sociales : la liste ne se limite qu’à notre imagination créative.

Pour cela, les territoires peuvent collecter, gérer et maîtriser les données à la source de propositions de nouveaux services destinés aux citoyens. Savoir connecter les données et les analyser sont les clés de la réussite. Beaucoup de grandes métropoles ont déjà initié des projets en ce sens et à leur échelle mais il n’existe finalement pas de définition unique de la smart city. Chaque territoire peut la décliner selon ses enjeux et ses atouts avec peut-être un point commun : rendre l’usager acteur de l’amélioration de son environnement et du mieux vivre ensemble.

Une nouvelle réalité pour les communes de taille moyenne
Frappées depuis des années par un déclin démographique, un déficit de structures d’enseignements, une localisation plus urbaine des entreprises, les petites et moyennes communes étaient jusqu'à maintenant les grandes oubliées par ces propositions de nouveaux services dits "intelligents".

Quelques initiatives locales ont néanmoins été lancées et méritent d’être soulignées comme à Rillieux le Pape (30 000 habitants) où le réseau d’éclairage public intelligent vise une économie de 100 000 euros par an à la municipalité ; le réseau de vidéoprotection de Saint Amand Montrond mis en place en 2016 qui a permis de faire baisser les incivilités et les dégradations de plus de 80% en 7 ans ; ou encore l’application "Orne dans ma Poche" du CD 61, qui offre aux citoyens un tableau de bord de services locaux (comme les horaires de passage des saleuses en hiver).

Les crises sociales, économiques et sanitaires ont donné une nouvelle attractivité à ces petites et moyennes communes. La recherche d’authenticité n’est plus suffisante. Les priorités sociétales ont évolué. La recherche de bien-être pour sa famille, de sécurité, de solidarité, voire d’un nouveau fonctionnement de vie laisse entrevoir de nouvelles perspectives.

Ces territoires se doivent d’anticiper dès maintenant une offre de services différenciante et répondant à ces nouvelles priorités.

L’exemple de la Communauté de Communes "Pays Haut Val d’Alzette"
La Communauté de Communes Pays Haut Val d’Alzette (regroupement de 8 communes et 28.000 habitants) a été labellisée en 2009 "Ecocité". Elle s’attache à positionner son territoire comme un "laboratoire d’actions innovantes et exemplaires". En 2018, elle a signé un contrat de partenariat d’innovation pour la réalisation d’une plateforme digitale nommée "ECLOR".


ECLOR est une plateforme de gestion des données personnelles (anonymisées) et des données du territoire. L’objectif de cette plate-forme est d’apporter un socle de services innovants et opérationnels à la population, un outil d’aide à la gestion des services pour les collectivités et de support au développement d’activités pour les entreprises.

Cette plateforme se veut à la fois ouverte et évolutive pour héberger un ensemble de services innovants en rapport avec les enjeux du territoire. Les premiers usages envisagés : gestion intelligente des ordures ménagères (fiscalité incitative sur les ordures ménagères avec des bacs équipés de capteur et installation de points d’apport volontaires connectés), production d’énergie renouvelable sur le territoire (parcs éoliens et système de cogénération-méthanisation innovant sur la déchetterie communautaire), maintien à domicile et services aux personnes âgées (adaptation des logements et maison de santé pluriprofessionnel connectée), rénovation de l’habitat ancien (rénovation énergétique des bâtiments), développement économique (entreprise étendue pour éviter les déplacements transfrontaliers) et filières courtes (développement d’activités pour les productions locales), mobilité interne et transfrontalière (proposition de solutions alternatives de mobilité), gestion intelligente de l’éclairage public et des réseaux de l’eau.

L’intelligence collective des territoires
Toutes les communes, quelle que soit leur taille, peuvent prétendre à devenir une smart city. L’important est d’analyser chaque contexte local, ses opportunités et ses atouts pour orienter l’offre de services au profit des usagers, particuliers ou professionnels.

Les sujets à traiter sont nombreux : typologie de services, juridique, respect de la confidentialité RGPD, aspects techniques, budgets. Mais le plus important réside sur comment embarquer les futurs usagers de ces services : l’accompagnement à ces changements d’usages est un point clé dans la réussite de ces projets. Les territoires étant solidaires entre eux, le mieux est souvent de se rapprocher de ce qui y ont réfléchi et l’ont fait, à l’instar de la Communauté de Communes "Pays Haut Val d’Alzette".

Nicolas Ognov est fondateur de Semia Consulting et Jean-Jacques Ramon est fondateur de Nalpak.
Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Digitale.

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