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[TV] Molotov enrichit son cocktail et lève 25 millions d'euros

Molotov, la start-up audiovisuelle créée par le trio d'entrepreneurs le plus médiatique de France, a fait le point sur sa situation mercredi 7 décembre 2016. Pierre Lescure, Jean-Marc Denoual et Jean-David Blanc en ont profité pour annoncer une nouvelle fonctionnalité qui "devrait révolutionner les usages", ainsi qu'un partenariat avec Samsung. Discrètement, l'entreprise a également procédé à une levée de fonds de 25 millions d'euros à la fin de l'été...

mis à jour le 09 décembre 2016 à 09H09
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[TV] Molotov enrichit son cocktail et lève 25 millions d'euros
Les fondateurs de Molotov (Pierre Lescure, Jean-Marc Denoual et Jean-David Blanc ) s'habillent en noir et blanc mais leur service est bien en couleurs. © Jean Picon / SAYWHO

Ils n’étaient pas peu fiers Pierre Lescure, Jean-Marc Denoual et Jean-David Blanc, ce mercredi : les trois fondateurs de Molotov ont annoncé en première mondiale (sic) la possibilité de "bookmarker" des programmes sur la plateforme qui regroupe une bonne partie de l’offre télévisuelle française. Bienvenue à l’ère de la délinéarisation des programmes, comme on dit dans le monde des médias.


Longtemps, les grilles de programmes ont été réalisées par des experts et il fallait regarder l’émission ou le film à l’heure prévue. Puis avec les magnétoscopes, il est devenu possible de programmer un enregistrement. Aujourd’hui, les grandes plateformes audiovisuelles proposent de la télévision dite de ratrappage. Vous avez raté un programme ? Qu’importe, vous pourrez le revoir pendant une durée plus ou moins limitée.

 

Ce que propose Molotov désormais, c’est la possibilité de repérer un programme à venir, de le marquer et il sera automatiquement enregistré dans un espace personnel placé dans le cloud. L’avantage, à en croire Pierre Lescure est "que désormais, on peut repérer et bookmarker un programme dans le taxi, on commencera à le regarder ensuite sur le téléviseur du salon. Et on pourra finir de le regarder sur une tablette dans sa chambre". En outre, il est possible de s’abonner à tous les épisodes d’un programme, qu'il s'agisse d'une série en plusieurs épisodes ou de tous les journaux télévisés de 13 heures.

 

L’offre s’adresse à tous les abonnées de Molotov qu’ils soient payants ou gratuits. C’est le volume de programmes stockables qui variera : 10 heures pour ceux qui ne paient pas, 100 pour les autres.

 

Pour le lancement, il n’est possible de procéder qu’à un seul enregistrement pour une date et une heure donnée, mais prochainement les utilisateurs pourront enregistrer plusieurs flux simultanément. Un programme peut être bookmarké 14 jours avant sa première diffusion.

 

Les récalcitrants ne le seront pas longtemps

80 % des contenus audiovisuels français seront disponibles de cette façon, a assuré le trio fondateur. Toutefois, certains groupes audiovisuels n’ont pas encore dit oui au bookmark, parmi lesquels le groupe Canal Plus, NRJ, Next Radio ou Arte... A l’inverse, TF1 et France Télévisions ont signé un accord de partenariat. Pierre Lescure et ses deux associés n’ont pas l’air trop inquiets. Ils parient sur le fait que les non signataires les rejoindront bientôt.

 

Ce nouveau service a été ouvert conformément aux dispositions législatives françaises (chez Molotov, on n’est pas peu fier de rappeler qu’il y a eu un débat à l’assemblée à ce sujet) ou européennes. Sur ce point, le geoblocking s’appliquera : si vous franchissez les frontières françaises, vos programmes préférés ne sont pas disponibles en ligne. Mais, comme l’a rappelé Jean-David Blanc, "ce dossier va être traité prochainement par la commision européenne qui voudrait faire en sorte qu’un spectateur voit son abonnement le suivre quand il se déplace".

 

En annonçant ce nouveau service "unique au monde", les trois fondateurs ont confirmé le modèle de Molotov, qui offre de nouveaux services de télévision. "Notre modèle économique est de vendre du contenu et des services"; a ainsi indiqué Jean-David Blanc. Les trois hommes sont en revanche beaucoup moins loquaces quand il s’agit de communiquer des chiffres précis, rappelant que Molotov est une start-up qui n’a que six mois. Il n’est pas question de donner à la concurrence des données qui pourraient l’aider à venir sur leur terrain.

 

Un partenariat avec Samsung et avec les chaines cinéma de canal Plus

Tout au plus saura-t-on que Molotov est plébiscitée par ses utilisateurs (dont on ignore le nombre) qu’ils utilisent l’AppStore ou Google Play, où l’appli obtient de très bonnes notes.  Autre information distillée : les abonnés regardent en moyenne Molotov 25 minutes par jour quand ils utilisent leur smartphone, 1h05 sur leurs tablettes et 2h30 quand ils l’utilisent sur le téléviseur.

 

Après LG, l’entreprise a aussi indiqué avoir signé un partenariat avec les téléviseurs connectés Samsung où elle sera désormais présente. Le but est de multiplier le nombre de plateformes proposant les services de Molotov. Un moyen aussi d'illustrer plus aisément, notamment en magasin, les bénéfices de la télévision connectée. "C’est visuel, et cela répond à un besoin des utilisateurs", indiquait cet été Stéphane Curtelin, directeur marketing de LG Electronics France à nos confrères de LSA.

 

Parallèlement, si Molotov entend rester un distributeur de programmes de télévision, qui veut "réenchanter la télévision", l’équipe travaille à proposer des programmes de sports ou de cinéma. Ainsi, les six chaines de cinéma de Canal Plus sont désormais disponibles pour 9,99 euros par mois.

 

Des industriels au capital
Enfin, la jeune pousse a indiqué avoir finalisé une deuxième levée de fonds, bouclée à la fin de l’été, de 25 millions d’euros. A cette occasion, Sky et TDF ont rejoint le tour de table de façon minoritaire. Pour Pierre Lescure, ces prises de participation ouvrent à de futurs partenariats technologiques.

 

Après la levée de fonds initiale de 10 millions, ce sont donc au total 35 millions qui ont été rassemblés, sachant que l’objectif reste d’obtenir 100 millions pour développer de nouveaux services en France mais aussi de dupliquer le modèle dans d’autres pays.

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