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Trois projets médicaux innovants associent industriels, hôpitaux et start-up en Nouvelle-Aquitaine

L'événement Médipolis, organisé par la Nouvelle-Aquitaine, a été l'occasion d'exposer trois projets portés par des industriels, des établissements de santé et des start-up de la région. Leur ambition commune : la "Tech For Good" dans le secteur médical. Tour d'horizon.
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Trois projets médicaux innovants associent industriels, hôpitaux et start-up en Nouvelle-Aquitaine
Trois projets médicaux innovants associent industriels, hôpitaux et start-up en Nouvelle-Aquitaine © Pixabay/DarkoStojanovic

Comment innover en santé ? Voici la problématique soulevée par l'événement Médipolis organisé par la région Nouvelle-Aquitaine du 4 au 8 novembre 2019 à Bordeaux. La seconde journée, sur le thème des "regards croisés sur l'innovation", a été l'occasion de présenter trois projets illustrant la synergie entre les différents acteurs du territoire.

 

1- Le projet "Ange Gardien" pour les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques

"6 à 7 % de la population française est atteinte de maladies chroniques comme la maladie de crohn, le diabète, la polyarthrite rhumatoïde… ", expose le Professeur Jean-Luc Pellegrin, responsable du pôle médecine interne au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux. Le projet "Ange Gardien" est né de la volonté de repérer au plus vite les personnes susceptibles d'être atteintes par une telle pathologie. Et ainsi de créer un parcours de soin ultra-personnalisé.

 

Le CHU de Bordeaux s'est allié à Capgemini pour créer une plate-forme reliant patient, médecin traitant et spécialistes locaux. "Nous avons traduit en algorithmes ce que nous expliquaient les médecins. On désirait sortir le plus possible du médical pour tendre vers le compagnon de vie", raconte Ulysse Moutard, directeur chez Capgemini Invent. La collaboration repose sur l'utilisation d'un même outil développé sur l'application mobile PAACO-Globule (outil régional de coordination) et hébergé sur les plates-formes territoriales d’appui (PTA) mises en œuvre par l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine.

 

Lorsqu'un patient présente des symptômes relevant d'une des pathologies concernées, son médecin généraliste le signale à la plate-forme territoriale d'appui de Mont-de-Marsan. La PTA contacte le patient et, avec son accord, ouvre un dossier développé sur l’application PAACO-Globule. Le médecin généraliste, le patient et la plate-forme mettent en place le réseau de soins adapté.

 

 

Les premiers retours sont plutôt positifs. L'outil "Ange Gardien" aurait permis de diagnostiquer précocement 1000 personnes souffrant d'une maladie immunologique. La Dordogne et la Gironde devraient également s'y mettre.

 

2- La start-up Meditect travaille avec UPSA pour améliorer la traçabilité des médicaments

"Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un million de personnes décèdent chaque année à cause des faux médicaments", déclare Arnaud Pourredon, cofondateur et président de la start-up Meditect. C'est sur ce constat que cette jeune pousse a décidé d'agir en rendant traçable chaque boîte de médicament en Afrique de l'Ouest, où cette problématique est très importante. Ce sont particulièrement les faux anti-paludéens qui sont concernés, car administrés en sous-dosage ils peuvent provoquer des résistances aux germes.

 

Concrètement, il s'agit d'une application mobile permettant de scanner une boîte de médicaments et d'alerter l'usager s'il s'agit d'un faux. Le laboratoire UPSA a décidé de collaborer avec Meditect pour l'Efferalgan 500 (médicament antidouleur) car l'Afrique est son premier marché à l'export. "Sur chaque boite de médicament, un code Datamatrix est apposé dans lequel on encode un numéro de série unique et dédié à ce médicament. Les numéros de série sont transmis à Meditect de façon sécurisée et intégrés dans leur base de données", précise Benjamin Ledran, responsable du centre de distribution d'UPSA à Agen.

 

 

De janvier à juin 2020, un projet pilote va être mené en Côte d'Ivoire avec 2 millions de boîtes d'Efferalgan 500. Arnaud Pourredon veut aller encore plus loin et intégrer de nouveaux médicaments en nouant des partenariats avec d'autres Big pharma. "On est dans cette logique d'open innovation pour répondre ensemble à cette problématique majeure. Il n'y a aucune exclusivité avec UPSA", précise le jeune bordelais.

 

3- Le CHU de Limoges et l'entreprise I.Ceram conçoivent un sternum en céramique

"Quand on enlève un sternum pour une métastase, il faut trouver quelque chose pour le reconstruire", indique le Docteur François Bertin du CHU de Limoges. Or, pendant très longtemps, il n'existait aucun dispositif médical sur le marché capable de remplacer cet os plat situé dans le thorax et sur lequel viennent s'attacher les six premières côtes.

 

"C'est une aventure humaine car j'ai rencontré à tout hasard la responsable qualité d'I.Ceram qui m'a parlé d'un sternum en céramique", poursuit-il. I.Ceram est une entreprise limougeaude spécialisée dans les implants médicaux. En janvier 2018, une petite fille atteinte d'agénésie, c'est-à-dire née sans sternum, a été la première patiente à recevoir ce dispositif. L'opération a été un succès.

 

La céramique est un matériel très particulier car sa dureté empêche la création de trous. Or pour fixer le dispositif dans le corps du patient, le chirurgien est obligé de poser des fils. Pour répondre à cette problématique, I.Ceram a développé une technologie spécifique : l'usinage par ultrason, qui permet de trouer la structure sans la casser. Biocompatible, les cellules osseuses se développent autour du sternum, ce qui permet à la cage-thoracique de continuer à se développer lorsque le patient grandit.

 

 

Même si l'agénésie est très rare, cette solution intéresse beaucoup les médecins. I.Ceram a d'ailleurs obtenu le feu vert, début octobre 2019, pour implanter sa solution sur le territoire canadien. L'entreprise a reçu un "special access" de l'agence de publique santé canadienne. Ce programme permet à des médecins qui traitent des patients atteints de maladies graves ou mortelles d'accéder à des dispositifs non disponibles sur le marché lorsque les thérapies habituelles se sont révélées inefficaces.

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