Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Trois studios français à suivre sur la Paris Games Week

L'espace "Made in France" de la quatrième Paris Games Week rassemble des studios de jeu vidéo parisiens aux approches créatives et aux modèles économiques variés. Zoom sur trois d'entre eux.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Trois studios français à suivre sur la Paris Games Week
Trois studios français à suivre sur la Paris Games Week © Paris Games Week

Pour la première fois, la Paris Games Week accueille un stand dédié aux jeux Made in France. Quatorze studios membres du cluster francilien Capital Games y présentent leurs dernières créations. Le public peut échanger avec des développeurs, game designers et graphistes et tester les nouveautés. L'occasion de constater que la production de jeux vidéo Made in France est riche d'une grande diversité, de par les supports, les publics ciblés, les modèles économiques. Présentation de trois de ces studios.

Cyanide, entre Paris et Montréal

 

 

Rester en France ou céder aux sirènes du Canada, l'eldorado fiscal du jeu vidéo ? Cyanide a choisi… de ne pas choisir. L'un des studios les plus productifs de l'industrie française, fondé en 2000 par d'anciens salariés d'Ubisoft, est présent sur les deux continents, avec un site à Paris et l'autre à Montréal. Il s'adresse aussi à deux profils de joueurs très différents : le grand public, avec des licences ultra-populaires (Le Tour de France, Game of Thrones…), et les hardcore gamers plus exigeants (comme avec le jeu d'aventure tactique "Aarklash : Legacy"). Rien de contradictoire, pour Camille Lisoir, responsable marketing du studio. "Avec des jeux de niche que nous auto-éditons, on gagne en liberté de création. Mais on travaille aussi avec l'éditeur Focus home interactive sur de plus gros projets".

Cyanide a tenté récemment de financer un projet par le crowdfunding, sur la plateforme Kickstarter : le nouvel opus de sa franchise "Pro rugby manager". Sans succès… "On s'est lancés peut être un peu rapidement, sans préparation. On en a tiré les leçons : il ne sert à rien de démarrer une campagne de financement si l'on n'a rien  de concret à montrer aux joueurs".

Pastagames, une dose de fun

L'ambition de Pastagames ? "Concevoir des jeux à partager entre copains à l'heure de l'apéro" selon son fondateur Fabien Delpiano. Animé par la passion du jeu vidéo depuis son enfance, ce créatif a dû prendre son mal en patience. "On m'a expliqué que faire du jeu vidéo, ce n'était pas un vrai métier. J'ai donc fait des études d'ingénieur". Mais très vite, le virus le rattrape : l'homme quitte alors Orange Labs pour commencer à créer des petits jeux fun et décalés. "Diriger une boite, je ne savais pas faire. J'ai demandé des conseils à mon ami Joann Sfarr, qui m'a présenté à l'éditeur de BD Guy Delcourt. Il m'a expliqué les ficelles du business et est devenu actionnaire de Pastagames" raconte-t-il.

En 1999, Pastagames devient l'un des éditeurs officiels du portail mobile "iMode" de Bouygues Telecom. Puis les projets vont s'enchaîner, avec deux tiers de prestations pour d'autres studios comme Ubisoft et un tiers de créations plus personnelles. "On crée des jeux auxquels on a envie de jouer. Nous sommes attachés au modèle du jeu payant classique : pour nous, le freetoplay (jeux gratuits mais aux fonctionnalités payantes, NDLR), c'est un peu comme payer l'entrée dans un parc d'attraction et devoir repasser à la caisse à chaque stand". Pastagames compte aujourd'hui sept salariés et va prochainement sortir son nouveau jeu autoproduit, "Pix the cat".

Bukypix, tout pour le digital

Typerider, OVNI vidéoludique basé sur l'univers de la typographie co-produit par la chaine Arte, est l'un des succès surprise de cette fin d'année sur l'Apple store. On doit ce jeu de plateforme original au studio Bulkypix, basé à Versailles. Fondé en 2008 par des anciens de Vivendi Games mobile, il a accompagné la mutation des pratiques des joueurs. Six équipes de développement travaillent en continu sur une multitude de projets pensés pour les plateformes mobiles.

Après s'être consacré exclusivement à l'écosystème Apple, Bulkypix a élargi le spectre de ses créations avec des produits compatibles avec l'OS Android. Désormais, le studio, qui compte 80 salariés, veut adopter une approche "digitale globale" selon son co-fondateur Vincent Dondaine. "On entame un cycle passionnant, avec la sortie de consoles tournant sous Android, le succès de Steam, l'arrivée des PS4 et Xbox One qui laisseront une place aux productions indépendantes…" commente-t-il. Bulkypix compte investir tous ces terrains de jeu avec de belles ambitions.

Sylvain Arnulf

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media