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Uber dresse le portrait-robot de ses chauffeurs : Un homme, ayant un job à côté, qui gagne 19 dollars de l'heure...

Le service de VTC américain Uber, critiqué pour le traitement de ses chauffeurs, présente une étude qualitative de ces derniers. Elle ne devrait pas suffire à effacer le manque de transparence du service.
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Uber dresse le portrait-robot de ses chauffeurs : Un homme, ayant un job à côté, qui gagne 19 dollars de l'heure...
Uber dresse le portrait-robot de ses chauffeurs : Un homme, ayant un job à côté, qui gagne 19 dollars de l'heure... © Uber

Le service américain Uber est de plus en plus l’objet de critiques qui nuisent à son image. Tout a commencé avec son modèle bien sûr, qui remet en cause celui des traditionnels taxis. Mais cela lui vaut plutôt le soutien de la clientèle. En revanche, là où le bât blesse, c’est dans l’absence de transparence sur son modèle vis-à-vis de ses chauffeurs et passagers. Sa mauvaise réputation s’est aggravée avec les errances de certains de ses dirigeants. Pas étonnant donc, qu’Uber tente de redorer son blason.

Le Wall Street Journal critique une étude promotionnelle peu concluante

Pour Digits, le blog numérique du Wall Street Journal, difficile de tirer la moindre conclusion sur la valeur du travail d’un chauffeur Uber à partir des données de cette étude. D’abord, parce que la rapide croissance du nombre de membres conducteurs et la défection de certains ne permet pas de dresser un profil stable de ce qu’est un chauffeur Uber. Selon l’article, 40000 nouveaux chauffeurs ont adhéré au service seulement aux USA, rien qu’en décembre (une croissance provenant principalement de UberX, la plate-forme destinée aux non-professionnels). Par ailleurs, du propre aveu du Californien, près de la moitié des chauffeurs deviennent inactifs au bout d’un an, toujours aux USA. Quant aux revenus des membres, le blog précise que le Californien est plutôt approximatif lorsqu’il calcule un gain horaire bien plus élevé que celui des taxis (19,04 dollars contre 12,90 dollars). Pour commencer, si Uber retire bien sa commission du total, il oublie d’en faire autant avec les frais d’entretien et d’essence à la charge du seul chauffeur. De plus, sa pratique qui consiste à baisser les tarifs pour attirer de nouveaux clients entraine des baisses de revenus qui vont jusqu’à 25% pour les chauffeurs mais ne réduit ses propres marges que de 18%.

 

Le Californien vient ainsi de publier une enquête réalisée par le cabinet Benenson Strategy Group auprès de ses chauffeurs américains. L’étude s’apparente davantage à une forme d’autopromotion du service qu’à un effort de transparence sur les conditions de travail et de rémunération pratiquées, ou sur l’utilisation des données qu’elle récolte. De plus, elle ne concerne que 20 villes américaines, alos que le service est présent dans 250 villes dans le monde (Travis Kalanick, DG et cofondateur a d’ailleurs promis la création de 50 000 emplois en Europe). Reste que l’étude dessine un portrait assez détaillé de la population qui travaille pour Uber.

19 dollars bruts par heure

Une population qu’Uber prend d’ailleurs soin de qualifier non pas de membres, mais de "chauffeurs partenaires". Le cabinet en charge de l’enquête a mené 601 entretiens rémunérés et anonymes, en ligne auprès des chauffeurs. Le revenu retiré par les membres du réseau – une des informations les plus attendues — s’élèverait ainsi à 19 dollars horaires bruts (16,70 euros). Aucune mention n’est faite de la politique d’Uber quant à la prise en compte des charges (carburant, protection sociale, etc.).

59% des personnes interrogées avaient au moins un emploi à temps plein avant de s’inscrire chez Uber. 36% ne cherchaient même pas un nouveau travail et 6% seulement étaient au chômage. 78% sont satisfaits de leur expérience avec la plate-forme et 71% disent avoir un meilleur revenu. Parmi les raisons invoquées par ces chauffeurs pour travailler pour le Californien, 73% disent préférer avoir la maîtrise de leur planning, 63% apprécient un meilleur équilibre vie entre professionnelle et vie privée, et 76% disent que mieux gagner est la raison majeure qui les a conduits vers Uber.

30% de cols blancs et 48% de diplômés de l’enseignement supérieur

L’étude segmente par ailleurs la population de chauffeurs en quatre catégories : les professionnels, les "crossovers" venus d’un autre service de type taxi, les "nouveaux réguliers" qui n’étaient pas pros mais le deviennent et les "temps partiels". Avec moins de 30 heures d’Uber par semaine et une absence d’expérience avant l’inscription au service, ces derniers représentent 52% des chauffeurs. Ce sont aussi les plus satisfaits (82%). Sans surprise, Uber n’est que rarement l’activité principale de ses chauffeurs. Enfin, si 19% travaillent dans le domaine des transports et 10% dans le tertiaire (business), ils sont 8% à venir de l’industrie manufacturière. 14% seulement sont des "cols bleus" contre 30% de "cols blancs" (48% ont un diplôme universitaire). À noter que 86% des chauffeurs Uber sont… des hommes.

Emmanuelle Delsol

 
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