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Uber indemnisera pendant 14 jours ses chauffeurs et livreurs placés en quarantaine à cause du coronavirus

Vu ailleurs Uber va indemniser tous ses chauffeurs et livreurs à qui les autorités de santé publique auront demandé de respecter une période de quarantaine. Le montant de cette compensation sera calculé en fonction de leur activité durant les deux semaines précédant leur arrêt. Un changement de politique pour le moins notable pour le géant du VTC, qui s’est vu infliger un revers en France la semaine dernière, lorsque la Cour de cassation a confirmé sa décision de la requalifier le statut de l’ensemble de ses collaborateurs en tant que salariés.
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Uber indemnisera pendant 14 jours ses chauffeurs et livreurs placés en quarantaine à cause du coronavirus
Uber indemnisera pendant 14 jours ses chauffeurs et livreurs placés en quarantaine à cause du coronavirus © Uber Eats

Uber a annoncé samedi 7 mars 2020 avoir décidé d’indemniser tout chauffeur ou livreur qui serait atteint du coronavirus SARS-CoV-2 et placé en quarantaine. Un changement de politique notable alors que la Cour de cassation a confirmé la semaine dernière sa jurisprudence selon laquelle ces derniers sont bien des employés. Le géant du VTC les avait jusque-là toujours qualifiés de travailleurs indépendants… et leur a donc toujours refusé les avantages liés au salariat, comme les congés maladie.

 

DES CONDITIONS MARCHé PAR MARCHé

La mesure a, d'abord, été décrétée pour les Etats-Unis. "Nous soutenons les chauffeurs et livreurs diagnostiqués positifs au Covid-19, tout comme ceux placés en quarantaine sur ordre des autorités de santé publique, a déclaré par voie de communiqué Andrew Macdonald, vice-président en charge des courses et de la plate-forme. C’est la raison pour laquelle nous avons commencé à indemniser, pour des périodes de 14 jours, des travailleurs sur certains de nos marchés. Nous pensons que c’est la meilleure chose à faire." Alors que la barre symbolique des 100 000 contaminations a été franchie à l’échelle mondiale, le géant du VTC devrait dupliquer cette disposition dans d’autres zones géographiques – parfois plus touchées.

 

Cela sera le cas en France. Contacté par Le Figaro, le groupe dit vouloir y appliquer la même politique. Les travailleurs malades ou suspectés de l’être recevront "une indemnisation pendant une période pouvant aller jusqu'à 14 jours". Des "mécanismes" doivent être déterminés marché par marché dans le but de calculer le montant de cette dernière. Dans l'Hexagone, l'indemnisation se fera "en fonction des revenus générés par le travailleur sur la plate-forme Uber lors des deux semaines précédentes". Il ne s’agira donc pas d’un montant fixe, puisque celui ayant gagné davantage les jours précédents son arrêt percevra une somme proportionnelle à son activité. Ceci dit, pour l’heure le géant du VTC affirme n’avoir reçu "aucun signalement de chauffeur ou livreur" dans le pays.

 

DES TRAVAILLEURS PARTICULIèREMENT EXPOSéS

A l’origine de cette décision, une lettre signée du sénateur démocrate Mark Warner et adressée aux sociétés de services comme Uber, Lyft – qui a également confirmé dans la journée de samedi avoir pris des mesures similaires –, Postmates et Grubhub, leur demandant de mettre en place des mesures pour soutenir les travailleurs pendant la crise sanitaire. L’homme politique proposait la création d’un "fonds de santé", à partir duquel les indépendants pourraient s’assurer des revenus en cas de quarantaine. Le système de compensation finalement retenu par Uber figurait, lui aussi, dans sa liste de suggestions dans le but de "verser aux travailleurs leur salaire moyen régulier, qu'ils soient en mesure ou non de faire face à leurs heures de travail moyennes pendant cette période".

 

Au premier rang dans le cadre de l’épidémie, ces travailleurs indépendants, dont les véhicules voient chaque jour passer des dizaines de clients, sont particulièrement exposés. Pour les protéger, certaines entreprises mettent de gros moyens. Le concurrent chinois d’Uber, Didi Chuxing, a notamment décidé d’installer des bâches plastiques entre l’avant et l’arrière des véhicules de ses chauffeurs afin de les préserver d’une contamination. Masques, désinfections, thermomètres… La société assure, pour sa part, avoir investi plus de 14 millions de dollars rien qu’en prévention depuis le début de la crise.

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