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Twitter compte bannir les vidéos falsifiées susceptibles de "causer du tort"

A l'approche des élections présidentielles américaines, Twitter s'engage dans la lutte contre les vidéos trompeuses en annonçant qu'elles seront retirées ou étiquetées dès mars 2020. Mais pour le réseau social, seuls les contenus qui sont susceptibles de "cause du tort" seront touchés par ces mesures. Ce qui rend le cas des vidéos satiriques ou parodiques délicat à trancher.
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Twitter compte bannir les vidéos falsifiées susceptibles de causer du tort
Twitter compte bannir les vidéos falsifiées susceptibles de "causer du tort" © Unsplash/Freestocks.org

Après que Facebook ait durcit ses règles concernant les vidéos falsifiées début janvier 2020, c'est au tour de Twitter de s'attaquer à ces trucages. Dans un billet de blog publié le 4 janvier 2020, le réseau social annonce que les contenus seront retirés ou étiquetés dès mars prochain, lorsqu'ils seront jugés susceptibles de "causer du tort". Cela inclut les fameux "deepfakes", mais aussi toute vidéo éditée ou sortie de son contexte de manière à tromper son audience.

 

Twitter compte sur sa communauté

Pour repérer ces contenus, Twitter compte sur sa communauté, qui devra signaler tout média qui lui semble suspicieux, même si "nous voulons réduire le fardeau des utilisateurs", a précisé Yoel Roth, responsable de l'intégrité de la plate-forme. Une fois un contenu signalé, Twitter prendra en considération plusieurs facteurs. La première étape consistera à savoir si la vidéo a été modifiée, puis si elle est susceptible d'avoir une incidence sur "la sécurité publique" ou de causer "un préjudice grave". Si tel est le cas, le réseau social pourra supprimer ou étiqueter le tweet pour mentionner qu'il renferme du "contenu modifié ou fabriqué". Il pourra également réduire la visibilité du tweet, l'empêcher d'être recommandé ou fournir des explications supplémentaires via une page de renvoi.

 

En lisant entre les lignes, cela signifie que Twitter ne retirera pas les vidéos satiriques à condition qu'elles ne causent pas de tort. Une situation qui pourrait s'avérer délicate. Yoel Roth admet que ces contenus pourraient leur donner du fil à retordre, puis ajoute que "si nous nous trompons, il y aura une procédure d'appel". Facebook a également dû trancher cette question lorsqu'il a instauré des règles sur la gestion des deepfakes. "Cette politique ne s'applique pas au contenu satirique ou parodique", précisait alors Monika Bickert, vice-présidente en charge de la politique globale de gestion chez Facebook.

 

La lutte contre les deepfakes s'intensifie

A l'approche des élections présidentielles américaines, la lutte contre les vidéos trompeuses s'intensifie. L'occasion parfaite pour les géants technologiques de montrer toute leur bonne volonté et de faire oublier les erreurs du passé. Début septembre 2019, Facebook, Microsoft et plusieurs universités prestigieuses se sont rassemblés pour mettre à disposition de chercheurs un set de données pour qu'ils créent des outils de détection. Amazon a rejoint cette initiative un mois plus tard.

 

Les deepfakes ne sont cependant pas forcément le principal danger. Aux Etats-Unis, des vidéos manipulées de façon rudimentaire pour salir les politiciens se sont multipliées sur les réseaux sociaux en 2019. Il suffit souvent de sortir une réponse de son contexte (en coupant la question et en isolant un passage spécifique) pour donner aux gens la mauvaise idée. Autre exemple, celui d'une vidéo à laquelle avait été appliqué un léger ralenti pour donner l'impression que Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, était ivre.

 

Reste à voir si ces initiatives porteront réellement leurs fruits, Twitter n'étant par exemple pas réputé pour sa réactivité ou sa sévérité en matière de modération de contenu. Mais, au moins, les géants technologiques espèrent de pas être accusés d'attentisme.

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